Essai Audi A6 allroad : quadrature du cercle

Publié le 11 septembre 2020 par Caroom Guide Auto @Caroom_fr

A vouloir jouer sur tous les tableaux, on n'en oublie souvent les fondamentaux. Mais en 20 ans de carrière, l'Audi tout-chemin a eu tout son temps pour peaufiner sa recette et revenir avec de sacrés atouts à faire valoir. Découvrez notre essai auto de l'Audi A6 allroad.

Qui aurait cru que le concept séduirait autant ? Sur le papier, convertir un break rangé en véhicule capable de crapahuter hors du bitume sur des sentiers défoncés s'adresse à priori à quelques rares clients plus qu'à l'acheteur moyen d'Audi A6. Et pourtant, les chiffres parlent d'eux-mêmes : 80 % des A6 immatriculés en France sont des Avant, c'est à dire en carrosserie break. Et sur ces 80 %, 60 % sont vendues en version allroad. Cette dernière n'est donc rien de moins que la déclinaison préférée du modèle dans l'Hexagone ! Heureux hasard ? Pas vraiment, tant l'Allemande s'est perfectionnée au fil des générations pour devenir plus aboutie que jamais.

Extérieur et côté style de l'A6 allroad

Un constat qui démarre à l'extérieur. Vous vous souvenez des imposants sabots de protections des premières version de l'allroad, au début des années 2000 ? C'est de l'histoire ancienne. Le break a su évoluer avec son temps et propose désormais une silhouette des plus discrètes, que seuls quelques mordus de la marque aux anneaux sauront reconnaître au premier coup d'oeil. Même les arches de roues en plastique contrasté ne sont plus obligatoires ! Il est possible de les avoir peintes d'une couleur contrastées ou bien peintes couleur carrosserie, pour peu que vous sélectionniez l'une des teintes extérieures compatibles.

L'allroad conserve tout de même une garde au sol surélevée par rapport à une A6 classique, qui est sa marque de fabrique. Pour le reste, on peut compter sur des optiques à LED agressive à souhait, des bas de caisse en alu frappés du logo quattro ou encore des jantes allant du 19 au 21 pouces. Une barrette chromée court sur toute la largeur de la malle de coffre, entre les feux arrière.

Intérieur et habitabilité

Que l'on aime ou pas le style intérieur, impossible de ne pas reconnaître que la présentation en jette. Avec ses deux énormes écrans tactiles sur la console centrale assortis d'un Virtual Cockpit en lieu et place de compteurs traditionnels, l'A6 allroad donne l'impression d'être à bord d'un vaisseau spatial. Cette débauche technologique a deux avantages : premièrement, Audi se passe ainsi de beaucoup de boutons et autres commodos, et la présentation s'en retrouve ainsi grandement allégée. Deuxièmement, ce minimalisme et les écrans renforcent le sentiment de se trouver dans une auto cossue. Mais il y a tout de même des inconvénients. Non seulement l'ergonomie en prend pour son grade avec un temps d'apprentissage important pour connaître par cœur toutes les fonctions des systèmes, mais la sécurité n'est pas non plus à la fête. Il faut ainsi obligatoirement quitter la route des yeux pour régler la climatisation par exemple, alors qu'une molette rotative crantée est infiniment plus facile à manipuler par simple tâtonnement.

Il faudra donc s'y faire, mais il serait mesquin de ne pas admettre que la qualité globale n'est pas impressionnante. Le retour haptique des écrans rappelle l'utilisation d'un smartphone haut de gamme, les ajustements et les matériaux employés sont irréprochables, même la sono Audi livrée de série est de bonne facture et n'impose pas le recours à l'une des deux options Bang & Olufsen, bref, l'allroad vise le haut du panier. L'espace à bord est conséquent, à l'avant comme à l'arrière, tandis que le coffre revendique 565 l de chargement.

