Festival Jazz et Images au Cinéma Balzac: Daniel Humair à l'affiche

Publié le 13 avril 2019 par Assurbanipal

Paris. Ile de France. France.

Cinéma Balzac

Vendredi 12 avril 2019. 20h30.

Première partie en direct

Vincent Le Quang: saxophones ténor et soprano

Stéphane Kerecki: contrebasse

Gautier Garrigue: batterie

Le médecin de Daniel Humair lui a prescrit le repos. D'où son absence excusée ce soir.

Pour commencer, une nouvelle composition au titre indéfini." Drum thing n°1 " pour l'instant. Une création mondiale d'un morceau composé dans le train par le trio. Ca chante. Grosse pulsation contrebasse & batteur aux baguettes. Frappe sèche sur les tambours. Belle attaque du ténor. Ca chante et grogne. Solo bondissant de contrebasse finement ponctué par les baguettes du batteur et saupoudré de quelques notes du saxophone.

" Genève Amalgame ". 3 morceaux enchaînés créés par Daniel Humair en hommage à sa ville natale. Ca commence tout en douceur comme un matin d'hiver où la ville s'éveille couverte de neige et des stalactites de glace ornent les rochers au bord du Lac Léman. Ca s'anime ensuite comme un soir d'été pour les fêtes du Lac et le feu d'artifice visible du sommet du Salève, sur France. Solo du batteur finement centré sur les tambours. La contrebasse rebondit sur cette pulsation. Le sax chante à son tour. C'est léger et fleuri comme le printemps quand les monts du Jura se parent de vert et de fleurs.

" Gravenstein " (?) , musique d'un film sur Pierre Molinier (1900-1976), peintre et photographe pour adultes. Batteur aux balais.

Un morceau hommage au peintre abstrait américain Jackson Pollock (1912-1956), tiré de l'album " ", loué sur ce blog. Jackson Pollock a déjà inspiré Ornette Coleman et John Coltrane. Voici qu'il stimule Daniel Humair, batteur, compositeur et peintre. La musique est savamment désordonnée come les tableaux de Pollock. Batteur aux baguettes. Son strident du sax soprano.

Un autre morceau composé dans le train. " Les vibrations trépidantes des trains vous glissent des désirs dans la moelle des reins " (Alphonse Allais). Duo contrebasse & batteur aux baguettes. Quelle pulsation! Le bassiste creuse au ventre et le batteur malaxe nos cerveaux.

" Guinea " ( Don Cherry). Retour au sax ténor. La trompette de poche de Don Cherry est absente. Le morceau fut écrit en Afrique, lors d'une tournée où Don Cherry était en cure de désintoxication donc pas facile à vivre pour ses collègues musiciens dont Daniel Humair. Un air chantant, rythmé comme savait les composer Don Cherry. Solo du batteur aux baguettes qui sonne comme un percussionniste. D'abord decrescendo puis crescendo avec une belle lame de fond qui nous emporte.

RAPPEL

" Bleu Klein " tiré de l'album " ". Morceau dédié à Yves Klein(1926-1962), le Niçois inspiré par le bleu de la Mer Méditerranée. Cf extrait audio au dessus de cet article.

PAUSE

L'avant scène est dégagée des instruments de musique afin que nous puissions voir à l'écran la deuxième partie de la soirée.

Deuxième partie en différé

Phil Woods European Rythm Machine au Molde Jazz Festival (Norvège), édition 1969. Cf vidéo sous l'article. Prochaine édition du festival du lundi 15 au samedi 20 juillet 2019.

Phil Woods (1931-2015): saxophone alto

Gordon Beck (1936-2011): piano

Henri Texier: contrebasse

Daniel Humair: batterie

Premier concert du Britannique Gordon Beck dans ce groupe où il remplaçait le Suisse Georges Gruntz.

Des quatre musiciens du groupe, deux sont encore vivants et en activité. Henri Texier (1945) à la contrebasse et Daniel Humair (1938) à la batterie. Les bases de leur art sont déjà là, dans ce concert d'il y a 50 ans. Ils le pratiquent encore et ils inspirent toujours la jeune génération. Liberté, interactivité, lyrisme, intensité, tels sont les maîtres mots de cette musique. Mesurées à cette aune là, bien des musiques actuelles sont fades. Je vous laisse en profiter avec la vidéo ci-dessous, lectrices libres, lecteurs affranchis.

Prochaine séance du festival Jazz et Images au cinéma Balzac vendredi 17 mai 2019 à 20h30 avec un Grand Orchestre d'élèves du CNSMDP dirigé par François Théberge (sax ténor) sur scène et le Big Band de Count Basie Big Band au festival international du Jazz d'Antibes-Juan-les-Pins en 1961 et 1968 à l'écran grâce à Jean-Christophe Averty.