Exposition “Twilight zone” Thierry Carrier – Toulouse 2020

Publié le 22 février 2020 par Philippe Cadu

Du 28 février 2020 au 30 avril 2020 - Vernissage vendredi 28 février à partir de 18h30

www.atelier-imagerie.com

Thierry Carrier est né en 1973 à Bort-les-Orgues. Il vit et travaille aujourd'hui dans le Lot. Entre tradition et contemporanéité, les peintures à l'huile figuratives de Thierry Carrier représentent des mises en scènes dramatiques où la palette et les techniques traditionnelles côtoient des compositions cinématographiques.

Autoportraits, portraits de ses proches ou de ses enfants,

ou encore visages émergeant de l'imagination, ces représentations ne sont plus spécifiques à un individu mais deviennent des personnages symboliques, supports de projections. Dans ses peintures, une solitude inhérente à la condition humaine moderne se manifeste par un personnage décontextualisé ou encore par une mise en scène comme un décor de théâtre.

Aucun mouvement, peu d'expression... Les figures sont figées tel des masques, dont les atmosphères ne sont pas sans rappeler les inspirations du peintre pour le cinéma de Wim Wenders.

Les forts contrastes de lumières, les jeux d'effacements, de flous et d'inachevés montrent et dissimulent la représentation, créant un rapport énigmatique à l'image. Parfois les personnages s'absentent pour ne laisser qu'un paysage, une pièce, comme la matérialisation d'un vague souvenir, le témoignage d'une présence au moment disparu.

L'exposition " Twilight zone " sonne comme une métaphore, une part d'obscurité et d'inconscient dont les rêves et les peintures de Thierry Carrier, deviennent les signes à interpréter. Les décors, vêtements et accessoires convoquent des narrations oniriques où les thématiques de l'enfance, de la solitude et de l'identité se côtoient

A contre courant de l'idée de portrait, Thierry Carrier nomme - ou plutôt titre - ses figures par des codes et des chiffres, comme dans un inventaire, les maintenant dans une forme d'anonymat. Les matières et les gestuelles affirmées, appliquées sur les visages et les mains de ses portraits, masquent encore l'identité des modèles pour les investir en temps que personnages, par un maquillage relevant presque d'un rituel mystique.

Portraits qui se nient en tant que tels, figures de fantaisie, répertoire de personnages énigmatiques, scènes et paysages vides témoignant d'une présence passée... L'ambiguïté persiste dans ces peintures silencieuses qui interpellent le spectateur par la qualité picturale de la représentation, le rapport d'échelle, la variation des points de vues et les interprétations infinies que suscitent ces images. Comme un plongeon dans l'Histoire de la peinture et dans l'inconscient Humain.