Atalante, T12 : Le sanglier de Calydon

Par Belzaran

Titre : Atalante, T12 : Le sanglier de Calydon
Scénariste : Crisse
Dessinateur : Grey
Parution : Avril 2021


Atalante est une série que j’ai découvert lors de la parution de son premier tome il y a une vingtaine d’année. A cette époque, les séries mêlant magie, aventure ou fantasy surfaient sur le succès de Lanfeust de Troy. Mon attrait depuis enfant pour la mythologie a fini de me convaincre de partir à la rencontre de cette héroïne antique dont, je dois le dire, je connaissais bien peu de choses. A l’origine, Crisse est en charge du dessin et du scénario. Je le connaissais pour L’épée de cristal. A partir du sixième tome, l’auteur se concentre sur l’histoire et confie Grey la charge des illustrations. Je dois bien avouer que ce changement marque une rupture dans la saga que je regrette. Ma critique d’aujourd’hui porte sur le douzième acte intitulé Le sanglier de Calydon. Edité chez Soleil, cet opus est apparu en librairie le mois dernier. Je trouve la couverture très réussie. Elle présente une Atalante « sauvage » dans une forêt sous le regard protecteur d’un sanglier aux dimensions peu naturelles. Je trouve ce premier contact visuel particulièrement attractif. En effet, on découvre une héroïne à l’apparence bien différente qu’à l’habitude. Mystère…

Chasseur ou chassé ?

Les premières pages représentent la construction du onzième tome. On découvre un Pyros vieilli qui compte à de jeunes faunes ses aventures passées avec la belle Atalante. Ce choix narratif confirme le fait que chaque tome conte une histoire indépendante. Les enjeux posés au début de la série étaient doubles. L’héroïne devait aider Jason et les argonautes à mettre la main sur la Toison d’or et en contrepartie ces derniers devaient la mener chez les Amazones. Ces deux buts ont été atteints. Depuis, la jolie guerrière souhaite retrouver la forêt du Pélion qui l’a abrité durant son enfance. Ce douzième nous conte donc une nouvelle aventure vécue lors de ce retour aux sources.

L’intrigue de ce tome se construit autour du légendaire Sanglier de Calydon. Cénée n’a pas honorée la déesse Artémis. Cette dernière, vexée, a envoyé ce monstre pour tourmenter la région. Des héros de toute la Grèce sont venus pour capturer la bête. Atalante et Héraclès se retrouvent embrigadés dans cette histoire. C’est d’ailleurs ici l’occasion de croiser d’anciens protagonistes tels Jason ou Méléagre. L’histoire consiste donc à une suivre la chasse menée par tout ce petit monde pour hériter de la gloire d’avoir vaincu une créature des Dieux…

Comme souvent, Atalante adopte un comportement solitaire. Elle perçoit différemment la proie. Le scénario laisse penser qu’elle possède une relation particulière avec le Sanglier. Cette dimension est intéressante et enrichit la lecture. L’héroïne se questionne sur le statut de chasseur ou de chassé. La phase d’observation entre les deux protagonistes est intéressante. Elle questionne. Cela fait naître un suspense agréable trop souvent absent des tomes précédents.

L’intrigue suit un déroulé classique. La mise en place des enjeux est efficace. Rapidement, on découvre avec curiosité les premières tentatives de traque du Sanglier qui prend du temps à apparaître dans toute sa grandeur. Le scénario fait exister une atmosphère plutôt prenante. On se demande ce que cache chaque fourré ou chaque arbre. Où est la bête ? Se cache-t-elle ? Qu’observe-t-elle ? Tout cela mène à un dénouement qui confirme que cet opus peut se lire comme un « one shot ». La lecture est agréable mais les événements contés n’ont pas d’impact fondamentaux sur la trame générale. Certes quelques petites révélations des dernières pages pourraient être évoquées par la suite mais pas au point, a priori, de marquer fortement le parcours de l’héroïne.

Les dessins sont corrects. Grey fait le boulot. Il effectue un bon travail sur les décors. Il offre un dépaysement prenant. L’immersion dans l’univers mythologique est valorisée par son dessin. Certes, il n’a pas, à mes yeux, le talent de Crisse dans ses premiers albums mais j’en ai fait mon deuil. Je trouve que le dessinateur remplit aisément le cahier des charges et participe au plaisir de la lecture.

Pour conclure, Le sanglier de Calydon s’inscrit dans la lignée prise par la série. J’étais content de retrouver Atalante et le monde mythologique qui l’entoure. Héraclès fait le boulot côté humour. J’ai regretté que la « biquette » soit moins présente. Son numéro de duettistes avec le demi-dieu est toujours sympathique. La lecture n’offre rien de subliminal mais assure le minimum syndical attendu pour cette série. Je saurai m’en contenter…