450 000 = le nombre de téléchargements illégaux de films / jour

Par Lesnouveauxcinephiles
C'est la première fois qu'une étude de ce type est publiée et le résultat est plutôt impressionnant. 450 000 films sont téléchargés illégalement par jour! Il s'agit d'une moyenne et le chiffre a déjà atteint 536 000 / jour. Selon cette étude, cette moyenne équivaut au nombre d'entrées en salles par jour.
Au sommet du classement les films les plus téléchargés, on trouve le film qui multiplie les records actuellement: Bienvenue chez les Ch'tis (piraté pas moins de 682 000 fois!). Suivent Persépolis, La Môme, Disco et Survivre avec les loups. Côté films américains, Jumper, Cleaner et Iron Man.
Plusieurs questions se posent suite à la révélation de cette étude
de l'Association de lutte contre la piraterie audiovisuelle (ALPA):
- comment ces chiffres ont-ils été collectés? Et quel va en être leur usage?
L'écho que la presse fera de cette étude permettra peut être de répondre à ces interrogations.
- Quels enseignements faut-il en tirer?
D'abord, le besoin urgent d'un développement de la VOD (video on demand). Même si cette façon de recevoir des films à domicile (soit en téléchargeant depuis son ordinateur ou directement auprès du terminal d'accès à son offre Internet) est de plus en plus connue, son développement reste relativement lent et le catalogue proposé ne permet pas de répondre à toutes les demandes. En d'autres termes, le choix est beaucoup plus intéressant et vaste en téléchargement peer-to-peer qu'en téléchargement légal via la VOD. Notons quand même le développement de l'excellente plateforme Univerciné qui propose un catalogue très intéressant et qui a l'avantage de proposer une forme d'éditorialisation de ses films et la possibilité de recherches thématiques. Un exemple à suivre.
Autre aspect négatif concernant la VOD, son prix souvent assez prohibitif. Pourquoi ne pas lancer une sorte de forfait payant où l'on pourrait télécharger un certain nombre de films (voire, pourquoi pas, en illimité) pour un prix défini et plus économique qu'à l'unité?
Dans un deuxième temps, ne faut-il remettre en cause le comportement de certains exploitants de salle? Cela fait un petit moment que cette réflexion  me trotte dans la tête mais plus je vais au cinéma, plus je me dis qu'on se moque du "client". La salle de cinéma est régulièrement jonchée de
pop-corn (personne n'a manifestement pris le soin de passer un coup de balai entre 2 séances et le soir venu la salle est dans un état pitoyable). Régulièrement, les conditions dans lesquelles le film est projeté ne sont pas dignes d'une place payée aux environs de 8 euros : image mal cadrée (cela m'est arrivée pour le film Phénomènes. Les plans étaient coupées en haut à cause du mauvais cadrage), image floue, etenfin  cela peut paraitre un détail, mais lorsque la climatisation couine du début à la fin du film, on peut commencer à ressentir un léger agacement... Enfin dernier point et non des moindres, le mauvais accueil: trop peu de caisses ouvertes par rapport à l'affluence à l'extérieur du cinéma donc longue file d'attente, et je suis tombée plusieurs fois sur un "hôte de caisse"  extrêmement désagréable et refusant de me faire la réduction à laquelle j'ai droit partout ailleurs. Je ne tiens pas à généraliser et je précise qu'il s'agissait d'un grand réseau de cinéma (pas un cinéma associatif ou de quartier). Les grands groupes ne doivent-ils pas remettre en question leur façon de considérer le client? Si l'on est mal reçu quelque part, on peut changer de crèmerie ou ne plus aller au cinéma du tout...

-Faut-il remettre sur la table cette éternelle question qui ajoute le milieu du cinéma et des médias, celle de la chronologie des médias? Pour faire simple, faut-il raccourcir le délai entre la sortie d'un film en salle et son accessibilité dans les vidéo-club et en VOD?
La question est posée...
N'hésitez pas à commenter ces réflexions. Je pense et j'espère que ces chiffres auront le mérite de susciter un petit débat et qu'il ne tournera pas uniquement autour de la répression, qui n'est en aucun cas la seule solution au problème.