Sweet Vicious (Saison 1, 10 épisodes) : super-héroïnes vs. super-violeurs

Publié le 26 mars 2017 par Delromainzika @cabreakingnews


Sweet Vicious est tout de même une sacrée série pour MTV. C’est ambitieux et surtout, la série a vraiment des choses à raconter. Au travers de ces dix épisodes, Sweet Vicious parle de quelque chose de difficile : le viol. Ce n’est pas ce qu’il y a de plus simple mais MTV démontre une fois de plus après des séries comme Faking It ou encore Underemployed que c’est la maison de séries qui ont des choses intelligentes et différentes à dire. Parler d’agressions sexuelles et de viols dans une série pour adolescents est tout de même ce qu’il y a de plus difficile. Mais l’angle choisit permet de dramatiser le tout sans nous donner l’impression que c’est toujours surfait. Au contraire, Sweet Vicious parle intelligemment et au fil des épisodes le récit se délie petit à petit. Aucune série américaine ne parle des viols et agressions sexuelles sur les campus. Après le documentaire The Hunting Ground  et la chanson de Lady Gaga « Til it Happens to You », le viol sur les campus américain est de nouveau un sujet dont il faut parler, plus sérieusement. Mais Sweet Vicious ne veut pas non plus nous assommer alors elle décide de créer un environnement à la fois sombre et coloré, qui donne l’impression de sortir tout droit d’un jeu vidéo, comme Sucker Punch ou bien un comics de Suicide Squad. Si Sweet Vicious ne repose pas que sur le visuel, la série cherche avant tout à proposer une vraie réflexion.

Notamment sur comment ces filles tentent de s’en sortir dans la vie de tous les jours après le traumatisme qui a été vécu. Comme c’est sur MTV, le sujet est traité avec toute l’esbroufe fun qui va avec, mais les dialogues sont suffisamment malins pour ne pas tomber dans tous les pièges de ce genre de séries et puis c’est surtout rythmé. J’ai enchaîné les épisodes sans problème et l’on retrouve alors aussi tout ce qui fait le charme d’une série MTV : notamment sa bande originale. Après tout, auparavant MTV était une chaîne musicale qui s’est peu à peu muée. Si tous ces poncifs auraient pu perdre Sweet Vicious c’est tout l’inverse qui se passe. En effet, rien n’est superficiel ici, bien au contraire. Au début, on apprend à connaître les deux héroïnes de Sweet Vicious alors qu’elles apprennent elles aussi à se connaître. Si elles n’ont en apparence aucun lien commun, c’est une histoire commune qui va les rassembler. Jules est une sorority girl, propre et adorable. Mais elle est un peu effacée. Tandis que Ophelia est une geek, anticonformiste, qui enchaîne les erreurs de parcours. Les deux femmes partagent cependant quelque chose. Ophelia va découvrir le secret de Jules et c’est ce qui va les rapprocher toutes les deux. Jules est une justicière masquée qui s’en prend aux violeurs du campus tout en poursuivant leur scolarité comme si de rien n’était.

Et le secret de ces deux jeunes femmes va être un peu plus grand car quand Ophelia découvre le secret de Jules, elle tentant de la défendre, elle va tuer l’une des victimes de Jules. S’en suit alors une aventure sombre et fun, qui parvient à nous faire passer de très bons moments auxquels je ne m’attendais pas vraiment. Sweet Vicious n’a jamais cherché à réinventer quoi que ce soit et reprend un peu la sauce que l’on a déjà vu ailleurs, mais le contexte est différent et c’est avant tout ce qu’il faut retenir dans cette série. Le revenge drama est un classique de la télévision américaine, un truc qui permet de tomber à la fois dans le thriller, dans le soap, dans tout un tas de choses différentes qui peuvent par moment fonctionner comme Sweet Vicious. Pour que l’on s’engage encore plus dans Sweet Vicious, la série reprend finalement l’un des codes populaire de la série de super-héros : celui de la double vie de ses héros. Après tout, Superman est Clark Kent, Arrow est Oliver Queen, Flash est Barry Allen et j’en passe. Tous ces personnages ont beau être des super-héros, ils sont aussi des gens lambdas le reste du temps qui cache ce qu’ils font réellement la nuit dans la pénombre. Sweet Vicious reste excitante du début à la fin proposant enfin une réflexion sur un sujet qui le méritait vraiment. Elle aurait pu tomber dans tout un tas de pièges et finalement c’est l’anti-Trump qu’il nous fallait, une pilule du bonheur en même temps qu’une série ravageuse sur un terrible sujet.

Note : 7/10. En bref, une solide série parlant d’un sujet difficile avec beaucoup d’harmonie.