[Critique série] BIG LITTLE LIES – Saison 2

Par Onrembobine @OnRembobinefr

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Titre original : Big Little Lies

Note:

Origine : États-Unis

Réalisatrice : Andrea Arnold

Distribution : Nicole Kidman, Reese Witherspoon, Shailene Woodley, Zoë Kravitz, Laura Dern, Meryl Streep, Adam Scott, James Tupper, Jeffrey Nordling, Kathryn Newton, Iain Armitage, Sarah Baker, Denis O’Hare, Alexander Skarsgård…

Genre : Drame/Thriller/Adaptation

Diffusion en France : OCS

Nombre d’épisodes : 7

Le Pitch :

Madeline, Jane, Bonnie, Renata et Celeste tentent de reprendre le cours de leurs vies après la mort de Perry, le mari de Celeste. L’arrivée de Mary Louise, la mère de ce dernier, qui cherche à savoir ce qui s’est véritablement passé lors de cette soirée, complique néanmoins les choses. Pour Celeste notamment, qui menace de perdre pied. Le point de départ d’une succession d’événements qui vont toucher les cinq amies et les forcer à reconsidérer des choses pour tout de même aller de l’avant…

La Critique de la saison 2 de Big Little Lies :

La première saison de Big Little Lies, l’adaptation du roman de Liane Moriarty, devait être la seule et l’unique. Mais le succès, couplé à la possibilité de toutes les actrices d’aligner leurs plannings pour rempiler, a forcément encouragé Jean-Marc Vallée et David E. Kelley à lancer une deuxième saison. Deuxième acte qui plus est approuvé par l’autrice, qui a souhaité participer à l’écriture du scénario. C’est ainsi que cette nouvelle salve de 7 épisodes reprend exactement là où les choses s’étaient arrêtées à la fin de la première saison, soit au moment où Celeste et ses amies doivent gérer la mort de Perry, le mari violent de Celeste, « accidentellement » tué lors de la fameuse soirée costumée. Un postulat idéal pour permettre à la série d’aller plus loin et d’explorer ses thématiques. Le tout, et c’est là que c’est fort, en allant de l’avant, sans faire de sur-place…

The Monterey Five

Cette saison 2 est marquée par l’arrivée de Meryl Streep. Et autant dire que la prestigieuse actrice n’a pas fait le déplacement pour enfiler des perles à tel point qu’il n’est pas déraisonnable de classer sa performance parmi les meilleures de sa carrière. Ce qui, quand on regarde son C.V., veut vraiment dire quelque chose. Meryl Streep dont l’arrivée permet à Big Little Lies d’enchaîner avec beaucoup de fluidité sur une intrigue bien sûr liée à celle de la première saison mais aussi porteuse de problématiques encourageant l’émergence d’une émotion à fleur de peau. Les rapports parents-enfants sont plus que jamais au centre de la série, qui continue aussi d’aborder les difficultés éprouvées par les femmes pour s’imposer dans un monde encore dominé par les hommes. La faillite du mari de Renata, qui entraîne cette dernière, pourtant maîtresse d’une brillante carrière, dans sa chute, l’échec du mariage de Madeline, l’incapacité de Celeste de totalement se détacher de l’influence de son défunt mari, les fantômes d’un passé violent amenés à ressurgir dans la vie de Bonnie, le traumatisme de Jane… Le scénario explore plusieurs pistes à la fois en adoptant cette fois-ci une progression différente. Alors que le premier acte se focalisait sur une tragédie au départ gardée secrète mais identifiée comme la ligne d’arrivée de la saison (l’accident ayant conduit à la mort de Perry), le second se montre plus linéaire de prime abord mais multiplie aussi les évocations, au fil de plusieurs flash-backs et autres images symboliques afin de casser une certaine routine de narration.

De l’autre côté du pont

Modèle de découpage, de montage, de mise en scène et de jeu, Big Little Lies relève avec brio le défi posé par la première saison et ne cesse, 7 épisodes durant, de justifier la mise en chantier de cette deuxième saison. Si Meryl Streep apporte à n’en pas douter de la fraîcheur, précipitant un éclatement aux conséquences multiples pour l’existence de tous les protagonistes, elle ne fait de l’ombre à personne, s’intégrant à merveille dans la dynamique globale qu’elle fait rapidement sienne. Bien sûr, son rôle l’amène à partager des scènes incroyables avec Nicolas Kidman mais ses interactions avec Reese Witherspoon, Laura Dern et Shaileney Woodley valent aussi largement qu’on les salue. De toute façon, ici, tout le monde est au taquet. Avec une sensibilité à fleur de peau, chaque actrice tire pleinement parti de sa partition, profitant pour explorer une palette d’émotions face à laquelle il est difficile de rester indifférent.

On sait que le boulot ne fut pas de tout repos pour la réalisatrice Andrea Arnold, qui ici, prend la suite de Jean-Marc Vallée à la réalisation. Vallée, toujours présent en qualité de producteur, ayant pas mal remanié son travail en salle de montage. On pourra alors regretter que cela ait eu pour conséquence d’amoindrir l’impact du travail d’Andrea Arnold mais malgré tout, cela à aussi certainement joué sur la cohérence que cette saison 2 met en avant par rapport à la précédente. Quoi qu’il en soit, la cinéaste a parfaitement su gérer ses acteurs, ainsi que son environnement, à nouveau sublimé. Que ce soit les plages de Monterey, les récifs de Big Sur et ce magnifique Bixby Bridge, point de convergence incontournable de toute la série. Des lieux garants d’une poésie s’imbriquant parfaitement avec des enjeux puissants, dans un grand élan évocateur au lyrisme brut dévastateur.

En Bref…

Aussi aboutie sur un plan purement graphique (photographie superbe, mise en scène à la sensibilité extrême, montage virtuose), que narrativement parlant, cette saison 2 sait pousser l’émotion encore plus loin que la première. Les actrices à nouveau incroyables, devant composer avec l’arrivée d’une Meryl Streep prodigieuse dans la peau d’une belle-mère en souffrance, au sein d’une histoire jamais poussive, sans cesse mesurée et toujours redoutable de pertinence. Une grande réussite.

@ Gilles Rolland

Crédits photos : HBO