Quel nouvel hôtel pour Avoriaz ?

Publié le 18 juillet 2021 par Go11

Récemment, Gérard Brémond, l’unique promoteur immobilier derrière Avoriaz depuis la création de la station, s'est un peu battu avec les autorités locales pour faire démarrer son nouvel hôtel, « Le Téléphérique », qui devrait ouvrir ses portes en décembre 2023. 

Si le style de sa station a toujours suscité de nombreux commentaires, bons et mauvais, la plupart d'entre eux ont été plutôt positif, car à bien des égards, l'architecture d'Avoriaz a toujours été considérée innovante et une alternative bienvenue par rapport aux projets résidentiels assez laids développés en vitesse un peu partout ailleurs dans les Alpes françaises. 

Au départ, chaque bâtiment était censé « se fondre » parfaitement avec son environnement de falaise accidentée, pour offrir un aspect mimétique et bien distinctif. Au fil des ans, ce projet aura été une source de revenus constants pour Brémond, qui aura 84 ans en septembre prochain et, qui je le suppose, aimerait ajouter encore quelques millions supplémentaires à sa fortune. 

C’est pourquoi, afin d’aller plus vite pour que cette manne rentre illico presto, il a viré Jacques Labro, le vieil architecte (86 ans) et son équipe qui étaient à l'origine du style incomparable d'Avoriaz, pour un nouveau styliste, dix ans plus jeune, qui s’appelle Jean Nouvel ; non, il n’a pas 20 ans contrairement à ce que ce nom pourrait évoquer ! 

Pour répondre à la demande du promoteur, Nouvel, dont l'œuvre comprend quelques bâtiments contemporains en France, en Espagne et en République tchèque, a concocté un espèce de bloc autant horrible qu’uniforme, là où se trouvaient le chalet Delfour et le Petit Vatel. Cet hôtel devrait, selon Gérard Brémond, « Être un projet de grande envergure dont l'architecture doit dialoguer et rompre avec l'environnement ».

C'est certainement le cas, mais c'est moche comme tout (cliquer ici pour voir l'ensemble) et cela paraît destiné à faire des sous tout de suite et par n’importe quel moyen. Bien entendu, il y aurait eu des discussions très animées avec la mairie de Morzine, avant que le permis de construire soit accordé en février dernier, une fois que quelques ardoises de la vallée seraient finalement clouées sur la façade de l'immeuble. 

Bien sûr, 450 lits « chauds » supplémentaires ne sont pas négligeables pour la municipalité, mais à mon avis, ce bâtiment sans âme est une marche arrière en ce qui concerne son architecture. C’est aussi ce que pensent les propriétaires des autres appartements d'Avoriaz, les « Parisiens » comme on les appelle, qui voient là un manquement grave à l’unité architecturale du site. 

De plus, le terrain appartient à la « Société du Crôt aux Chiens », une association alpagiste regroupant un millier d'actionnaires locaux qui va signer un bail de 49 ans avec le promoteur et qui va ainsi se garantir un bon revenu pendant de longues années. Qui pourrait alors laisser passer une si belle occasion de gagner un peu plus d'argent ?

Enfin la position du bâtiment « au bas de l’échelle » d'Avoriaz donne au projet des allures d'ensemble HLM. Mais disons que de nos jours, les logements manquent tellement qu'il faut donc bien loger tout le monde !