GROSSESSE et INSUFFISANCE CARDIAQUE : La coordination des soins sauve la mère et l’enfant

Publié le 05 mai 2019 par Santelog @santelog



Chaque fois qu'une femme enceinte présente une insuffisance cardiaque, la mère et le bébé encourent des risques sévères. Que faut-il pour protéger la mère et son bébé en plein développement afin d'obtenir les meilleurs résultats possibles ? Cette étude de cas suivi au Centre médical Intermountain Healthcare Heart Institute (Utah) montre comment la coordination entre les équipes médicales et de soins, en cardiologie et en santé maternelle et fœtale, peuvent sauver la mère et le bébé. Cette approche d'équipe multidisciplinaire, présentée lors des Réunions scientifiques de l'American College of Cardiology, s’avère être la clé de la survie, pour la mère et pour l’enfant.

« Cette affaire représente un effort d'équipe énorme et révèle toutes les ressources humaines nécessaires pour sauver un patient gravement malade tout au long d'une grossesse unique et très difficile », résume le Dr Kismet Rasmusson de l'Intermountain Healthcare Heart Institute.

La patiente âgée de 36 ans est enceinte de 22 semaines lorsqu'elle arrive à l’hôpital Intermountain avec un souffle court, mais sans antécédent de maladie cardiaque. Les médecins réalisent alors que son cœur est malade, soit d’une cardiomyopathie idiopathique de cause inconnue, soit d'une cardiomyopathie liée à la grossesse. La patiente est alors transférée à l'Institut de cardiologie du Centre médical.

La cardiomyopathie, cause bien connue de décès maternels durant la grossesse : Les chercheurs rappellent que la cardiomyopathie conduit à l’insuffisance cardiaque, une maladie du muscle cardiaque qui empêche le cœur de pomper suffisamment le sang. La cardiomyopathie entraîne un grand nombre de décès maternels (environ 10% dans les pays riches). 60% de ces décès sont néanmoins évitables grâce à des traitements optimaux et à des soins coordonnés.

Plusieurs mois de travail en équipe pluridisciplinaire : pendant 7 semaines, les soins de la mère ont été gérés par plusieurs équipes, dont des cardiologues spécialisés dans l'insuffisance cardiaque et des obstétriciens et des pédiatres. Pour élaborer un plan de soins complet, la prise en charge de la patiente a également nécessité des médecins en soins intensifs, des chirurgiens cardiothoraciques, des infirmières spécialisées, des personnels spécialisés en cathétérisme, des personnels des unités de soins intensifs (USI), des pharmaciens, des cliniciens de pratique avancée et des infirmières en « cardiovasculaire ». Des personnels d’assistance sociale soutenaient également la patiente et son époux.

2 objectifs : laisser le bébé se développer suffisamment afin qu'il ait de meilleurs résultats et stabiliser la mère en dépit de son muscle cardiaque terriblement affaibli.

L’accouchement a eu lieu à 29 semaines. L'équipe savait que l’accouchement comportait de nombreux risques et avait tout planifié à l'avance au cours de 2 réunions de préparation multidisciplinaires. En particulier, le soutien mécanique du cœur de la mère lors de l’intervention chirurgicale par césarienne. L'accouchement a nécessité une intubation, l'insertion d'un cathéter dans l'artère pulmonaire, l'insertion d'un support mécanique temporaire, l'accouchement par césarienne, le transfert du bébé en USIN avec son père puis l’organisation de la surveillance des soins intensifs. Après l'accouchement, le cœur de la mère demeurant très faible, un dispositif d'assistance au ventricule gauche a été implanté, ce qui a permis d’éviter la greffe cardiaque immédiate, que la patiente a reçue 8 mois après l'accouchement.

Le bébé a presque 5 ans et la mère va bien : « la patiente a atteint les meilleurs résultats possibles grâce aux experts de nos différentes équipes, à la richesse de leurs expertises et de leurs expériences, et à notre engagement de fournir les meilleurs soins », conclut l’auteur.

Source: American College of Cardiology 68th Annual Scientific Session 16-Mar-2019 Key to successful care of pregnant women in heart failure? Team-based care, study finds

Plus sur Gynéco Blog, Pédiarie Blog

Équipe de rédaction Santélog Mai 5, 2019Rédaction Santé log