Solstices par Laëtitia Arnould

Par Ettoitulisquoi @ettoitulisquoi

Après avoir lu « Ronces Blanches et Roses Rouges« , je tenais absolument à lire Laëtitia Arnould dans un autre registre. Son style est plaisant et sa manière d’aborder la romance est intéressante. Outre le fait que ce roman soit signé Laëtitia Arnould, la couverture était très attrayante ; de plus, Solstices est le premier roman que j’achète édité chez Gloriana Editions, maison d’édition que je ne connaissais pas jusque là : mon ignorance est donc réparée !

L’histoire : Je ne vois pas comment qualifier ce livre autrement que par romance historique, et je suis friande de romances historiques. Je les préfère quand elles se passent dans la nature sauvage des Highlands, mais il faut savoir sortir de ce que l’on ne connaît que trop bien.

L’histoire se situe dans le Royaume d’Aroue, dont l’héritière est Gemma, d’une grande beauté (oui sinon ça n’aurait aucun intérêt et franchement qui voudrait lire une romance avec une princesse moche comme un pou, et si elle l’était ce serait vraisemblablement la conséquence d’un mauvais sort) donc nous avons une princesse d’une grande beauté et promise à un aristocrate répugnant.

La princesse a été exilée loin du château royal dans une vieille bâtisse (dans mon esprit j’ai vu ça comme une sorte de tour) appelée le Grenier, le temps qu’une révolte populaire soit endiguée. Un soir, Gemma s’aperçoit qu’elle est seule au Grenier. En cherchant sa servante, elle tombe sur un inconnu qui lui dit de partir car la révolte arrive vers cet endroit où elle était censée être en sécurité. L’homme essaie de l’entraîner avec elle, mais elle refuse. Il la laisse donc là et s’enfuit dans la nuit. Après avoir tergiversé, Gemma décide de quitter cet endroit où elle a visiblement été abandonnée de tous.

A partir de là, va s’ensuivre une succession de situations auxquelles Gemma était loin d’être préparée, elle qui a l’habitude d’être choyée, et d’être obéie. Bien évidemment, elle va très vite revoir le mystérieux inconnu de la tour, enfin du Grenier.

L’extrait : « Lorsqu’elle s’engouffra d’un coup dans l’étoffe obscure de la nuit, elle inspira à plein poumons et se laissa enivrer par la brise qui l’accueillait, par tous les bruits et les parfums de la nature en demi-sommeil.

Ragaillardie par le souffle de liberté qui lui gonfla le cœur à cet instant, elle frémit. De peur? Aucunement. Ses tremblements, devenus plus intimes, résultaient d’un sentiment qu’elle n’aurait pu nommer : mélange d’envie dévorante de braver les interdits, et d’espoir retrouvé.

Elle s’élança dans les ténèbres, serrant son fichu de dentelle sur sa poitrine et courant à demi.

Elle était captivée par la nuit.

Grisée par sa brusque décision.

Terrifiée…

Et heureuse, comme elle ne l’avait plus été depuis longtemps. »

Détails techniques : Éditions Gloriana. 219 pages. Caractères moyens. Coût : 15 €.

Vous pouvez l’acheter ici.

Mon avis : 5/7

J’ai apprécié cette histoire mais je suis restée sur ma faim. Je n’entends pas par là avoir été déçue, ni que la fin de l’histoire avait un goût d’inachevé. En réalité, je pensais que le « secret » de Gemma serait un peu plus mis en avant, un peu plus développé, parce que j’y ai trouvé un grand intérêt et ça avait attisé ma curiosité : comme si j’avais trempé mon doigt dans le pot de confiture, léché, aimé, et qu’on m’ait dit : non non tu n’as le droit de t’en faire une tartine…

La seconde chose qui diminue ma note, et une fois de plus c’est très personnel et lié à ce que je suis,  c’est l’histoire sur fond de révolte paysanne contre l’aristocratie. Je n’aime pas ça, car cela évoque en moi des images d’une rare violence, et de la cruauté, et vu que je n’ai pas apprécié ces passages-là dans le livre c’est que l’auteure a su les décrire parfaitement, sinon je n’en aurais pas fait cas.

L’histoire est en tout cas très originale, on a même l’impression d’avoir plusieurs histoires dans l’histoire, rien n’est prévisible (sauf la fin peut-être….mais c’est la fin que l’on veut !), et l’on va de bouleversements en bouleversements, de péripéties en péripéties. Les enchaînements de scènes m’ont presque fait penser à une pièce de théâtre car les changements de décors et les évolutions/situations des personnages se font assez rapidement. Je serais amenée à dire qu’il y a une rythmique théâtrale dans le récit : dis comme ça, ça a l’air un peu perché, mais vous comprendrez mieux en le lisant je pense. Un roman sans temps mort donc sous la douce plume de Laëtitia Arnould.

Quant aux personnages, Gemma a tout d’une princesse, mais j’ai passé mon temps à la réprimander mentalement :

Mais enfin nooooooon ne fais pas ça !!!

Ne va pas là !!!!

Ne dis pas ça !!!!!

Dis lui dis lui !!!!! Mais parle enfin !!!!

Il n’y a qu’à la fin, qu’elle a l’air d’avoir un peu plus de plomb dans la cervelle et me paraît plus raisonnable.

J’ai été toutefois positivement surprise par le personnage/héros masculin, dont je ne révèle pas l’identité puisque l’auteure a brouillé les pistes à plusieurs reprises à son sujet. J’ai trouvé cet homme impeccable, il est exactement ce que l’on attend d’un héros de romance en tout point. Tenace, fort, volontaire, décisionnaire, et également sensible, respectueux et sincère. Là je dis OUI !!!!

Par contre, il y a un personnage qui est resté un mystère pour moi : la petite Jeanne. On sent bien qu’elle a de l’importance pour l’auteure, mais je n’avoue ne pas avoir compris pour quelles raisons.

Une bien jolie romance en somme avec une princesse autant bornée que mystérieuse et un héros fort et brave, le tout dans un magnifique écrin et sous la plume magique de Laëtitia Arnould.

A découvrir.

Bonne lecture !

Votre DL

Lucie