Sandrine Collette – Les larmes noires sur la terre

Par Yvantilleuil

« Les larmes noires sur la terre » raconte l’histoire de Moe, une jeune femme de vingt ans qui multiplie les mauvais choix dans la vie. Tout d’abord, celui de quitter sa Polynésie natale pour suivre Rodolphe en métropole. Ensuite, de quitter cet enfer conjugal en espérant trouver mieux ailleurs sans avoir les ressources financières, ni les papiers nécessaires pour y arriver. Une descente aux enfers qui passe par la rue et se termine à « la Casse », sorte de campement insalubre où la société entasse tous ceux qu’elle exclut.

« Les larmes noires sur la terre » est donc une fiction profondément sombre, mais tellement proche de la réalité qu’elle fait froid dans le dos. Cette prison gigantesque à ciel ouvert, où les gens sont entassés dans une décharge de vieilles voitures par les services sociaux, fait inévitablement penser aux bidonvilles ou aux camps de réfugiés tels que « la jungle de Calais ». Le fait que nul ne puisse en sortir ne fait que renforcer l’inhumanité de notre société en rendant la frontière qui permettrait aux miséreux de la réintégrer infranchissable. Sandrine Collette crée donc un univers sans espoir pour ceux qui sont victimes de précarité sociale…

S’il m’a fallu un peu de temps pour m’habituer au style inhabituel de Sandrine Collette, j’ai fini par me laisser séduire par le combat injuste mené par cette héroïne aussi malchanceuse que courageuse, ainsi que par la solidarité qui règne parmi ce groupe de femmes au sein duquel elle se retrouve et dont l’auteure narre les histoires personnelles au fil du récit.

Ils en parlent également: Maned Wolf, Ma toute petite culture, Collectif Polar, Hannibal le lecteur, K79, The Big Blowdown, Franck’s Books

Les larmes noires sur la terre, Sandrine Collette, Denoël, 336 p., 19,90 €.

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