Denis Vanier – L’espoir mécanique

Par Stéphane Chabrières @schabrieres

Je me tiens loin de l’absolu,

de l’électricité et de ses sels secs
autant que du danger et de la liberté,

nous mourrons quand il n’y aura
plus de fin, dois-je l’oublier ?

Combien de couteaux avons-nous tenus,
pour scalper le bacon étrange
des marques du Christ,
et baiser les vers à soif
des larmes de sa mère,
en l’honneur de celui
qui s’est battu le nez cassé,

Nous serons tenus responsables
de ce qui explosera,

pressé de finir d’être ce que je suis :
la levure d’un nouveau-né,

pourtant lorsqu’en s’envolant
elle écorche le vent
j’en colle la poussière,
et crois encore à l’inutile
hasard de l’équilibre,
qui m’a jeté au sort.

***

Denis Vanier (1949-2000) – Tu me trompes avec un oiseau (Les Herbes rouges, 1998)