Il raconte, sous une forme inhabituelle, les derniers mois de Benjamin (Benoit Magimel) condamné trop jeune par un cancer du pancréas.
La maladie et la mort imprègnent beaucoup d’œuvres depuis la pandémie, tant au théâtre, qu’en littérature ou au cinéma. A croire que les artistes se sentent plus que jamais une responsabilité à dénoncer ce qui ne va pas.
La réalisatrice aurait pu établir un réquisitoire (comme Catherine Corsini avec La fracture, même si la pulsion de vie y est très forte) ou un drame, le sujet s’y prêtait. Elle a préféré l’angle du mélo pour canaliser les larmes sur autre chose que la maladie. Tous les ingrédients y sont, y compris un fils caché et une histoire d’amour impossible.
L’exagération de la souffrance -pourtant légitime- d’une mère (Catherine Deneuve) face à l’inacceptable est teintée d’humour. Le dévouement d’un médecin (le docteurGabriel Saradans son propre rôle) et d’une infirmière (Cécile de France) pour les accompagner sur l’impossible chemin est admirablement filmé au long d’une année de quatre saisons qui commence bien entendu en été, pour accepter quelques pas de tango avec la maladie, faire le ménage sur le bureau de sa vie et comprendre ce que ça signifie : mourir de son vivant.
Le scénario lui offre l’occasion de témoigner à visage découvert sur ses méthodes et son principe absolu de vérité (même si Emmanuelle Bercot le pousse à faire quelques entorses). Il se refuse à « peindre l’image en rose » pour rassurer le patient ou sa famille. Mais il martèle aussi qu’il ne faut engager « que » la bataille qu’on peut gagner. Je n’en dirai pas davantage car il a abondamment répondu dans la presse aux questions qu’on se pose à son propos, et tout cela est disponible sur Internet.
Le parti-pris du mélo, discutable au demeurant, permet d’éviter l’écueil du documentaire puisque 80% des dialogues sont authentiques. La réalisatrice a en effet entrepris un énorme travail d’enquête préalable en se rendant dans le service hospitalier de son mentor.Quelques autres films d’Emmanuelle Bercot comme réalisatrice : La Tête Haute, Elle s’en va où il est davantage question de joie, de légèreté et d’espérance. Comme co-scénariste, Polisse. Et en tant que comédienne exceptionnelle aussi dans Mon roi de Maïwen.