Ma Semaine Howard Hawks

Publié le 29 avril 2022 par Hunterjones
1938-1966.

Bon. Je ne vous l'ai pas dit parce que je n'en suis pas très fier, mais depuis (probablement) la semaine dernière, j'ai la Covid. J'ai testé positif lundi soir après une troisième journée de nez congestionné, de toux sèche et une première de véritables étourdissements, de perte d'appétit et d'odorat. J'ai aussi senti ce jour-là mon corps à des températures inégales. Et les maux de tête étaient massifs. 

Un ami, dans la semaine, me disait qu'il n'avait jamais remarqué à quel point le réalisateur Étatsunien, Howard Hawks, avait réalisé à peu près tous les genres avec beaucoup de succès. Me faisant aussi réaliser que, bien que je connaisse très bien le nom, je n'avais probablement jamais vu un de ses films. Raisonnablement, comme toujours, et jamais, j'en ai donc loué 7 à la Vievliothèque. 


Ouais. Je suis comme ça. Je ne pensais pas les consommer si vite, forcé à domicile. 

Hawks était un réalisateur de cinéma d'Hollywood, un producteur, et un scénariste entre 1916 et 1970. Il était extraordinairement versatile, tournant des films de gansgters (Scarface), des comédies (His Girl Friday), des films noirs (The Big Sleep), des westerns (Red River), des films de guerre (Air Force), des films muets (A Girl in Every Port), des comédies musicales (Gentlemen Prefer Blondes) et même de la science-fiction (The Thing From Another World). 

Ma vievlie en avait 8 de répertoriés, Gentlemen Prefer Blondes étant officiellement perdu (ou subtilisé par un usager), j'ai réservé, et reçu, puis vu les 7 autres. Plus vite que prévu. En statut Covidien. (pas souffrant du tout-plus là-dessus, dimanche)

Bringing Up Baby (1938)

HH en mode léger. Tout le film repose sur la dynamique entre la verbomotrice et amusante Katherine Hepburn et le cabotin Cary Grant. Dès le premier 20 minutes, on comprend la probable fin. Il s'agit d'une comédie axée sur le dialogue avec même beaucoup de chorégraphie de slapstick. On sent que le cinéma muet n'est pas loin derrière car les gags visuels sont bien réfléchis. Grant y incarne un agité zoologiste, très chaplinesque dans ses mouvements. L'écervelée Hepburn joue une riche héritière célibataire qui oblige l'homme sur le point de se marier à s'impliquer dans l'éducation de son bébé léopard. Léopard qu'ils perdent ensemble et qui sont donc forcés de chercher, encore ensemble. Malgré le pétrin dans lequel ils se plantent toujours. 


Only Angels Have Wings
(1939)

Ce film est le film que Hawks a tourné tout de suite après l'échec commercial de Bringing Up Baby. Il tournait encore avec Cary Grant, cette fois, jumelé à Jean Arthur. Rita Hayworth y trouve son premier rôle important. Hawks signe lui-même, cette fois, l'histoire d'un pilote risquant sa vie pour un contrat en Amérique du Sud. On est davantage dans l'aventure et les plans aériens, en 1939, sont rares. Il fascine tant avec ce film qu'il fera le million avec.

Sergeant York (1941)

Inspiré du journal du Sergent Alvyn York, qui ne voulait rien savoir que l'on fasse un film de sa vie. Il a finalement accepté si on versait une partie des revenus du film finançait une école religieuse qu'il comptait fonder. Et des sous, ça fera. Le film de guerre sera un grand succès commercial et critique. Gary Cooper gagnera l'Oscar du meilleur acteur pour ce film nommé 9 fois à la cérémonie de remise de statuettes. Dans la foulée de la tragédie de Pearl Harbor, le film a largement aidé à faire recruter quand même plusieurs nouveaux candidats à l'armée des États-Unis. Le Sergent York sera souvent nommé parmi les 50 héros de États-Unis, les plus populaires/importants.  

The Big Sleep (1946)

Humphrey Bogart incarne le détective Phillipe Marlowe de Raymond Chandler, adapté au cinéma par les mains de Leigh Brackett, William Faulkner et Jules Furthman. Lauren Bacall et Humphrey Bogart séduisent tout le monde (et se séduisent mutuellement) dans To Have & Have Not (aussi de Hawks) mais quand Bacall tourne sans Humphrey, dans Confidential Agent, les critiques envers sa performance sont assassines. On essaie alors de faire renaître la flamme avec la chimie HB/LB. Le style noir les sert merveilleusement bien. Malgré la chimie parfaite entre les deux B, Bogie est toujours marié (bien qu'il ait triché la chose avec LB) Trois mois après le film, ils sont mari et femme. Le livre, très sexuel, sera très atténué dans la version ciné. Mais on peut deviner où on a adouci. Mon préféré des Hawks que j'ai vu.

Monkey Business (1952)

Cary Grant est de retour, cette fois, avec Ginger Rogers, Charles Coburn et Marylin Monroe. Grant y incarne un confus chimiste dans cette comédie qui n'a rien à voir avec celle du même nom des désopilants frères Marx. On dira souvent de ce film que c'est Howard Hawks's Monkey Business. Le chimiste travaille un élixir de jeunesse qui tombe, bien entendu, aux mauvais endroits, quand un chimpanzé s'amuse avec les fioles. Les effets, mal calculés, en ramènent certains bébés. On y retient que nous ne sommes vieux que lorsque nous oublions que nous sommes jeunes. 

Rio Bravo (1959)

Le film High Noon avait été une allégorie de la triste liste noire à Hollywood. Rio Bravo en était la réponse. Dans le même genre, le western. John Wayne, un indécrottable red neck avait qualifié le chef d'oeuvre High Noon de films anti-Étatsunien. Il était honteusement fier d'avoir aidé le scénariste Carl Foreman à être forcé de quitter le pays. C'est plein de machisme, et Quentin Tarantino dira de ce film qu'il est baromètre d'une relation qu'il aura, ou pas, avec une candidate amoureuse, selon sa réaction au film. Si ça l'ennuie, il ne voudra pas d'elle dans sa vie. J'ai vite su que ce film me laisserait froid.

El Dorado (1966)

Leigh Brackett adapte un roman de Harry Brown qui sera aussi un western, mettant en vedette John Wayne. Et Robert Mitchum. Un jeune James Caan y apparait, ce qui est très cool. Ed Asner et Michele Carey y sont aussi remarquables. Avec un budget de 5 millions, on en générera plus de 7 de plus. Le film est comme HH l'a présenté à Mitchum: "Pas d'histoires, seulement des personnages" C'est ce qui nous est présenté. Une série de personnages qui se développent sur plus de 2 heures. La photographie couleur y est formidable. Il s'agit du dernier film du directeur photo Harold Rosson, qui était sorti de sa retraite, prise en 1958. Cette fois c'est vrai, c'est son dernier. 

Howard Hawks décède 11 ans plus tard, laissant derrière pas moins de 41 films. Dont 11 choisis à la Libraire du Congrès des États-Unis comme étant culturellement, historiquement et esthétiquement pertinent au pays de l'Oncle Sam. 

Le critique cinéma Leonard Maltin dira de lui qu'il était le plus grand  réalisateur des États-Unis qui n'était pas une superstar. Humble, il laissera toujours la place à ses vedettes qui ont souvent été les mêmes d'un film à l'autre, ce qui est toujours signe d'une bonne énergie d'équipe sur le plateau. 

John Carpenter, Jean-Luc Godard, Quentin Tarantino, Robert Altman et Martin Scorcese diront tous s'en être inspiré, quelque part.