L'alchimiste

Par Vertuchou

Un étrange sourire mourant sur ses lèvres,
il poussa l'alambic aux vapeurs apaisées.
II savait maintenant ce qui manquait encore
pour qu'y naisse l'objet sublime.

Il lui fallait du temps, du temps - des millénaires
pour lui et la cornue qui bouillonnait ;
dans le cerveau des astres
et dans la conscience à tout le moins la mer.

La chose inouïe qu'il avait désirée,
il la lâcha cette nuit-là. Elle revint
à Dieu et à son antique mesure ;

mais lui, balbutiant comme un ivrogne,
penché sur la case secrète, il convoitait
la parcelle d'or qui lui revenait.

Rainer Maria Rilke

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