Si les Canadiennes le voulaient de Laure Conan

Par Lagrandestef

Si les canadiennes le voulaient,
de Laure Conan

1ere publication 1886
66 pages
Théâtre, Canada, Québec

Résumé éditeur (source bibliothèque numérique TV5 Monde)
Craintifs devant l'anglicisation de leur société et désireux de voir les Canadiens-Français s'affirmer comme le " peuple le plus noble de la Terre ", les personnages de ce huis-clos théâtral discutent du rôle de la femme dans l'exacerbation du sentiment national. Parce que " la source du patriotisme est au foyer " et que " c'est dans la famille que se prépare l'avenir des nations ", cette conversation entre une femme inquiète de l'anglicisation et un homme politique désillusionné se déroule sur fond de campagne électorale à Québec en 1885. Une chronique des enjeux politiques de l'époque.
Mon avis rapide


Ecrite en 1886 par l'auteure canadienne-française (québécoise) Marie -Louise Félicité Angers, dite Laure Conan, cette pièce de théâtre en un acte met en scène trois personnages (un homme, M. Vagemmes, et deux femmes Mme Dermant et sa nièce Melle de Vair).
L'action, en huis-clos, se déroule au Québec en octobre 1886, dans la maison de Mme Dermant dans un contexte post-éléctoral - ( on peut supposer que l'auteure fait référence aux élections générales québécoises du 14 octobre 1886 - 6eme législature ) et consiste en un dialogue entre ces 3 personnages .
Ils abordent entre autres les thèmes du patriotisme , des aspirations culturellement différentes des anglophones et des francophones ,de l'affaiblissement du sentiment national et du rôle de la femme dans son exacerbation , de l'affaissement de la morale en politique,... des sujets finalement assez contemporains.
Cette pièce se lit plutôt facilement . Certaines répliques m'ont fait sourire ( p 8 " Il parait que les hommes publics passent d'un camp à l'autre comme les moutons sautent d'un champ dans l'autre pour avoir plus d'herbe").
J'ai eu quelques difficultés cependant à entrer dans le fond du sujet ,probablement dues à mes lacunes culturelles portant sur la société québécoise de cette époque .
Pour finir, malgré le fait que l'auteure de cette pièce ait été une femme et que les personnages féminins aient été majoritaires (2/3), le déterminisme social est particulièrement présent à cette époque de fin XIXe : ainsi la plus grande partie du texte est attribué au personnage masculin.
Une lecture agréable