Mon Dieu, quel humour !

Publié le 13 août 2008 par Stella

plus exactement : quelle finesse. L’esprit français tel qu’il se pratiquait au XVIIIème siècle, dans une certaine mesure.

Je m’explique : j’ai reçu d’une mienne amie les deux textes que je vous livre ci-après. Bien sûr, ils sont présentés comme absolument authentiques. J’ignore si c’est vraiment le cas, mais finalement peu importe. Je vous les offre comme une petite lecture d’été, légère et agréable.

La première lettre est signée “Soeur M.” et elle est adressée au siège national de la CGT, célèbre syndicat français. Il y a bien un monastère de Visitandines à Nantes…

Madame, Monsieur,

Religieuse cloîtrée au monastère de la Visitation de Nantes, je suis sortie, cependant, le 19 juin, pour un examen médical. Vous organisiez une manifestation. Je tiens à vous féliciter pour l’esprit bon enfant qui y régnait. D’autant qu’un jeune membre de votre syndicat m’y a fait participer ! En effet, a mon insu, il a collé par derrière sur mon voile l’autocollant ci-joint après m’avoir fait signe par une légère tape dans le dos pour m’indiquer le chemin.

C’est donc en faisant de la publicité pour votre manifestation que j’ai effectué mon trajet. La plaisanterie ne me fut révélée qu’à mon retour au monastère. En communauté, le soir, nous avons ri de bon coeur pour cette anecdote inédite dans les annales de la Visitation de Nantes.

Je me suis permis de retraduire les initiales de votre syndicat (CGT = Christ, Gloire à Toi). Que voulez-vous, on ne se refait pas. Merci encore pour la joie partagée. Je prie pour vous.

Au revoir, peut-être, à l’occasion d’une autre manifestation.

Sœur M.

Voici la réponse…

Ma sœur,

Je suis persuadé que notre jeune camarade, celui qui vous a indiqué le chemin, avait lu dans vos yeux l’humanité pure et joyeuse que nous avons retrouvée dans chacune des lignes de votre lettre. Sans nul doute il s’est agi d’un geste inspiré, avec la conviction que cette pointe d’humour ” bon enfant ” serait vécue comme l’expression d’une complicité éphémère et pourtant profonde.

Je vous pardonne volontiers votre interprétation originale du sigle de notre confédération, car nous ne pouvons avoir que de la considération pour un charpentier qui a révolutionné le monde.

Avec tous mes sentiments fraternels et chaleureux,

Bernard Thibault, Secrétaire général de la CGT

A n’en pas douter, cette histoire est plaisante.