Pour un soft opening.

Publié le 04 octobre 2020 par Fouzi53 @fouzi53

Nous entamons le 8eme mois d’inactivité pour la majorité des entreprises touristiques, tous métiers confondus et mis à part la signature du contrat programme en Aout dernier qui a apporté une bouffée d’oxygène, il n’a pas vraiment de visibilité quant à une prochaine reprise du secteur.

La situation épidémiologique actuelle empire de jour en jour, pas seulement au niveau de notre destination, mais dans le monde entier et plus particulièrement dans les bassins émetteurs traditionnels à savoir , la France, L’Espagne et le Royaume Uni pour ne citer que les cas saillants. Autant dire qu’à part un miracle , l’année touristique 2020 passera à la trappe, et avec elle, malheureusement un certain nombre d’entreprises touristiques à travers le monde. Le Maroc ne fera pas exception.

Le produit touristique est éphémère et s’il n’est pas consommé, il est perdu à jamais. Contrairement aux autres industries qui peuvent stocker en attendant des jours meilleurs, ou s’adapter à la situation, (cas du textile avec les masques & l’aéronautique avec les respirateurs), le tourisme c’est du périssable et nos entreprises ont déjà payé un lourd tribu depuis le début de cette pandémie et seront dans l’incapacité de tenir plus longtemps.   

L’industrie du tourisme, ou de l’hospitalité, comme certains se plaisent à la nommer, a des prérequis  pour pouvoir s’exprimer pleinement : la sérénité, la sécurité, la confiance et la disponibilité. Or, par les temps qui courent, aucune de ces particularités n’est remplie et rien , ni personne apparemment, ne peut les garantir. Il va donc nous falloir les susciter, si nous voulons tirer notre épingle du jeu et faire en sorte que notre destination reste dans les radars,  qu’elle retrouve sa position dans l’échiquier mondial et que nos entreprises reprennent du service.

Comment ?

L’idéal serait une ouverture totale des frontières, mais nous devons être réalistes, cela ne sera possible que lorsqu’on pourra assurer la sécurité sanitaire aussi bien de nos visiteurs que de nos concitoyens. En clair trouver un vaccin ou une thérapie efficace. Or tout le monde s’accorde à dire que ce n’est pas pour demain et en attendant,  le virus se propage très vite et on parle déjà d’une deuxième vague qui va certainement coïncider avec la grippe saisonnière.

On ne peut donc décemment pas,  prendre le risque d’ouvrir à tout va et on devrait se contenter pour le moment de l’ouverture partielle qui a été consentie dans le cadre des voyages professionnels et l’élargir petit à petit aux voyages de loisirs en fonction de la maitrise de l’épidémie  dans chaque pays.

A ce stade, nos régions touristiques ont  une carte importante à jouer en mettant en place des protocoles sanitaires voire un label à même d’assurer la sécurité sanitaire , pas seulement dans les unités d’hébergement, mais tout au long du parcours client. Ce qui suppose une vigilance accrue à tous les niveaux et donc opter pour un périmètre prédéfini qui pourra être élargi, en fonction de l’engagement de la population  à respecter  les règles du jeu. Ceci nécessite une mobilisation générale et une inclusion totale. Il faut se mettre dans la situation d’un pays qui veut organiser la coupe du Monde de Football et qui doit donc assurer au maximum pour être short listé et peut être retenu.

Mais nous n‘en sommes pas là, malheureusement et à défaut de coupe du monde, préparons-nous à accueillir nos touristes en transformant leur besoin de s’évader par l’envie de découvrir, de nous découvrir en toute confiance et dans la sérénité. Oui, il y a des touristes qui adoreraient visiter notre pays qui n’a rien perdu de son attractivité.

Pour cela, nous devons donc apprendre à vivre avec le Coronavirus, non pas en étant dans le déni ou la théorie du complot, mais en connaissance de cause et avec toute la responsabilité qui nous incombe. Mettons à contribution tous les établissements sanitaires et tous les soignants, publiques et privés, vulgarisons le test et respectons les gestes barrières ainsi que la distanciation physique.

Je suis intimement persuadé que pour relever ce challenge, nous sommes dans l’obligation de changer de paradigme, en commençant par notre produit qui doit répondre aux nouvelles exigences du moment et se réinventer de manière radicale. Le digital nous permettra de mieux nous positionner tant en amont qu’en aval de l’expérience client afin de capitaliser sur les acquis et promouvoir les nouveautés. Certaines de nos  régions ont déjà commencé, d’autres sont en cours de transformation, et il ne s’agit nullement de compétition mais plus de stimulation car l’offre marocaine doit être multiple, diversifiée et complémentaire.

La reprise sera lente car dépendante des marchés et de leur capacité aussi à composer avec le coronavirus à défaut de s’en débarrasser. Elle sera difficile et longue avant de retrouver sa vitesse de croisière. Le plus important sera de redémarrer quitte à faire un soft opening en attendant des jours meilleurs.