Le chef-d’oeuvre, Anna Enquist… objectif pal de mars !

Par Antigone

❤ Il fut un temps, pas si lointain, où une certaine blogueuse avait entrepris de lire tout Anna Enquist [clic ici]… ce qu’elle a réussi à faire, mais personne n’en doutait. Comme je suis assez influençable, Le chef-d’oeuvre a rejoint à ce moment là ma PAL et y a végété jusqu’à aujourd’hui. Quelle erreur ! Car, mazette, que cette auteure a du talent ! Et dire qu’il s’agit ici de son premier roman. Dans cet opus, Johan Steenkamer s’apprête à présenter ses oeuvres lors d’une exposition de grande envergure. Sa mère, Alma, très fière de sa réussite, lui propose de poursuivre le vernissage par un dîner en petit comité, amical et familial, qui sera le point d’orgue de cette journée de consécration. Cependant, Oscar, le frère de Johan, gâche un peu la fête en amont en publiant quelques jours auparavant un article qui critique le tournant figuratif qu’a pris dernièrement son frère. Cet écrit tend la situation et augure mal de la soirée. Mais Johan, persuadé de son talent, fier, orgueilleux, décide de ne pas s’en préoccuper. Avec désinvolture, il annonce même à sa mère qu’il a invité son père, parti aux Etats-unis et remarié depuis longtemps, à son vernissage, sans se douter du tsunami qu’il vient de déclencher chez elle. Et c’est là que réside tout le talent d’Anna Enquist qui décortique petit à petit l’entourage du flamboyant et inconséquent Johan, et laisse à penser qu’effectivement la fameuse exposition ne peut être qu’un désastre. Lisa, l’amie d’Ellen, la mère des enfants de Johan, observe tout cela de son oeil exercé de psychanalyste, à la fois désabusé et fébrile. Son mari a emmené ses propres enfants en vacances, elle est seule, se laisse aller à l’indolence… Ellen, elle, tente de survivre à la perte de sa petite fille Saar, qu’un  problème au coeur a emporté en quelques jours. Les protagonistes de cette histoire se tiennent les uns aux autres comme dans un château de cartes, avec leurs névroses, leur indifférence ou leur jalousie. A quel moment le fragile édifice va-t-il s’écrouler ? Vous comprendrez que j’ai beaucoup aimé ce roman, d’une grande finesse psychologique, écrit également avec beaucoup de talent et l’amour des petits détails qui comptent. Je vous recommande chaudement d’aller voir à votre tour du côté de ce Chef-d’oeuvre fabuleux, ou même d’Anna Enquist, si un autre titre d’elle traîne dans votre PAL, vous ne le regretterez pas !

Editions de poche Babel – 2001

J’ai aimé ce livre, un peu, beaucoup…    

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