Cancer du sein

Publié le 23 juillet 2008 par Marieclaude

Le cancer du sein est la multiplication incontrôlée de cellules anormales. C'est le plus commun des cancers chez les femmes ; il compte pour presque 30 % des nouveaux cas diagnostiqués. Au Canada, l'incidence est d'environ 20 % plus basse qu'aux États-Unis. Au niveau mondial, il s'agit également du cancer presque le plus commun. Il a été estimé que si la tendance à la hausse se maintenait, l'incidence annuelle mondiale de cancer du sein serait de plus de 1 million par année d'ici l'an 2000. Le cancer du sein est extrêmement rare chez l'homme.
Le cancer du sein est la deuxième cause de mortalité par cancer chez la femme et le taux de survie à 5 ans est de 73 % au Canada. Aux États-Unis, le taux de survie à 5 ans est passé de 63 % en 1960 à 80 % entre 1983 et 1989; cette amélioration est due aux changements survenus dans les tests de dépistage.

Causes
L'étiologie du cancer du sein demeure mal connue. Par contre, plusieurs preuves épidémiologiques, cliniques et expérimentales démontrent que les hormones y jouent un rôle majeur. Les hormones en tant que telles ne sont pas génotoxiques mais elles affectent le taux de division cellulaire qui a un rôle dans la genèse du cancer. Chez les femmes, les risques de cancer du sein semblent donc être déterminés en grande partie par l'exposition cumulative du sein à l'œstrogène et aux progestérones. La majeure partie de cette exposition s'accumule durant les années d'activité ovarienne.
Une puberté précoce (des menstruations avant l'âge de 12 ans), la nulliparité (aucune grossesse), une première grossesse après l'âge de 30 ans et une ménopause après l'âge de 50 ans constituent des facteurs de risques reliés à l'exposition aux œstrogènes. Ainsi, des menstruations tardives et une ménopause hâtive peuvent expliquer jusqu'à 80 % de la différence du taux de mortalité par cancer du sein entre le Japon et les États-Unis. Les Asiatiques ont un cycle menstruel plus long, un plus grand écart de temps entre les ovulations, ce qui fait qu'elles sont exposées à moins d'œstrogènes au cours de leur vie. L'apparition de nouvelles preuves, quoique encore spéculatives, suggèrent que les phytostrogènes peuvent influencer l'état hormonal en augmentant la longueur du cycle menstruel. Les aliments à base de soya, excellentes sources de phytostrogènes, pourraient contribuer à la diminution du taux de cancer du sein dans les pays asiatiques. D'un autre côté, les femmes ayant leurs premières règles avant l'âge de 12 ans avec l'établissement rapide d'un cycle régulier ont presque 4 fois plus de risques d'un cancer du sein que celles dont les règles ont commencé à l'âge de 13 ans et plus, accompagnées d'une longue période de cycles irréguliers.


Facteurs de risque
Le plus important facteur de risque démographique est le vieillissement. Jusqu'à l'âge de 50 ans le taux d'augmentation est très élevé; par la suite, il diminue de façon importante.
Également souvent cités comme facteurs de risques potentiels du cancer du sein, on retrouve: la vieillesse, les antécédents familiaux (mère, fille ou sœur avec un cancer du sein), certaines maladies bénignes du sein, plus d'une consommation alcoolisée par jour, un surplus de poids après la ménopause et un style de vie sédentaire. Revoyons ces éléments plus en détail.


