Même si, aujourd'hui, les obstacles de classes sociales sont moins violents (encore que, selon les classes dont on parle...), les conflits d'Elisabeth parleront à plus d'un d'entre nous. Quelles sont les raisons qui poussent le beau Darcy à l'aider ? L'amour ? Un intérêt commun ? Une dette d'honneur ? Autant de mystères qui vous seront révélés quand Darcy exposera ses vraies raisons. Car Darcy le mystérieux, à force de garder le silence et de jouer les beaux ténébreux, perd Elisabeth. Et si l'héroïne prend des risques et n'hésite pas à dire ce quelle ressent et pense, Darcy est à l'inverse. Il encaisse et ne dévoile rien. En bref, si Elisabeth laisse parler ses préjugés, Darcy reste dans sa tour d'Ivoire, bloqué par un certain orgueil... Préjugés, orgueil... Vous voyez où je voulais en venir. Ce qui est sûr, c'est que les centaines de pages de Jane Austen ont sûrement été réduites pour tenir sur ces plus de trois cent pages de BD mais il nous en reste assez pour suivre une histoire, voir son déroulement et parfois, être même surpris par certains événements. Les fans de Jane Austen redécouvriront avec plaisir cette adaptation et jugeront de la fidélité au roman initial et ceux qui ne connaissent pas peuvent découvrir, au travers de cette BD, un classique de la littérature anglaise, et peut-être aller ensuite se confronter au roman...
Les cinq filles de Madame Bennett. A vous de trouver Elisabeth ! Les dessins de Po Tse et de ses assistants restent tout à fait dans les codes manga. Les personnages stylisés aux grands yeux plein d'émotions et pour les besoins d'humour (les tensions sont parfois si fortes qu'il faut détendre l'atmosphère), les personnages réduits et caricaturaux fonctionnent parfaitement. Si, de prime abord, on peut être surpris de retrouver ce mode de fonctionnement pour illustrer un roman classique de 1813, on se prend vite au jeu et ce ne me fut pas difficile d'accepter la mise en place de ses petits codes. D'autant que cela permet de rendre des personnages un peu monomaniaques, avec leur idée fixe, comme Madame Bennett, plus attachante. J'ai apprécié aussi la composition et les cadrages qui s'inscrivent dans la logique Japonaise, tout en gardant un côté européen et, contre toute attente, ce mélange passe très bien à la lecture, tout absorbé que vous serez par les états d'âme et les tiraillements intérieurs d'Elisabeth. Alors finalement, pour ma part, j'ai passé un bon moment avec la famille Bennett, même si je ne suis pas la bonne cible pour une oeuvre tirant sur le Shojo et la comédie romantique dix-huitième, mais si vous appréciez ces ambiances, ces belles robes qui volent au rythme des violons dans des scènes de bal, ces drames nocturnes à l'ombre des belvédères des immenses jardins Anglais, alors, vraiment, ne vous privez pas ! Zéda chez les Bennett !
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