Les chantiers STX nationalisés : L’Europa non si farà da se ?

Publié le 28 juillet 2017 par Pierre Thivolet @pierrethivolet
 

L'invasion de l'économie vue par la presse italienne: Il ne manque plus que Napoléon !


L’Italie, le pays dont nous sommes sans doute le plus proche, notre sœur latine, notre partenaire de toujours dans la construction de l’Europe moderne après le Traité de Rome, l’Italie est amère et elle a de quoi. Quand il s’agit de Vivendi qui lance un raid sur Telecom Italia, le débarquement annoncé de Free, la domination de Carrefour ou d’Auchan, l’invasion du secteur bancaire ou de l’assurance et puis, emblématique, tous les grands noms du « Made in Italy » qui tombent dans l’escarcelle de Bernard Arnault ou de François Pinault: Gucci, Balenciaga, Fendi, Berluti, Bulgari, nous trouvons cela normal. Mais lorsqu’une entreprise italienne, leader dans son secteur, veut prendre le contrôle des chantiers de Saint-Nazaire, la France sort sa bombe atomique et nationalise. Ce qui montre à nos amis italiens, qu’on adore leur cuisine, qu’on adore le week-end à Rome ou à Venise, mais que pour le reste, nous ne leur faisons pas confiance. Dans le même temps, un des fleurons de la diffusion de la culture française, la FNAC est vendue à un des géants allemands de la distribution. Mais l’on entend personne, de la droite libérale aux insoumis, s’inquiéter: « Danke Patron ! ». Indignations sélectives. L’Italie avait un cri de ralliement au moment de son unification menée notamment par Garibaldi, un niçois : L’Italia farà da se, L’Italie se fera toute seule. On sait ce qu’il en a été car même si l’unité italienne a bien été conquise, l’Italie a fonctionné de manière boiteuse jusqu’à ce naufrage qu’ont été le fascisme, Mussolini, la guerre. Emmanuel Macron avait affiché sa volonté de faire avancer l’intégration, notamment économique, de l’Europe. Mais l’Europe non si farà da se. L’Europe ne se fera pas d’elle-même. Les déclarations de bonne volonté ne suffisent pas, c’est comme en amour, il faut aussi des preuves. Il faut une politique. Les chantiers STX en étaient l’occasion. Ratée.