L'histoire familiale de cancer du sein est associée avec une augmentation du risque de cette maladie. Particulièrement si l'histoire familiale comprend une femme atteinte du cancer à un jeune âge. Une femme ayant une histoire familiale de cancer du sein aura deux fois plus de risques d'en souffrir qu'une femme qui n'en a pas. Il représente la deuxième cause de décès chez la femme.
Globalement, on a observé un risque de 2 à 3 fois plus élevé chez les parents du premier degré des cas de cancer du sein et de 9 fois plus élevé chez les parents du premier degré de femmes préménopausées avec cancer bilatéral.
La totalité des facteurs de risques identifiés à ce jour comptent pour seulement environ le quart des causes possibles. Seuls 5 à 10 % des cancers du sein seraient reliés à des antécédents familiaux importants. Tout comme dans le cas de plusieurs autres maladies, le cancer du sein serait plutôt le résultat de lésions et micro-traumatismes répétés subis tout au cours de la vie.
De plus, le simple fait d'avoir son premier bébé après 30 ans plutôt qu'avant 20 ans multiplie par deux le risque de cancer du sein. Par contre, il y a diminution du risque de cancer du sein avec l'augmentation du nombre de grossesses. Et étonnamment, les femmes ayant une première grossesse à terme tardive ont un risque plus élevé de cancer du sein comparativement aux nullipares. Il a été estimé que les femmes ayant une ménopause avant l'âge de 45 ans ont seulement la moitié des risques que celles ayant une ménopause après l'âge de 55 ans. Un usage à long terme d'une hormonothérapie de remplacement (des ostrogènes exogènes) chez les femmes postménopausées augmente le risque de cancer du sein. Pour ce qui est de l'allaitement, il est de plus en plus présenté comme protecteur contre le développement du cancer du sein. L'effet bénéfique de l'allaitement prolongé provient du retard dans le rétablissement du cycle ovarien suivant une grossesse à terme.
La présence des maladies bénignes du sein telles que kystes chroniques et adénomes fibreux chez une femme augmente de 2 à 3 fois son risque de développer un cancer du sein.
Un apport quotidien d'une once d'alcool, quel qu'il soit, augmenterait de 40 à 70 % le risque de développer le cancer du sein. D'autres données suggèrent que les femmes buvant 3 consommations et plus de boissons alcooliques par jour ont 50 à 70 % d'augmentation du risque de cancer du sein en comparaison avec les non-buveuses. Tandis qu'une alimentation riche en matières grasses pourrait provoquer l'augmentation des fractions estrogéniques circulantes, l'estrone et l'estradiol, qu'on croit liées à l'apparition de la maladie. En fait, le taux d'estradiol libre est presque 4 fois plus élevé chez les femmes souffrant de cancer du sein Même si on établit une forte corrélation entre la consommation de graisses alimentaires et l'incidence du cancer du sein dans la population, les résultats des études demeurent contradictoires et aucun lien de cause à effet n'a pu être fermement établi.
En ce qui a trait au surplus de poids, l'obésité à l'adolescence, chez la jeune adulte et l'adulte offrirait une protection contre l'apparition du cancer du sein avant la ménopause. Mais l'obésité et la prise de poids après la ménopause augmenteraient le risque de développer ce cancer, étant donné qu'il y a une conversion accrue des androgènes en œstrogènes dans les tissus adipeux. Ainsi, chez les femmes de 60 ans et plus, la prise de poids de 10 kg entraîne une augmentation d'environ 80 % des risques de cancer du sein.
Le risque de cancer du sein est diminué de presque 60 % chez les femmes pratiquant au moins 4 heures et plus d'exercice physique durant leur période reproductive comparativement à celles qui sont inactives.
Symptômes et signes
Les premiers signes de cancer sont habituellement une anormalité décelable à la mammographie avant d'être détectable au toucher. Lorsque des signes et symptômes physiques surviennent, ils peuvent prendre la forme d'une irritation de la peau, d'une protubérance, d'un épaississement, d'une enflure ou d'une sensibilité au sein. Une douleur au sein est rarement un des premiers symptômes de cancer mais plus souvent celui d'une affection bénigne.
Traitements et prévention
Le traitement dépend de la gravité de la tumeur. L'ablation de la tumeur, la chimiothérapie et la radiothérapie sont des techniques couramment utilisées.

Afin d'éviter le cancer du sein, on devrait: faire un autoexamen des seins, subir un examen clinique des seins tous les deux ans dès l'âge de 40 ans et subir une mammographie tous les 2 ans après l'âge de 50 ans.
De plus, on peut raisonnablement conseiller aux femmes qui veulent prévenir l'apparition du cancer du sein de consommer des fruits et légumes frais en quantité; de réduire leur consommation en graisses, en particulier en graisses saturées; de s'efforcer de stabiliser leur poids (en perdre s'il y a un surplus et si postménopausées); d'être physiquement actives; de limiter la consommation de boissons alcoolisées, et ce, tout particulièrement aux femmes dont l'histoire familiale comporte des cas de cancer du sein. La consommation de vitamine A, de bêta-carotène, de fibres alimentaires et de vitamine C atténuerait le risque de cancer après la ménopause. L'effet des fibres sur la baisse des taux d'oestrogènes circulants reste toutefois à confirmer, car il pourrait surtout provenir d'une baisse simultanée de la consommation de graisses alimentaires. L'effet protecteur des fibres proviendrait de la réduction de la réabsorption intestinale des oestrogènes excrétés par le système biliaire.
Également, les approches possibles pour la prévention du cancer du sein exigent une compréhension détaillée des facteurs qui influencent le début, la régularité et la qualité du cycle ovarien. La prévention devrait donc se concentrer sur la réduction de l'exposition des seins aux oestrogènes et progestérones, soit en réduisant le nombre d'ovulation par une participation régulière à de l'activité physique modérée ou soit en réduisant le niveau d'hormones stéroïdes par l'augmentation du contenu en fibres de l'alimentation ou soit par des moyens pharmacologiques. Toutefois, jusqu'à ce que des avenues appropriées de prévention soient établies, l'approche la plus viable pour réduire le taux de mortalité par cancer du sein chez les femmes postménopausées est de subir régulièrement une mammographie et un examen physique chez le médecin.

Espérant que le tout puisse vous aider,

Bonne journée,

Marie-Claude

Référence: Service-vie.com