Max | A Saint-Goin

Publié le 23 février 2019 par Aragon

À Saint-Gouin les Pyrénées toutes proches bordent ta tombe de draps de neige et de silence, tout est paisible désormais. Il en fallut du temps pour apaiser les coeurs laissés, les coeurs brisés par la lézarde et sale meurtrissure, la respiration toujours tranquille de l'assassin qui te tua.

À Saint-Gouin l'élève que j'étais et qui t'aimait, la pitchounette émerveillée par sa tatie, celui qui ne serait jamais ton doux fiancé et qui faillit mourir avec toi, sa femme d'à-présent, nous quatre réunis pouvons enfin - maintenant - te regarder et te parler dans ce silence habité.

Tout est doux et blanc comme la neige des sommets, nous nous sommes retrouvés après une presque vie entière passée dans la souffrance et le regret, dans le vide des silences, dans l'incompréhension, nous savons désormais, nous savons que la vie et la mort emmêlées nous emmènent danser si nos coeurs et nos yeux veulent de ce bonheur, délaissent la noirceur, apprivoisent la joie, tu serais restée morte sans ça si chère Marguerite et nous, nous errerions.

À Saint-Goin le pourquoi s'est dilué dans le possible, dans le vrai, dans la vie. Le soleil haut des cimes acquiesce et nous répond, partageant sa chaleur dans nos coeurs réunis.