[Critique] 24H LIMIT

Par Onrembobine @OnRembobinefr

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Titre original : 24 Hours To Live

Note:
Origine : États-Unis
Réalisateur : Brian Smrz
Distribution : Ethan Hawke, Rutger Hauer, Paul Anderson, Xu Qing, Liam Cunningham, Nathalie Boltt, Aidan Whytock…
Genre : Action/Thriller/Science-Fiction
Date de sortie : 17 janvier 2018

Le Pitch :
Travis Conrad, un tueur à gages particulièrement doué, est tué lors d’une mission en Afrique du Sud. Néanmoins, il se réveille quelques heures plus tard sur une table d’opération et découvre qu’il vient de subir une intervention d’un nouveau genre qui a permis de le ramener temporairement à la vie. Le problème, c’est qu’il ne dispose que de 24 heures. 24 heures pour tenter de réparer ses erreurs et se venger des responsables de son état…

La Critique de 24H Limit :

Succès plus ou moins surprise au box office qui a encouragé la mise en chantier d’une suite (et bientôt d’une série), John Wick n’a pas tardé à faire des petits, quand bien même il n’a rien inventé, se contentant de remettre un petit peu au goût du jour de vieilles recettes. C’est ainsi que 24 H Limit se pose : comme une sorte de John Wick teinté de science-fiction, sans le chien à venger, ni voiture à récupérer, mais avec un Ethan Hawke remonté à bloc dans la peau d’un type à qui on ne l’a fait pas…

Ethan Hawke met les pieds où il veut et c’est souvent dans la gueule

Sur le papier, 24H Limit ressemble à un film d’action lambda. On nous promet bien un scénario imprévisible mais en fait non, pas vraiment. Tout ici est balisé. Ce qui n’est pas forcément négatif quand l’action, vu que c’est tout de même pour ça qu’on paye la place, est au rendez-vous et qu’elle fait bonne figure. Est-le cas pour 24H Limit ? Oui.
Avec son air de chien battu au bout de rouleau, Ethan Hawke embrasse un rôle vu mille fois ailleurs mais le fait bien, lui qui est en plus au service d’un réalisateur qui sait ce qu’il fait et d’une histoire certes dénuée d’originalité (si on fait exception de quelques trouvailles sympathiques) mais qui sait maintenir un bon rythme et aller droit à l’essentiel sans trop s’encombrer de considérations inutiles.
Désireux de faire le moins appel possible à des effets-spéciaux numériques, qui gangrènent un peu trop le cinéma d’action de ces dernières années, le metteur en scène Brian Smrz, qui est aussi inconnu que son nom s’avère difficile à prononcer, a tenu à faire les choses à l’ancienne. Et ça se voit ! Dès la scène d’introduction, 24H Limit fait preuve d’une jolie maestria quand il s’agit de sauter à pieds joints dans l’action, avec séquences bien violentes à l’appui. La suite étant au diapason, jusqu’à la fin, quand le film offre un déferlement hardcore que n’aurait justement pas renié notre cher John Wick.

Course à la mort

En majeure partie tourné en Afrique du Sud, 24H Limit part d’un postulat un poil s.f. pour justifier un récit parfois un peu crétin mais relativement efficace. Il n’est pas interdit de ne pas goûter aux passages qui voient Hawke souffrir d’hallucinations, censés conférer de l’émotion au film, mais qui en fait, s’avèrent plus maladroits qu’autre chose, ou encore de trouver quelques dialogues à côté de la plaque, mais vu les intentions manifestes du projet, ce n’est pas si mal. Avec application, le long-métrage assure ce qu’il doit assurer en priorité, à savoir les bastons et les fusillades. Le reste finalement, comme dans une bonne vieille série B des années 80, est plutôt accessoire, même si 24H Limit tente visiblement de nous faire croire en une originalité qu’il est le seul convaincu d’avoir. Mais ce n’est pas grave car Ethan Hawke se montre plus qu’à son tour à l’aise, que Rutger Hauer nous régale durant une très courte scène plutôt marrante, que Liam Cunningham (Davos dans Game Of Thrones) campe avec délectation un méchant bien old school et que Xu Qing est badass à souhait. Divertissement décomplexé et plutôt généreux, 24H Limit ne vaut pas John Wick c’est certain. Mais il vaut bien le déplacement tout de même.

En Bref…
Un film d’action bien bourrin bâti sur un scénario pas toujours convainquant et un peu anecdotique, qui s’en sort plutôt bien quand il s’agit de foncer dans le tas. Au premier plan, en grand professionnel, Ethan Hawke s’en tire avec les honneurs et s’arrange pour nous encourager à pardonner le caractère un peu borderline d’une histoire accessoire dont le plus grand mérite est de justifier un déferlement d’action parfaitement à la hauteur des promesses initiales.

@ Gilles Rolland

   Crédits photos : SND