Ce qu’il reste

Publié le 27 décembre 2017 par Elosya @elosyaviavia

Descendre du train.

Eviter la cohue des passagers qui vont dans le même sens, mais qui sont un peu. Beaucoup pressés.

Prendre les escalators.

Sortir.

Et là, je me couvre. Je ferme la doudoune mini, puis la doudoune maxi qui est par dessus. Je réajuste ma grosse écharpe. Je mets mon casque, mets de la musique puis ma capuche.

Je sors de la gare.

Un peu plus tard, voyant une femme distinguée parée d’un manteau très élégant, mais léger pour la saison, je me suis dit que vraiment moi entre confort et staïle, j’ai choisi de m’emmitoufler (mais de manière stylé tout de même)

Je marche vers Opéra puis je bifurque. Je pensais me retrouver sur l’avenue de l’Opéra. Je me retrouve ailleurs ?!?

Je continue ma route et puis je lève la tête. Je suis place Henri Salvador.

Je ne savais même pas qu’il avait une place dédiée. Ma mère l’adore, il faudra que je lui dise.

Je suis dans une petite rue. Une chanson commence dans ma playlist. Ah cette chanson m’émeut tellement.

Et là, bah là, je pleure.

De vraies larmes, bien massives, qui inondent ma trogne. Je pleure parce qu’il m’est revenu en tête, une confirmation, quelques heures avant, j’ai dit quelque chose et cela avait été écouté pour une fois. Décidément mon intuition ne me trompe pas. Je m’arrête quelques instants. Mon visage est baigné de larmes, je renifle. Pendant que j’extirpe un mouchoir de ma poche, je repense au livre que je viens de terminer. Un essai philosophique sur l’âme. Notre âme ? Notre existence ? Qu’est ce qui est là avant nous ? Qu’est ce qui sera là après nous ?
D’autres pensées me viennent. Je ne pourrais vous en dire plus, j’ai oublié de manière détaillée ce que ces pensées sont venues me dire. Ce dont je me souviens, c’est que les larmes se sont taries et que je me suis mise à rire. Un rire franc et spontané.

J’arrive Boulevard des Capucines, pas très loin de l’Olympia. Ce n’était pas du tout là que je voulais arriver, mais la balade est belle.

J’étais fatiguée. J’ai capitulé. J’avais prévu en ce 25 décembre de marcher des heures durant jusqu’à chez moi, je l’avais déjà fait, je voulais réitérer la « tradition ». Mais non, il faut savoir sentir quand on ne peut plus. Alors je m’engouffre dans le métro et je rentre.

Chez moi tout en cuisinant, une sorte de slam s’est crée dans ma tête. Il est venu aussi spontanément qu’il est reparti. Après l’avoir déclamé, de manière grandiloquente (oh oui je pouvais. Hormis mon chat avec ses yeux ronds, personne d’autre n’était là pour me regarder, moi, mon pyjama, ma polaire massive d’intérieur et mes grosses chaussettes en coton) une phrase s’est frayée un chemin : Je vous rends ces chaînes qui ont entravé celle que je suis, je vous rends cette revanche qui n’est pas mienne, je vous rends tout ce qui ne m’appartient pas. Tout ce qui n’est pas moi.

Mais je prends, oh oui je prends de vous ces liens souples, qui me nourrissent.

Parce que c’est ce qu’il me reste.

C’est ce qui me reste.

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