​Les pauses au travail rendent plus productif

Publié le 11 juillet 2017 par Vincentpaes
les employés de prendre des pauses. Une étude de Manel Baucells de Darden School of Business (l’Université de Virginie) montre que les managers devraient laisser leurs employés prendre plus de repos. La recherche de Manel Baucells  « It is time to get some rest », écrite conjointement avec Lin Zhao de la Chinese Academy of Sciences de Beijing, offre un aperçu important du marché du travail actuel et étudie les moyens d’éviter la fatigue tout en augmentant la productivité.
En utilisant les données de performances d’athlètes et de nageurs dans des courses contre la montre, dans lesquelles les meilleurs nageurs ne nagent pas continuellement à 100% dans la course, Manel Baucells établit un parallèle avec le monde du travail ou l’employeur insiste pour que ses employés maintiennent une cadence élevée en tout temps. Pour mesurer la performance journalière, les chercheurs ont développé un modèle d’incommodité, composé de deux types d’efforts déterminés par la nature de la tâche.
 
Dans les travaux qui peuvent être modulés, adopter un modèle d’effort analogue dit fort-faible-fort, est la meilleure méthode de réduire la fatigue. « L’idée est de commencer et de terminer la journée avec une intensité maximale, mais de réduire l’effort entre les deux », souligne Manel Baucells, « Pour les longues journées de travail, il vaut mieux un effort de marathon : La durée de l’intensité maximale sera courte, l’idée est de garder un rythme modéré tout au long de la journée. »
 
Ce modèle dit analogue contraste avec le cercle vicieux dans lequel certains travailleurs se trouvent pris. Ceux qui commencent lentement (peut-être par manque de sommeil ou manque de pauses) et procèdent dans un modèle faible-moyens-fort seront obligés de fournir un effort tellement élevé pour compenser un départ plus lent qu’ils seront trop fatigués pour commencer le prochain projet a une telle vitesse, ce qui permet au cercle vicieux de perdurer.
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Dans certains métiers, l’effort ne peut être modulé. Les travailleurs qui opèrent une machine, ou s’occupent de clients dans un restaurant ou un magasin de détail, ou pratiquent des tâchent mentales qui demandent une concentration constante, telle que la notation d’examen, doivent soit travailler à 100% ou prendre une pause, mais ils ne peuvent pas travailler à 25%. Dans ce tout ou rien « binaire », les chercheurs nous montrent que la meilleure distribution de l’effort est pour les travailleurs de commencer et de finir la journée sur des périodes actives, mais de prendre des pauses durant la journée. « Loin d’être improductives, ces pauses doivent être vues comme des investissements dans la productivité future, car elles réduisent le niveau de fatigue et recrées la portion binaire mentionnée au-dessus », confirme Manel Baucells de Darden School of Business.
 
Prenons pour exemple la notation d’examens, une tâche qui demande un travail mental continu. En utilisant des hypothèses raisonnables de fatigue et de productivité, les chercheurs montrent que travailler sans pauses durant 10 heures permet de noter 15 examens. Avec trois pauses, l’étude démontre que le plan optimal est de travailleur pendant 2 heures, de prendre une pause de 45 minutes, de travailler ensuite pendant 105 minutes, de prendre une autre pause de 45 minutes, de retravailler pendant 105 minutes, de prendre une autre pause de 45 minutes et de terminer la journée avec deux heures supplémentaires. Avec ce plan, le temps de travail décroît à sept heures et demie tandis que le rendement augmente avec 19 examens notés. La conclusion est claire : les pauses optimales réduisent le temps de travail et augmentent le rendement. Les résultats de cette étude affectent non seulement la santé et la qualité de vie, mais aussi les entreprises et l’économie. « En fin de compte, pour ce qui est du repos et de la gestion de la fatigue, les avantages pour les compagnies et les employés sont parfaitement alignés : moins de fatigue augmente la productivité, réduit le coût de l’effort, augmente la satisfaction au travail, réduit le taux de rotation du personnel et l’absentéisme et ultimement augmente le profit, » dit Manel Baucells. «Google semble avoir appris cette leçon et rend le milieu de travail plaisant en promouvant des divertissements tout en encourageant de longues heures de travail ».