Que vaut l'Audi A6 allroad sur la route ? Essai en conduite

Le meilleur atout de l'allroad, c'est sa suspension pneumatique paramétrable. La garde au sol standard est de 139 mm. Elle peut grimper à 169 mm en mode Off-Road, une hauteur qu'elle tient jusqu'à 80 km/h pour évoluer sereinement sur des chemins de traverse. Un lift qui surélève encore un peu plus la garde au sol jusqu'à 184 mm est aussi disponible à basse vitesse, c'est-à-dire en dessous de 35 km/h, pour les obstacles plus importants. Pas de quoi faire de l'allroad une franchisseuse hors-pair, mais largement assez pour la faire passer là où une A6 classique aurait déjà défoncé ses soubassements. Enfin, en mode Dynamique, la garde au sol descend à 124 mm, une hauteur à laquelle l'allroad s'abaisse automatiquement au-dessus de 120 km/h, pour favoriser l'aéro. Entre ce centre de gravité plus bas et l'utilisation de roues arrière directrices, la conduite prend alors une toute autre dimension.

Vous la pensiez pataude et réfractaire à toute injonction sur des routes de cols ? L'allroad vous file au contraire le sourire avec un comportement rigoureux, un roulis limité et une agilité insoupçonnée. Le sous-virage est tout bonnement inexistant aux allures légales, tandis que l'adhérence prodiguée par la transmission intégrale quattro (type Torsen), sous réserve que vous ayez de bons pneus, est sidérante pour une auto de ce gabarit. Mieux, la répartition du couple privilégie par défaut le train arrière, avec seulement 40 % du couple sur l'essieu avant. Réussir à ce point le grand écart révèle une maîtrise parfaite de la part des ingénieurs d'Audi, qui livrent une copie impressionnante. La cerise sur le gâteau ? Le confort est royal !

L'A6 allroad est disponible avec un V6 essence 3.0 de 340 ch et un V6 diesel 3.0 décliné en trois niveaux de puissance : 231, 286 et 349 ch. Nous avons roulé avec le mazout de puissance intermédiaire, baptisé 50 TDI. Coupleux mais souple, relativement discret mais capable, il est parfait pour aligner les kilomètres tout en faisant preuve de bonnes performances quand le besoin s'en fait sentir. Il se montre même raisonnable à la pompe, avec une moyenne comprise entre 7,5 et 10 l/100 km suivant la lourdeur de votre pied droit. Son seul vrai défaut ? Il est attelé à une boîte tiptronic à 8 rapports qui manque de réactivité, notamment lors des kick-down. Il y a une latence sensible entre le moment où l'on enfonce la pédale d'accélérateur et le rétrogradage d'un ou deux rapports, qui est différente de la simple mise en pression du turbo. Rien de rédhibitoire, mais l'on aimerait simplement que la boîte soit un peu plus alerte. On peut toutefois passer par les palettes au volant pour prendre la main sur la gestion automatique.

Notes et avis sur l'essai de l'Audi A6 allroad

Esthétique

⭐️⭐️⭐️⭐️

Il n'y a que l'embarras du choix pour se concocter une configuration plus ou moins voyante d'allroad. Quant au break A6 en général, il est massif mais élégant.

Conduite

⭐️⭐️⭐️⭐️

Chapeau bas aux ingénieurs pour avoir concocté un break aussi versatile, à la fois confortable, dynamique mais aussi capable d'aller se salir dans les champs.

Praticité

⭐️⭐️⭐️⭐️

Rien à signaler au niveau de l'habitabilité, bien suffisante. Le coffre, s'il n'est pas sans fond, est de tout de même bien assez vaste au quotidien.

Rapport Qualité/Prix

⭐️⭐️⭐️

Comme souvent chez Audi, la facture n'est pas anodine, mais l'allroad offre de telles prestations que le prix ne semble pas injustifié.

Bilan de notre essai de l'Audi A6 allroad

Il y a peu d'autos capables de prétendre en faire autant que l'Audi A6 allroad. Il y a plus sportif, plus beau, plus pratique, plus tout ce que vous voulez. L'allroad est une sorte de synthèse, qui réussi avec brio à conjuguer praticité, capacité en tout chemin et dynamisme au volant. Pour cela, son prix d'appel de 65 810 € n'est pas affolant (finition A6 allroad, V6 diesel 231 ch), même s'il faudra bien évidemment plutôt compter en 80 000 et 90 000 € pour un modèle bien équipé comme l'exemplaire immaculé de cet essai. En l'absence de Mercedes Classe E All Terrain actuellement, puisque cette dernière est en attente de restylage, il n'y à guère que la Volvo V90 Cross Country (à partir de 59 300 € avec un 4-cylindres diesel de 190 ch) qui puisse prétendre en offrir autant que l'A6 allroad, avec toutefois l'agrément mécanique en moins, et des capacités dynamiques plus modestes.