Malgré le refus de Cristina, le Sénat ratifie l’accord avec le FMI [Actu]

Publié le 18 mars 2022 par Jyj9icx6

"Un accord à désaccords", dit le gros titre
sur cette image de l'écran indiquant les votes au Sénat
la nuit dernière
Página/12 est le seul quotidien qui ne traite plus
systématiquement la guerre en Ukraine en une
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Hier, lors du débat et du vote sur l’accord avec le FMI, Cristina Kirchner, qui en sa qualité de vice-présidente préside normalement le Sénat, a choisi la tactique inverse de celle adoptée par son fils, Máximo Kirchner, à la Chambre basse, la semaine dernière.

Elle a participé les débats à sa place présidentielle et elle a quitté l’hémicycle au moment du vote, qui a donc été acquis, largement, malgré son opposition radicale à cet accord. Ce faisant, elle a laissé sa place à la cheffe du groupe Juntos por el Cambio (ensemble pour le changement), qui représente l’aile ultralibérale de l’opposition contre laquelle elle s’est battue pendant toute sa vie politique. Cette attitude peu conciliante de sa part pourra marquer un déclin de son influence sur la gauche de gouvernement en Argentine même si un premier sondage laisse penser qu’elle l’emporterait haut-la-main sur l’actuel président en cas de primaire pour les élections de 2023 (prochaine présidentielle).

"L'accord avec le FMI est désormais une loi
Cristina s'est effacée", dit le gros titre
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Malgré cet incident de basse politique, la restructuration de la dette argentine a été ratifiée, tard dans la nuit, par 56 voix. Trois sénateurs se sont abstenus et treize ont voté contre. Parmi ces derniers, se trouvent quelques kirchneristes forcenés qui n’hésitent pas à montrer au grand jour leur opposition au gouvernement dont ils faisaient officiellement jusqu’alors partie de la majorité, dans un Sénat renouvelé en décembre dernier et désormais dominé par l’opposition de droite, dont une partie a émis la nuit dernier un vote positif.

Pour éviter les incidents violents de la semaine dernière, lors du vote à la Chambre des Députés, le palais du Congrès était protégé par des barrières anti-émeutes. Les manifestants d’extrême-gauche se sont regroupés sur la place, mais très loin du Congrès qui était donc hors de portée de leurs pierres, pots de peinture et autres cocktails Molotov. Du coup, la manifestation a été plus calme.

L'information est traitée en titre secondaire
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De son côté, le FMI s’est manifesté hier. La guerre en Ukraine et les sanctions généralisées contre la Russie déstabilisent en effet toute l’économie mondiale et déclenche un surplus d’inflation qui retombe sur l’Argentine, l’un des pays pour lesquels c’est une catastrophe sur deux autres catastrophes, la crise sanitaire et l’endettement géant (à hauteur de 45 milliards de dollars US dus au Fonds). L’organisme international a fait part de ses craintes sur la capacité du pays à respecter l’accord qui vient d’être ratifié.

"L'accord avec le FMI est devenue une loi
mais la fracture de la majorité s'approfondit"
La photo est consacrée à un bébé
conçu par GPA et né en Ukraine
Au début de la guerre, beaucoup d'Argentins
étaient en Ukraine par la naissance d'enfants conçus par GPA
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Aux termes de cet accord, l’Argentine doit faire reculer l’inflation (actuellement de 51 % l’an) mais bénéficie d’une liberté d’investissement public sans autre condition au moins jusqu’en 2026, année où elle devra commencer à rembourser sa dette. C’est la première fois que le FMI s’abstient d’étrangler son débiteur. L’équipe des négociateurs argentins a peut-être réussi à lui faire quitter sa nature de boa constrictor.

© Denise Anne Clavilier www.barrio-de-tango.blogspot.com

Pour aller plus loin :

sur la ratification de l’accordlire l’article principal de Página/12lire l’article principal de La Prensalire l’article principal de Clarínlire l’article principal de La Naciónsur les doutes manifestés par le FMIlire l’article de Página/12lire l’article de La Prensalire l’article de La Nación