Gabriel Cousin – Conscience

Par Stéphane Chabrières @schabrieres

Il y a parfois comme de grandes choses achevées.

La table est rangée, la chambre propre. Tout est calme, paré de quiétude. Il n’y a plus que des amis. Plus besoin d’attitudes.

Les objets se regardent exister. Il semble que tout soit prêt, que le repos arrive.

La paix a la couleur du soleil. On peut désirer le sommeil. Mettre des fleurs dans les vases et comprendre les mots. Les livres sont des robes de jeunes filles.

Tout est simple et frais. L’amour, le travail et le corps. Les songes ont le temps de vivre.

Des nappes sereines entourent les épaules. Des buées rémittentes se posent sur le front. Le sang rêve. Les mains s’adoucissent.

Une perception universelle aiguise la conscience.

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Gabriel Cousin (1918-2010)Au milieu du fleuve (Editions St-Germain-des-Prés, 1971)