Barbizon Trio aux Cochons Flingueurs, Saint-Quay-Portrieux, le 7 juillet 2019

Publié le 10 juillet 2019 par Concerts-Review

Barbizon Trio aux Cochons Flingueurs, Saint-Quay-Portrieux, le 7 juillet 2019

Saint-Quay-Portrieux, le dimanche 7 juillet: température extérieure: 20° ( tu ressentais au moins 5° de plus), hauteur des vagues: 10 cm, t'as mis deux orteils dans l'eau qui était annoncée à 17° C, cela n'a pas empêché les estivants de s'agglutiner en nombre sur la plage du Casino et les plus téméraires à tâter du bain de mer dans la Manche ou dans la piscine naturelle, une des attractions de la station balnéaire.

17:45', on y va?

Où?

Ben, prendre l'apéro aux Cochons Flingueurs, pardi, pendant l'été, le bar-resto prévoit tous les dimanches un concert en fin d'après-midi.

Au menu du jour: Barbizon Trio, annoncé à 18h mais qui a engagé les hostilités peu après 17:30', devant une audience dissipée.

Les pré-impressionnistes, plus ou moins locaux, proposent un swing jazz aussi lumineux que les toiles de Théodore Caruelle d'Aligny, et pour cause, il compte en ses rangs Stéphane Scala qui n'a jamais chanté à Milan, mais qui, en digne fils du maître du tango, Tani Scala, s'adonne au jazz. Fondateur du Paca-Swing, auteur d'un CD, que ta compagne s'est vite procuré, le guitariste passe son temps entre la Provence ( où il se produit avec le Swing System Trio) et les Côtes-d'Armor où il évolue au sein du Barbizon Trio.

La seconde guitare, la pompe pour les manouches , mais le monsieur place quelques flèches pas maladroites, est tenue par Vincent Jézéquel, que ses copains surnomment Teck ( une moitié du duo Band call, et de Teck et Envel ( Le Calvez) ) et enfin, à la contrebasse, l'imprésario de service,

Tandis que tu ranges les effets de plage dans ta petite automobile, madame passe commande et ensuite te signale avoir entendu un air de Charles Trenet pendant que tu t'attardais sur le parking.

Ils ont embrayé sur la samba 'So Nice', il ne manquait que Stacey Kent, Bebel Gilberto ou Diana Krall pour que tu tombes amoureux.

Si Duke Ellington était pianiste, cela n'a jamais empêché de fameux guitaristes de l'adapter pour leur instrument de prédilection, ainsi Joe Pass nous a laissé une version pas idiote de 'Take the A Train' et comme les compères sont du genre compétent, tu passes un bon moment.

Cyrille se permet quelques fantaisies, les guitaristes alternent les soli, c'est là que ton épouse a décidé de se procurer le CD du sieur Scala qui a d'ailleurs composé la suivante, ' 14 Quai d'Anjou', une tranche de smooth jazz, souveraine en cette période estivale.

Une version allègre de 'Fidèle' de Trenet nous conforte dans l'idée que les compositions de Charles au feutre mou, comme celles de Georges , celui qu'on a enterré à Sète, conviennent parfaitement à l'adaptation swing.

La vue sur Paris est imprenable depuis Ménilmuche, Charles Trenet n'est pas le seul à être nostalgique, Maurice Chevalier ou Aristide Bruant ont également loué 'Ménilmontant'.

Tu connaissais la version de Herb Ellis/ Joe Pass, ce soir c'est également en formule duo que la clientèle se voit proposer ' Oh lady, be good' car Teck a brisé une corde de son arc.

Mesdames, messieurs, une petite dernière avant la pause, 'Swing 39' de Django Reinhardt.

Olives, Pimm's on the rock, Americano ou menthe à l'eau, on revient dans une quinzaine de minutes.

Reprise en douceur, alors que Vincent Jézéquel a refilé sa gratte à un pote, Yvonnick Le Penven, qui passait par là, mais pas par hasard, Eden.

Ils embrayent sur une compo éthérée mixant le lyrique et le métronomique, Teck sirote un Beaujolais en admirant son collègue puis reprend son jouet pour le titre le plus météorologique de l'avant-soirée, le standard 'Nuages', un must au répertoire du gars de Liberchies.

Oui, CriCri, on y va, la soupe est chaude.

On quitte Barbizon, les barbouzes et les porcins à regret, mais notre hôte a promis de nous passer du Charlie Byrd à table.