[Critique] KICKBOXER : VENGEANCE

Par Onrembobine @OnRembobinefr

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Titre original : Kickboxer : Vengeance

Note:
Origine : États-Unis
Réalisateur : John Stockwell
Distribution : Jean-Claude Van Damme, Alain Moussi, Dave Bautista, Darren Shahlavi, Gina Carano, Michel Qissi…
Genre : Action
Date de sortie : 13 février 2017 (DVD)

Le Pitch :
Kurt Sloan n’a plus qu’une idée en tête depuis que son frère Eric s’est fait tuer lors d’un combat clandestin de boxe thaïlandaise : le venger. Il se rend alors en Thaïlande pour défier le responsable du drame, le grand Tong Po. Malheureusement, Kurt n’a pas le niveau et ne tarde pas à s’apercevoir de l’imprudence de sa démarche. Il se rapproche alors d’un expert des arts-martiaux retiré de la civilisation, pour lui demander de l’entraîner…

La Critique de Kickboxer : Vengeance :

Kickboxer, premier du nom, a largement contribué à faire de Jean-Claude Van Damme l’une des stars incontestées de la baston au cinéma. Un film certes imparfait mais terriblement jubilatoire et attachant, qui est aujourd’hui l’objet d’un remake aussi curieux que dispensable…

Inversion des rôles

Van Damme ayant pris quelques décennies dans les dents depuis la dernière fois, impossible pour lui de jouer les jeunes premiers dans cette relecture de Kickboxer. Mais comme il fallait bien faire le lien et que l’acteur saute à priori sur la moindre occasion pour faire le zouave devant la caméra, c’est le vieil entraîneur qui sait tout et qui maîtrise à fond son sujet que le Belge campe cette fois-ci. Un mentor néanmoins plus jeune que dans la version originale, JCVD n’étant pas grabataire non plus. Plus jeune et aussi plus « atypique ». Chapeau vissé sur la tête, chemise ouverte, Jean-Claude est en totale roue libre dans ce remake foutraque. Il donne le ton, semblant lui-même se rendre compte que rien ici de viendra faire de l’ombre à l’œuvre originale et qu’il est en cela permis de s’amuser. De quoi contenter ses fans, d’autant plus que pour le coup, c’est bien lui qui constitue la seule véritable bonne raison de regarder le film.

La vengeance dans les poings

On retrouve aux commandes de Kickboxer : Vengeance, un certain John Stockwell. Un réalisateur qui est tout sauf un débutant, responsable notamment du thriller aquatique et sexy, Bleu d’Enfer, dans lequel Jessica Alba et Paul Walker passaient leur temps à plonger dans une eau plus turquoise tu meurs, à moitié à poil, pour le plus grand bonheur de leurs fans. Stockwell qui est sorti de l’eau pour mettre en scène un truc d’arts-martiaux vaguement percutant et franchement anecdotique. La scène, scandaleusement boiteuse, qui voit Alain Moussi se bastonner avec un méchant sur le dos de deux éléphants en carton (ce n’est pas une expression, ils sont vraiment en carton) prouvant bien que le réalisateur n’en plus rien à foutre et a piloté le long-métrage sans passion et sans exigence. Dommage mais compréhensible. Les producteurs, motivés par l’appât du gain, ont ainsi fait le maximum pour nous endormir avec des plans en forme de cartes postales afin de tabler sur un exotisme de pacotille, tout en convoquant des acteurs plus ou moins connus, là aussi histoire de noyer le poisson. Des acteurs comme Dave Bautista, actuellement en pleine bourre, notamment grâce aux Gardiens de la Galaxie, qui remplace Michel Qissi dans la peau du méchant Tong Po. Plus baraqué que le modèle original, plus mystérieux, son Tong Po est à l’image de ce remake : outrancier et vain. Oui il en jette, mais au fond, on voit vite que ses capacités martiales ne sont pas non plus folles et que le mec a juste été embauché grâce à ses mensurations de catcheur (et pour cause). Mais il y a plus regrettable. Car on retrouve aussi au casting une certaine Gina Carano. Devenue actrice experte en bourre-pifs après avoir fait carrière en tant que combattante en MMA, elle ne fait rien de particulier ici. Elle est là c’est tout. Elle montre son visage, essaye de paraître mystérieuse et menaçante, mais ne fait rien. Elle ne sert à rien. Ça aussi c’est regrettable.
Reste donc Alain Moussi, le héros. Un type bien bâti, qui sait manifestement se battre. Un comédien auparavant connu pour avoir fait le cascadeur sur des productions prestigieuses (comme X-Men : Days Of Future Past), malheureusement plus doué pour lever la jambe que pour communiquer des émotions. On pourra toujours argumenter en disant que Van Damme n’est pas non plus l’acteur du millénaire, mais lui au moins savait retranscrire une certaine fragilité. Son Kurt Sloan brillait par ses capacités au combat mais aussi par sa naïveté assez touchante. Moussi lui, est loin de convaincre. Son charisme est aussi tragiquement insuffisant. Un peu comme si on se retrouvait avec un mannequin Calvin Klein destiné à s’agiter en essayant de nous faire croire qu’il en chie des ronds de chapeau. Il présente bien mais c’est tout.

K.O pour le compte

Cinématographiquement parlant, Kickboxer : Vengeance ne vaut pas grand-chose. C’est assez mal filmé, plutôt monté à l’arrache et quelques effets sont vraiment ratés. En plus, ça joue mal la plupart du temps. Cela dit, vu que c’est de cela dont il est question avant tout, deux ou trois combats valent le détour si tant est que c’est ça qu’on est venu chercher. Rien qui n’ait pas été vu ailleurs en mieux mais on fait avec et on se raccroche à ça pour tenir jusqu’à la fin. Remake piteux d’un classique qui vaut surtout pour sa propension à incarner, avec tout ce que cela sous-entend, l’état d’esprit de toute une époque, ce Vengeance n’arrive jamais à la cheville de son modèle. Même Van Damme n’y peut rien. On a même parfois l’impression que ce dernier cherche à saboter le truc de l’intérieur, c’est dire. Et quand on sait qu’une suite a été envisagée, il y a de quoi craindre le pire…

En Bref…
On ne va se mentir : Kickboxer : Vengeance n’a rien d’un bon film. Techniquement plombé par une somme d’approximations folles, et par un scénario feignant et peu inspiré, ce film ô combien anecdotique ne vaut que pour quelques bastons et pour l’implication d’un Van Damme taquin, qui se fait le garant d’un humour certes un peu salvateur, mais qui achève néanmoins de transformer le truc en vaste blague.

@ Gilles Rolland