Pépita, voyage en méditerannée.

Publié le 11 octobre 2020 par Pascal Iakovou @luxsure

Il y a quelques jours, nous nous dirigions au quartier latin pour un voyage culinaire en Méditerranée. Pépita fut une belle découverte. Les plats soignés, la carte séduisante et créative, les cocktails très bons, tout ça pour bon rapport qualité prix. Une bonne adresse !

Après trois tables en hommage à sa Corse natale, l'Alivi, chez Minnà et Alma, Saveriu Cacciari s'installe avec Pépita dans le Quartier Latin. Une néo-brasserie avec la Méditerranée pour horizon, qui propose une carte colorée et fraîche dans un décor convivial de taverne chic. Embarquement immédiat. Dépaysement garanti

En espagnol comme en italien, " pepita ", c'est la pépite. Un mot qui revient souvent dans la bouche de Saveriu Cacciari, dénicheur de talents, de produits et de lieux.
Pépita, c'est le nom qu'il a choisi tout naturellement pour son quatrième restaurant parisien, après l'Alivi, Chez Minnà et Alma. Un moment important dans sa carrière d'entrepreneur.
Pour la première fois, " Save " regarde un peu au-delà des frontières de sa terre natale, la Corse. Il embrasse tout le monde méditerranéen dans un restaurant lumineux et chaleureux, à travers une carte joyeuse et voyageuse. Au cœur du Quartier Latin, avec pignon sur le Boulevard Saint-Germain, Pépita se prête à toutes les envies, en terrasse (30 couverts), dans la salle en rez-de-chaussée (36 couverts) et dans un espace privatisable au sous-sol (40 couverts). Dans cette néo-brasserie méditerranéenne, le cabinet DOD (Alma, Bouillon Pigalle, Uno, Triplettes, Combat) a conçu un décor qui sent bon la dolce vita, le Sud tel qu'on l'aime, tons et matières chaudes, tommettes de terre cuite, brillantes et mates, bois brut et recyclé, marbre et rotin, objets chinés, comptoir en laiton et un rafraîchissant plafond végétal qui vaut le détour presque à lui seul. On est à la fois dans une cabane de berger du maquis corse ou dans une fermette de l'arrière-pays aixois, les racines de " Save ", mais aussi dans une maison de pêcheur sur la côte d'une île grecque, dans le patio d'une villa de Toscane ou dans la salle à manger d'une hacienda espagnole. L'endroit idéal pour un verre, une salade sur le pouce, un repas généreux, un brunch dominical ou une soirée jazz endiablée. Entrez, faites comme chez vous, Pépita vous ouvre les bras.

SAVERIU CACCIARI - La Corse à Paris

Corse par son père, Aixois par sa mère, c'est à Bastia que Saveriu Cacciari grandit. Gamin, il baigne dans l'univers de son grand-père grossiste. Il s'en souviendra plus tard. Entre temps, il étudie le commerce et la finance, sans grande conviction. Il a des envies d'ailleurs. Il s'envole pour l'Australie avec son anglais balbutiant et ses rêves de soleil, d'océan et de grands espaces. Il se retrouve livreur, déménageur, serveur, moins sexy mais formateur. Courageux, travailleur, maîtrisant désormais la langue de Hugh Jackman, il finit par gagner la confiance d'un organisateur de réceptions et de banquets qui en fait l'un de ses managers. En 2008, la proposition de son oncle tombe à pic. " Petit, veux-tu reprendre l'Alivi ? " Prêt à montrer ce qu'il sait faire, " Save " dit banco. Il redémarre au bas de l'échelle, apprend le métier pour finalement racheter le lieu. Sans s'enflammer, il stabilise l'activité, s'entoure des bonnes personnes. À l'image de son mentor australien, il donne sa chance à ceux qui font la différence, à la motivation, à l'envie, peu importe les diplômes et les expériences. En 2016, il poursuit son développement en ouvrant Chez Minnà, toujours aussi corse dans l'âme et dans l'esprit. Avec Alma, encore un bistrot inspiré par son île chérie, lancé en septembre 2019, puis Pépita, son nouveau bébé, il accélère le mouvement, sans perdre sa préoccupation première : l'humain. Ce qu'il aime par-dessus tout, ce sont les rencontres avec les mangeurs qui s'attablent chez lui, surtout ceux qui arrivent un peu maussades et repartent " avec la banane ".

LA CUISINE - Plus qu'une trattoria

On ne présente plus les vertus du régime méditerranéen, à base de fruits, légumes, légumineuses, herbes aromatiques et huile d'olive, mais aussi des œufs, des produits laitiers, du poisson et du vin en quantité raisonnable, et un peu de viande. Voici parfaitement résumé l'esprit de la carte de Pépita, avec son accent italien prononcé, mais pas que. Les produits sont minutieusement sourcés, tracés, naturels, bios chaque fois que possibles. La carte des jus de fruits pressés minutes, celle des vins sains et des bières artisanales, affichent les mêmes engagements. Burrata, gaspacho, pata negra 100 % bellota, cecina de bœuf, une douzaine de pizze, pas plus, des salades et des sandwiches aux saveurs transalpines de mortadelle, roquette, tomates confites, fior di latte, tallegio, parmesan ou pesto, mais aussi plus orientales, boulgour, grenade et houmous. La partition est jouée par un jeune chef au parcours atypique, Julien Bonci. " Animé et passionné " sont les deux mots qui le caractérisent. Après avoir travaillé dans le luxe, le monde de la nuit et la distribution d'alcools fins, puis dans la production de films et la mode, il s'est jeté à corps perdu dans la restauration, mixant ses influences et son parcours sans œillères ni barrières. Chez Pépita, c'est le collectif qui prime, chacun apportant sa pierre à l'édifice, ensemble dans la même direction. Laquelle ? Le plaisir de faire et faire plaisir. Ça paraît aller de soi mais ça demande beaucoup de conviction et de professionnalisme. Chez Pépita, on n'en manque pas.