AUDITION : Chut, les moustiques nous entendent

Publié le 24 février 2019 par Santelog @santelog



En montrant la puissance auditive des moustiques, capables de percevoir des sons extrêmement lointains calés sur des fréquences supérieures à 10 mètres, cette équipe de l'Université de Cornell va permettre le développement de d'appareils auditifs de nouvelle génération, utilisant comme ces insectes,« des poils fins » capables de détecter la vitesse des particules d'air lorsqu'elles sont bousculées par les ondes sonores pour les traduire en données sonores.

Selon ces travaux de chercheurs des Universités Cornell et Binghamton, les moustiques peuvent entendre sur des distances beaucoup plus importantes qu’on n’aurait pu l’imaginer. Jusque-là on pensait aussi que les différentes espèces avaient besoin de tympans pour bénéficier d’une audition « fine » à longue portée et que, chez les insectes comme les moustiques, les antennes ornées de poils ne fonctionnaient que sur des distances de quelques centimètres.

Une audition presque sans limite : cette série d'expériences présentée dans la revue Current Biology, apporte les preuves neurophysiologiques et comportementales selon lesquelles les moustiques Aedes aegypti – des vecteurs de maladies telles que la fièvre jaune, la dengue, le virus Zika, le virus du Nil occidental et le Chikungunya – sont capables d’entendre des fréquences spécifiques dépassant les 10 mètres. Une capacité d’audition qui leur permet d’entendre aussi bien les battements d’ailes des moustiques femelles que la parole humaine. Les tympans agissent en captant la pression des ondes sonores, tandis que les poils minuscules perçoivent le son des particules d'air vibrant à certaines fréquences.

Une gamme de fréquences d’audition comprise entre 150 et 500 hertz : les moustiques sont donc capables d’entendre la parole humaine, les fréquences les plus marquées d'une voyelle étant comprises entre 150 et 900 hertz. Bref, des résultats qui, contrairement à la plupart des recherches menées chez les moustiques ne suggèrent pas de nouvelles voies viables pour mieux contrôler ces vecteurs de maladies, mais qui posent les jalons d’appareils auditifs innovants, utilisant des poils fins capables de détecter la vitesse des particules d'air lorsqu'elles sont bousculées par les ondes sonores et de traduire, bien sûr en données sonores.

Source: Current Biology Feb. 7 2019 DOI : 10.1016/j.cub.2019.01.026 The Long and Short of Hearing in the Mosquito Aedes aegypti (Visuel John Munson/Cornell University)

Équipe de rédaction Santélog Fév 24, 2019Rédaction Santé log