#2020RacontePasTaVie - jour 51, les séries policières françaises

Publié le 20 février 2020 par Aymeric


Je ne sais plus si je vous en ai déjà parlé mais je regarde beaucoup de (médiocres) séries policières françaises.

Et d’avoir sorti le je d’emblée m’empêche dès lors de convoquer l’ami dont je vous parlais pas plus tard qu’hier.
Gageons que les occasions ne manqueront pas de l’évoquer, son bon dos ayant certainement d’autres occasions de servir.

Certains jours de désœuvrement, principalement le dimanche, l’envie me prend de m’ingurgiter de mauvais feuilletons comme on se goinfre de cochonneries.
Ayant quand même quelques préférences, même dans les cochonneries, l’accès à la fonction replay des chaînes de télé m’a permis de trouver mon bonheur au lieu de m’hypnotiser dans un zapping incessant ne s’arrêtant sur rien.
(Mais, par là-même, il a sans doute aussi dû augmenter mon temps passé, apathique, devant l’écran.)

Mais, corrigeons : il y a tout de même des cochonneries qui ne méritent pas ce nom et tiennent davantage d’une blanquette de veau, d’un bœuf bourguignon ou d’une soupe à l’oignon que du sandwich américain ou du kebab.
Je pense particulièrement aux Maigret incarnés par Bruno Cremer dont je me souviens avoir dit du bien à plusieurs reprises.
Une des grandes qualités de cette série est de nous présenter à quasi tout coup une tête qu’on est ravi de voir (Lonsdale, Chicot, Roussillon…).
Et il y a une lenteur épaisse, un bleu gris minéral de petit matin permanent que la coproduction tchèque (qui abrita certains tournages), un épisode finlandais et le recours à un réalisateur polonais surent entretenir savamment.
Le magnifique et vénéneux thème de Laurent Petitgirard – calqué sur les premières mesures de l’Introduction au Sacrifice, le deuxième tableau du Sacre du Printemps de Stravinski – enveloppe et s'immisce partout comme le vaste dos recouvert de tweed du granitique acteur principal.

Ça c’est pour une forme de haut du panier mais il arrive parfois que, préférences ou offres du moment, on choisisse des nourritures plus industrielles, du type « rapide » et dont les défauts sont parfois même ce que l’on recherche.

Exemplaire de cette catégorie, la série Section de Recherches, aux coups de théâtres appuyés, à la réalisation n’oscillant qu’entre le quelconque et le tape-à-l’œil cheap. Mais j’y apprécie et m’amuse des crimes différents tous commis dans la même maison luxueuse avec piscine (autant rentabiliser la location, en même temps), des acteurs qui d’un épisode à l’autre alternent les rôles de témoin, victime ou criminel, des longues explications de l’enquête faites par téléphone – me donnant l’occasion de crier plusieurs fois de mon canapé « Bernier téléphone ! » (le personnage principal, capitaine de gendarmerie) – ainsi que des apparitions de présentateurs ou de vieilles gloires des années 80 (Elsa, Valérie Kaprisky).
Et puis, indulgence et affection nées d’une longue fréquentation m’obligent à dire que, malgré la mise en scène pataude évoquée plus haut, une certaine modestie scénaristique qui semble souvent assez proche du quotidien d’enquêtes criminelles rend la chose pas tout à fait antipathique.

Dans un registre très voisin mais avec des qualités très différentes, il y la série Profilage, souvent lourde d’effets scénaristiques mais portée par une actrice formidable de bizarrerie touchante.
Associée à un robuste taiseux ainsi qu’à un second rôle comique du type « petite livrée » fort bien écrit et interprété, elle était pour beaucoup dans l’intérêt de la série.
Quelques bonnes idées ou choix de décor – le faux commissariat Quai de la Tournelle – ainsi que de savantes références glissées visuellement ou au hasard de dialogues – par ce qu’il me plaisait d’imaginer comme quelques soldats de l’écriture télévisuelle passés auparavant par des formations cinématographiques ou littéraires – participaient au charme.
Mais les renouvellements de casting ont fini par miner l’intérêt.

Je pourrais aussi parler de Balthazar, feuilleton moyen ni vraiment bon, ni vraiment mauvais mais qu’enchante le charme de Tomer Sisley, ou de Munch série qui associe, pas très bien, l’invraisemblance et le très convenu mais que la présence de l’immense actrice Isabelle Nanty sauve. D’autant qu’elle semble régulièrement être elle-même à la baguette de séquences improvisées assez réussies. La réalisation a eu l’intelligence de réaliser (sic) qu’elle pouvait bien davantage s’appuyer sur ses acteurs que sur ses auteurs.
Et sans doute faudrait-il aussi aborder quelques cousins d’Amérique comme Castle (je confesse une forte affection pour le couple formé par Stana Katic et Nathan Fillion) mais le temps presse et votre patience s’use.