Il faut flinguer Ramirez, T2 : Acte 2

Par Belzaran

Titre : Il faut flinguer Ramirez, T2 : Acte 2
Scénariste : Nicolas Petrimaux
Dessinateur : Nicolas Petrimaux
Parution : Novembre 2020


Il faut flinguer Ramirez est une série qui avait fait du bruit lors de la sortie de son premier opus. Des critiques élogieuses, un succès public… Après l’avoir lu, j’avais rapidement partagé l’enthousiasme général. Scénarisé et dessiné par Nicolas Petrimaux, il s’agit d’un bel ouvrage fortement imprégné d’une atmosphère de film d’action. J’ai donc accueilli le second tome, intitulé sobrement Acte 2, avec joie et curiosité. Sans rentrer dans les détails, cette série s’adresse à un public plutôt adulte.

De l’action sans temps mort

Ramirez donnant son nom au titre de la série, il est logiquement le personnage central de l’intrigue. Il s’agit d’un héros des plus originaux. Il est muet, discret et son principal titre de gloire est d’être l’employé modèle et indispensable d’une entreprise fabriquant des aspirateurs. Il est un as pour réparer toutes les machines et joue un rôle indispensable à la bonne marche de la firme. Malgré ce talent hors-norme, il est quand même curieux de le voir être la cible de la pègre dont les membres sont prêts à tout pour l’éliminer…

Une des richesses du premier tome était son personnage principal. Il était intriguant. Les apparences montrent un homme discret voire transparent, attentionné avec son entourage. Pourtant l’attitude de tous les gangsters à son égard laisse supposer qu’il n’est pas ce qu’il semble être. Quels sont donc les cadavres qui hantent ses placards ? Qui est-il vraiment ? Ce nouvel album offre quelques pistes quant aux zones d’ombre de ce cher vendeur d’aspirateur. Mais je ne peux pas dire que les différentes révélations à ce propos aient intensifié ma curiosité. En effet, j’ai parfois eu le sentiment que l’auteur fait trainer en longueur le secret « Ramirez ». Peut-être aurait-il dû faire un autre choix : soit clarifier vraiment la situation soit mettre cet aspect de l’histoire en retrait pour porter l’attention du lecteur sur la chasse à l’homme qui rythme la narration…

A l’image du premier tome, le déroulé de ce deuxième acte est habitée d’une atmosphère très cinématographique. Les personnages, les décors, les événements… Tous les aspects s’inscrivent clairement dans une trame classique du septième art. Ce constat n’est pas un défaut. Cela donne une tonalité intéressante à la lecture car la recette est joliment exécutée. Cette chasse à l’homme donne lieu à des moments forts et intenses, à des rebondissements surprenants et captivants… Le « film » ne souffre pas de réel temps mort sur le plan pur de l’action. Du beau travail.

Il est évident que cette ambiance est particulièrement bien mise en valeur par les illustrations. Le trait de l’auteur colle parfaitement au ton de l’aventure. Le plaisir pris par Nicolas Petrinaux pour dessiner transpire de chaque planche et envahit la lecture. Que ce soit des scènes d’actions ou des moments plus intimistes, des comportements violents ou plein de douceurs, tout est imprégné d’une force qui offre un moment très divertissant de lecture.

Pour conclure, cet Acte 2 donne le sentiment d’être un tome de transition. Il entretient aisément le plaisir de retrouver ce héros pas comme les autres et sa course effrénée. Néanmoins, à aucun moment, l’intrigue ne change de braquet par rapport au premier épisode. Mais nul doute que le troisième acte offrira un feu d’artifice narratif qui me ravira au plus haut point…