Jonathan Haidle, un maître dans l’art de l’improvisation

Publié le 18 juillet 2017 par Camillegreen @camillegreen03

Le hasard des publications Instagram pourrait vous faire découvrir les improvisations de Jonathan Haidle. Le compositeur de musiques de films, de publicités prend un malin plaisir à emporter ses auditeurs en live sur Instagram dans la création de ses compositions qu’il réalise de chez lui, à Portland. Ces véritables séances de travail filmées avec son téléphone sont une bonne occasion de rentrer dans le quotidien d’un talentueux musicien qui a même fondé une école de musique où tout est fait pour éveiller la créativité des élèves. Rencontre avec Jonathan Haidle qui vient de sortir Preludes, un album comprenant 3 improvisations et un poème (téléchargeable ici).

Selfie par Jonathan Haidle


Comment as-tu fait tes premiers pas dans la musique ? Quand j’avais 12 ans mes parents avaient des amis dont le fils jouait du piano. Il avait quatre ans de plus que moi donc je l’admirais beaucoup. Après l’avoir vu jouer face à des personnes émerveillées, j’ai voulu l’imiter et j’ai fini par prendre des cours avec le même professeur que ce garçon. Comment es-tu devenu musicien professionnel ? Je considère un professionnel comme quelqu’un qui donne toujours le meilleur de lui même et qui connaît la différence entre la pratique, les process et attendre que l’inspiration vienne… En partant de ce constat, j’ai donc commencé par travailler. De 2005 à 2011, j’ai vécu une période difficile où je ne faisais pas trop de musique. Et puis je me suis repris et depuis, je suis de retour !
As-tu une méthode précise lorsque tu composes ?
J’improvise BEAUCOUP et quotidiennement. J’essaye de générer de nouvelles idées, je me lance dans différentes variations, etc. Généralement, je fais des enregistrements sur mon iPhone pour ne pas polluer mon esprit à essayer de me souvenirs des mélodies. Puis je les mets de côté et j’y reviens pour faire un peu de tri et voir si ça me parle toujours. Mais je ne réécoute pas toutes les musiques enregistrées. Ces six dernières années, j’ai probablement enregistré plus de 3 000 idées. L’objectif est plus d’affûter mon style.

Quel est le film sur lequel tu as travaillé qui t’a le plus marqué ? En 2012, j’ai travaillé sur une musique de film pour un documentaire « K2 ». La complexité émotionnelle, les vues fabuleuses et la tension s’harmonisaient tellement bien avec ma musique… Faire la musique de tout un film, c’est comme donner l’opportunité à un acteur de montrer toute sa palette de jeu dans un même film. J’ai pu me plonger dans ce projet et en extraire de nouveaux sons. Pourrais-tu envisager de sortir ton propre album avec des chansons qui ne te seraient pas commandées par des clients ? Oui ! J’ai beaucoup d’idéeset des ébauches de projets. Je vais bientôt travailler sur ce projet. Pourquoi as-tu décidé d’ouvrir une école de musique à Portland (Forte Music School – aux Etats-Unis) ? Est-ce une école de musique traditionnelle ? J’ai une licence de piano et un master d’éducation car je voulais enseigner l’art. Et une opportunité m’a permis de combiner mon expérience en musique avec de nouvelles façons d’enseigner. Donc l’école que j’ai ouverte à Portland repose sur une éduction musicale assez traditionnelle mais avec une pédagogie moderne comme l’auto-évaluation. Notre façon de travailler est moderne, tous les élèves enregistrent par exemple leurs morceaux sur Garageband. Après l’enregistrement initial, ils peuvent alors ajouter de la batterie, faire leurs propres arrangements et laisser libre cours à leur créativité. On évite ainsi de leur faire jouer une musique déjà écrite ! Quels sont tes projets en ce moment ? Je travaille sur des collaborations et sur un nouveau film. Une des collaborations est avec un poète, je vais mettre ses poèmes en musique. Par ailleurs, je travaille toujours sur de nouvelles mélodies.

©JonathanHaidle


Quel est ton réseau social préféré Facebook, Instagram, Snapchat ou Twitter ? Je suis vieux, j’ai donc un peu de mal à m’habituer à Snapchat ! Et il y a tellement de choses sur Twitter que je n’arrive pas à m’y faire. En ce moment, je suis sur Instagram et YouTube. J’ai commencé sur Instagram en publiant de courtes compositions, même non abouties. Et puis des gens ont commencé à me demander la version complète des musiques alors que je n’avais pas de version complète ! J’ai donc fini par poster des musiques complètes sur YouTube.   Tu as composé une chanson intitulée « Instagram », un titre plutôt inattendu pour une chanson. Pourquoi as-tu écrit cette chanson ? Il s’agit d’une bande originale que j’ai écrite pour un documentaire sur des photographes. Et cette musique a été créée pour une partie du documentaire où ils fontplein de selfies, photos destinés à des publications Instagram. Le titre est donc purement fonctionnel et descriptif ! On dirait que tu apprécies particulièrement poster des vidéos sur Instagram. Pour toi c’est le réseau social le plus adapté pour partager facilement sa musique ? Comme je le disais précédemment, Instagram est une très bonne plateforme pour partager mon process de création. De temps en temps j’y fais même des performances live alors que je suis en train de chercher des idées. Ou je poste des bribes de chansons sur lesquelles je travaille. Le seul côté négatif d’Instagram c’est que les publications ont une courte durée de vie. L’objectif étant plus de partager ce qui se passe maintenant.
Avec qui rêverais-tu de jouer ?
Bonne question… Je pense que cela serait fabuleux de collaborer avec Bjork. Et aussi Flying Lotus, s’il utilise mon piano comme Thundercat utilise sa basse. Ca serait génial
Tu écoutes quoi en ce moment ? J’écoute une grande variété de musiques différentes mais j’écoute beaucoup Colin Stetson. Il fait de la musique expérimentale, il utilise son saxophone de manière non conventionnelle. C’est très intense et pas facile à écouter mais je sens qu’il m’emmène vers de nouvelles directions.
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