Le musée Cognacq-Jay : la collection d’art français du XVIIIème siècle d’Ernest Cognacq & Marie-Louise Jay

Par Parisiennenord @ParisienneNord

Il y a près de 10 ans, j’avais déjà consacré un court article au musée Cognacq-Jay. Après l’avoir visité à nouveau l’année dernière, j’ai voulu revenir sur ce musée de la ville de Paris qui mérite le détour.

Ernest Cognacq, fondateur de la Samaritaine, a commencé à exposer ses collections dès 1925, de manière temporaire, au sein de la Samaritaine de Luxe, une annexe du grand magasin, située boulevard des Capucines. Le musée actuel regroupe des oeuvres du XVIIIème siècle acquises par Ernest Cognacq et son épouse, Marie-Louise Jaÿ, entre 1900 et 1927. A sa mort en 1928, Ernest Cognacq lègue sa collection complète à la Ville de Paris, qui ouvrira le musée en 1929 dans un bâtiment jouxtant la Samaritaine de Luxe.
La préface du premier catalogue du musée, rédigée en 1929 par Seymour de Ricci, un historien d’art montre bien l’objectif de ce musée :
Ernest Cognacq n’avait pas la prétention, comme collectionneur, de rivaliser avec les grands musées de la Capitale. De même que sa modestie naturelle ne lui fit jamais souhaiter de résider dans un palais, de même il voulut pour ses collections, un cadre dont les dimensions restreintes pussent conserver à ses oeuvres d’art l’atmosphère d’intimité dont il avait aimé à les entourer. C’est ainsi que, dans trois étages de hauteur moyenne, le visiteur du musée Cognacq-Jay trouvera réuni un ensemble artistique, où il ne devra pas chercher les vastes toiles et les grands meubles d’apparat qu’on admire dans les immenses galeries du Louvre et de Versailles, mais il aura la joie de découvrir, dans un entourage harmonieux, tout ce qui, suivant une expression heureuse, constituait au XVIIIème siècle le décor artistique de la vie française. Le musée Cognacq-Jay, sous ce rapport, complétera heureusement les grands musées parisiens et prolongera, dans un esprit identique, les précieuses séries du musée Carnavalet.

Après la cessation d’activités (1981) puis la vente (1983) de la Samaritaine de Luxe, la Ville de Paris décide de transférer les collections sur un nouveau site : l’Hôtel Donon, une demeure du XVIème siècle située dans le quartier du Marais et dont le premier propriétaire, Médéric de Donon était contrôleur général des bâtiments du Roi. La Ville de Paris en a fait l’acquisition en 1974, puis le restaura afin d’accueillir le musée Cognacq-Jay. L’organisation des espaces du musée a évolué au fil des années pour finalement présenter les expositions temporaires au premier niveau du musée et les collections permanentes dans les autres espaces.

Les collections d’Ernest Cognacq permettent de mettre en situation un décor du XVIIIème siècle, dans de petits espaces tels qu’il le souhaitait et comme le précisait Seymour de Ricci dans le premier catalogue du musée.
J’apprécie toujours autant la visite de ce musée qui permet de présenter la décoration intérieur des habitats au XVIIIème siècle. Lors de la visite, on a l’impression de visiter une demeure de cette époque. C’est un bond dans le temps et l’histoire.
Autre avantage : l’accès aux collections permanentes du musée Cognacq-Jay, comme pour tous les musées de la Ville de Paris, est gratuit. Alors autant en profiter!
Musée Cognacq-Jay8 rue Elzévir, Paris 3eM° Saint-Paul
Ouvert du mardi au dimanche, de 10h à 18h. Fermé le lundi et certains jours fériés.
Crédit photos : ©La Parisienne du Nord