[CRITIQUE] Overlord

Par Elodie11 @EloFreddy

Réalisé par : Julius Avery

Avec : Jovan Adepo, Wyatt Russell…

Durée : 1h50

Genre : Horreur/Guerre

Date de sortie cinéma : 21 Novembre 2018

Interdit aux moins de 16 ans

Synopsis

À la veille du débarquement, un groupe de parachutistes est largué en France occupée. Alors qu’ils luttent pour accomplir ce qui ressemble à une mission impossible, ils tombent sur un laboratoire secret dans lequel sont menées des expériences surnaturelles, aussi étranges que terrifiantes.

Critique

Un coup de tonnerre dans un ciel criblé de balles et voilà que débarque un bataillon parachuté dans l’horreur de la seconde guerre mondiale. Sous les bombes et les mines anti-personnel, l’introduction d’Overlord sait se faire percutante n’enviant rien aux grands films de guerre.

Un réalisme froid, poisseux et tranchant qui introduit petit à petit le véritable Enfer, celui caché au fond d’un laboratoire bien à l’abris des cris. Car c’est bien connu, Hitler aimait jouer au petit alchimiste et si Hollywood s’est déjà emparé de ces faits historiques, Overlord préfère jouer avec les limites entre film de guerre et épouvante. Glissant perpétuellement entre deux genres, le film prend son essence dans nos manuels d’histoire pour distiller avec une patience d’orfèvre son propos. Pour les rares spectateurs qui ne seraient pas au courant du genre traité, la surprise pourrait être totale.

Que ceux qui s’attendaient à ne voir qu’un film de zombis nazis prennent la fuite, ici la terreur nait du réel, les monstres sont faits de chair et renaissent dans des lambeaux putrides et mal intentionnés.

En introduisant le fantastique par petites touches savamment dosées, Julius Avery permet à son film de s’émanciper des autres productions du genre. Gardant toujours un repère historique, les expériences zombiesques ne deviennent que l’étendard de la folie humaine, en s’enfonçant toujours plus dans le délire schizophrénique de devenir maitre du monde quitte à régner sur des cendres. Tripes éparpillées, torture, Overlord sait se faire désirer dans l’hémoglobine malheureusement il semblerait qu’un effet de censure ait eu pour effet d’en absorber toute la violence qui aurait pu imbiber le propos du réalisateur. Et c’est là qu’Overlord montre ses limites : en choisissant de ne pas s’enfoncer dans un survival horror, le fun et la terreur promis dans la bande annonce s’estompent pour ne laisser que quelques apparitions certes, bien fichues, mais bien trop rares pour vraiment rendre cette série B exaltante.

On se laisse tout de même volontairement fauché par ce thriller horrifique qui outre les bonnes idées, parvient à rendre une copie propre, gribouillée par une mise en scène dynamique et des acteurs convaincants. Dommage que la bonne morale d’Hollywood soit passée par là, le rendu aurait pu remuer l’Enfer et secouer nos estomacs. A la place, Julius Avery signe un film de guerre réaliste où l’horreur ne termine qu’au second plan, divertissant mais peut-être un peu trop sage pour les amateurs de sensations fortes.

Comme une grenade explosive qui démarre à toute allure Overlord se fond ensuite dans le convenu d’une trame manichéenne basique et proprette. Si l’horreur de la guerre est viscérale, celle des expériences se fond un peu trop bien dans le décor pour qu’on puisse véritablement s’y attacher et se tâcher d’hémoglobine. Sans aller au bout de son propos, Overlord reste une série B jouissive et un vrai défouloir pour les amateurs du genre.

Votre dévoué Freddy

Note: