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Poezibao a reçu, n° 167, dimanche 10 avril 2011

Par Florence Trocmé

Cette rubrique suit l’actualité éditoriale et présente les derniers ouvrages reçus par Poezibao. Il ne s’agit pas de fiches de lecture ou de notes critiques et les présentations font souvent appel aux informations fournies par les éditeurs.  Une présentation détaillée des livres est accessible en cliquant sur "lire la suite...."
 
 
André du Bouchet, Une Lampe dans la lumière aride, Le Bruit du temps 
André du Bouchet, Aveuglante ou banale, Le Bruit du temps 
Christian Prigent, Compile, P.O.L. 
Roger Giroux, Journal d’un poème, Eric Pesty Éditeur 
Pascal Quignard, Medea, Ritournelles 
Philippe Jones, Couleurs d’un éveil, Le Cormier 
Revue Inuits dans la jungle, numéro 3 
Jean-Claude Villain, Ithaques, Le Cormier 
Laurent Albarracin, Pierre Peuchmaurd, Éditions des Vanneaux 
Eric Sarner, ballade de Frankie, le Castor Astral 
Jean-Louis Kuffer, L’enfant prodigue, Éditions d’Autre part 
Roselyne Sibille, Lumière froissée, Voix d’encre 
Emmanuel Loi, Sous presse, Al dante 
Revue Filigranes, n° 79   
  
Notices détaillées de ces livres et revues en cliquant sur « lire la suite... » 
 

 
André du Bouchet 
Une lampe dans la lumière aride 
Édition établie et préfacée par Clément Layet 
Le Bruit du temps, 2011 
26 € - site de l’éditeur (en librairie le 15 avril) 
  et 
André du Bouchet 
Aveuglante ou banale 
Édition établie par Clément Layet et François Tison 
Préface et notes de Clément Layet 
Le Bruit du temps, 2011 
23 € - site de l’éditeur (en librairie le 15 avril) 
 
Important événement éditorial que la parution de ces deux livres d’André du Bouchet.  
Le premier, Une lampe dans la lumière aride, est dédié aux Carnets des années 1949-1955 (on peut en lire un extrait ici). 
Il reproduit une grande part des carnets que le poète André du Bouchet tint presque quotidiennement entre 1949 et 1955. Après les années de formation intellectuelle et d’exil que furent celles de sa vie aux États-Unis, du Bouchet découvre, au cours de cette période d’intense création poétique, dans la proximité de Ponge et de Reverdy, ce qui deviendra sa propre voix.
Sous la plume du jeune homme qui rêve de devenir poète, on voit, en l’espace de quelques mois, la métamorphose s’opérer. 
Alors que les premières notes sont encore souvent des transpositions de rêve, donnant lieu à des ébauches poétiques qui pourraient faire penser au surréalisme, la tonalité se singularise soudainement, lorsque du Bouchet décide de ne plus consigner aucune mention biographique, ni aucun événement immédiatement identifiable. Ce ne sont plus alors que des « annotations sur l’espace », comme il l’écrira lui-même, des formulations toujours nouvelles disant comment la perception humaine s’inscrit dans une relation première avec l’espace et se manifeste à travers le temps. La marche a remplacé le rêve. 
Cette édition est due à Clément Layet, auteur du numéro de la collection « Poètes d’aujourd’hui » que les éditions Seghers ont consacré à du Bouchet en 2002. La transcription des carnets lui a été rendue possible par l’accès au fonds du poète à la Bibliothèque littéraire Jacques Doucet.
Ces premiers carnets font écho aux essais sur la poésie écrits dans les mêmes années, que nous publions sous le titre Aveuglante ou banale. Ils apportent un éclairage nouveau à l'œuvre ultérieure du poète. 
Le second reprend lui les essais sur la poésie des années 1949-1959 d’André du Bouchet.  
Il recueille tous les essais sur la poésie publiés par André du Bouchet entre 1949 à 1959, devenus le plus souvent inaccessibles, ainsi qu'une vingtaine d’essais inédits, le plus souvent écrits ou ébauchés dans le cadre du C.N.R.S. où le poète fut chercheur entre 1954 et 1957. L’ensemble se révèle doublement précieux. Consacrés à Scève, Hugo, Baudelaire, mais aussi à des poètes contemporains (Reverdy, Char, Ponge) ou étrangers (Hölderlin, Joyce et Pasternak), ces essais sont d’abord l’œuvre d’un jeune homme qui se livre éperdument à la poésie, pour en proposer chaque fois une lecture extrêmement personnelle. Ces essais ont été réunis par Clément Layet, auteur du numéro de la collection « Poètes d’aujourd’hui » que les éditions Seghers ont consacré à André du Bouchet en 2002. La transcription des essais et ébauches inédits lui a été rendue possible par l’accès au fonds d’archives du C.N.R.S. et de la Bibliothèque littéraire Jacques Doucet. 
 
 
Christian Prigent 
Compile 
P.O.L. 2011 
15 €, CD inclus 
 
Quelques échantillons d’écrits (un livret) :
- de Commencement (1989) : « L'Écriture, ça crispe le mou » (début du chapitre IV)
- de Une phrase pour ma mère (1996) : « Ainsi je commence une phrase... » (incipit du livre)
- de Grand-mère Quéquette (2003) : « La Voix qui sort des cabinets » (début du chapitre II), « Je crains... » (extrait du chapitre IV), « Dernière accolade » (extrait du chapitre. VII) - de Demain je meurs (2007) : « Papa n'est pas content » (extrait du chapitre XIII), « Une leçon de littérature » (chapitre XVII), « Adieu »  (extrait du chapitre XX)
Leur mise en voix (un CD, durée : 1h, 10mn, 20s).
Des remarques sur le rapport des deux, ou voix-de-l’écrit (une préface) 
lire les premières pages et autres informations sur le site de l’éditeur 
 
 
Roger Giroux 
Journal d’un poème 
Préface et édition de Jean Daive 
Eric Pesty éditeur, 2011 
24 €  
 
Conclusion de la préface de Jean Daive : « Roger Giroux a toujours tenu un journal, parce qu’il aime regarder l’écriture en train de se faire. »
« Les carnets intimes traitent de l’absence, de la présence, du rien et du silence, du non-être de l’esprit. Ils sont nombreux. L’écriture très particulière de Poème a suscité Journal d’un Poème, publié ici avec ses couleurs. Il est à part. Il progresse selon l’invention visuelle du poème, il en suit l’évolution, il accompagne les différentes phases de l’expérience, dévoile les enjeux de l’œuvre.
« C’est ainsi que Poème et Journal d’un Poème s’imbriquent parfaitement. Tout de Poème se retrouve différemment dans Journal d’un Poème. La différence est ce qui doit définir Poème et définir Journal. Car Roger Giroux a conscience que la langue n’a plus une vérité de sens (il la laisse encore volontiers au Journal), mais une vérité de signes, vérité qu’il veut inscrite, dessinée, graphique, théâtralisée, jouée dans l’espace du livre et de ses doubles pages. Roger Giroux sait qu’il va à contre-sens et qu’il change de tradition de langage. Il propose une nouvelle abstraction dont Journal d’un Poème livre la pensée. Un exemple : Ne rien écrire qui ne témoigne du centre de l’Univers » (site de l’éditeur
 
 
Pascal Quignard 
Medea 
Ritournelles, 2011 
6 € 
 
Ce texte est une commande du festival Ritournelles n° 11 (Bordeaux, nov. 2010) texte auquel s’est confronté la grande chorégraphe japonaise Carlotta Ikeda. L’écriture de Pascal Quignard et la danse butô d’Ikeda se sont ainsi cristallisées autour du personnage de Médée (voir ici) 
P. Quignard livre dans ce texte sa propre vision de Médée, inspirée par la tragédie d’Euripide et par deux des fresques la représentant au musée archéologique de Naples.  
 
 
Philippe Jones 
Couleurs d’un éveil 
Le Cormier, 2011 
 
La poésie de Philippe Jones est habitée par un imaginaire qui ne cesse de porter la parole depuis l’expérience la plus immédiate vers les rives les plus incertaines de cet inconnu qui nous habite et qui nous environne. Dans Couleurs d’un éveil, l’alternance entre textes en prose et suites en vers maintient l’équilibre entre la saisie sensible du réel, à juste distance, et l’aspect critique affirmant un rapport au monde devenu plus problématique que jamais. (site de l’éditeur
 
 
Revue Inuits dans la jungle 
Numéro 3 
12 € 
 
Au sommaire de ce numéro Inger Christensen, Edoardo Sanguineti, 23 poètes mexicains contemporains, Gabrielle Althen, Jacques Darras, Odile Kennel, Mathieu Brosseau. 
 
 
Jean-Claude Villain 
Ithaques 
Le Cormier 
 
« Enfant tu escalades les ruines. Tu trébuches. Tu hésites. Tu tombes. La mer a façonné ces murs. Pour les offrir aux vents. Aux oiseaux. Aux âmes des disparus. Tes pas ici. Sont sacrilèges. Comptes-tu. Sortir vivant de cet enclos. L’écume salée a teinté tes semelles. Le sanctuaire te possède. Il ne te quittera. Plus. » (20)  
 
 
Laurent Albarracin 
Pierre Peuchmaurd 
Éditions des Vaneaux 
18 € 
 
Présentation et anthologie de Pierre Peuchmaurd par Laurent Albarracin, dans la collection « présence de la poésie » des éditions des Vanneaux.  
 
 
Eric Sarner 
Ballade de Frankie 
Le Castor Astral, 2011 
13 € 
 
Frank Sinatra (1915-1998) est l'un de ces phénomènes, et peut-être parmi les tout premiers en importance, que les États-Unis aient produits au cours du siècle passé. Il est comme une métaphore de ce pays au sens où il a représenté l'Amérique telle qu'elle se rêve, se réalise, chute, déçoit, se reprend, éclabousse le monde de son génie propre. La vie de Sinatra a couvert le siècle (1915-1998), et son parcours (personnel autant que professionnel) recoupe l'Histoire des États-Unis, de la prohibition à la guerre, de Hollywood aux ères Eisenhower, Nixon, Kennedy, Reagan, des développements, revers et évolution du spectacle sous toutes ses formes, de l'histoire du crime à celle du glamour.
Ballade de Frankie est un voyage à travers la vie de l'un des artistes majeurs qu'ait connu le XXe siècle. Mais aussi celle d'un homme fascinant de passion, d'excès, de volonté, de contradictions extrêmes. Le livre n'est pas une biographie, même s'il en présente les traits, mais plutôt une sorte de chant qui ne veut nullement expliquer, encore moins juger (même s'il n'est pas toujours tendre avec son "héros").Il tente de dresser le portrait d'un personnage qui, au-delà de sa vie sauvage et chaotique, reste et restera avec nous, comme restera toujours l'enchantement. (4ème de couverture) 
 
 
Jean-Louis Kuffer 
L’enfant prodigue 
Éditions d’autre part. 
 
L’enfant prodigue est le récit kaléidoscopique d’une enfance ressuscitée par la magie des mots en une ressaisie vivante des premières sensations et des premiers sentiments, entre émerveillement, angoisse, joies et chagrins.  
Jean-Louis Kuffer, né en 1947 est l’auteur de romans, nouvelles, essais. On peut le suivre sur son très intéressant site que Poezibao recommande.  
 
 
Roselyne Sibille 
Lumière froissée 
Dessins de Liliane-Eve Brendel 
Voix d’encre, 2010 
19 € - sur le site de l’éditeur 
 
« Montagne Sainte Victoire  
– Majesté de son nom –  
intimidante comme une lumière bleue froissée par Cézanne
 » 
(4ème de couverture) 
 
 
Emmanuel Loi 
Sous Presse 
culture kleenex & effets de Manchette 
coll. Clash, éditions Al Dante 
11 € 
 
Il ne s'agit pas là d'être " contre la presse ", mais bien de démonter les systèmes informatifs sous ordre, policés et, parfois, policiers, qui veulent gouverner jusqu'à nos doutes, et nous font croire que nous vivons dans une société où tous participent aux débats sociétaux, alors même que nous subissons une tentative de formatage constant de nos esprits, avec des méthodes nées d'un libéralisme totalitaire qui se répand dans tout le monde occidental.
Pour mieux asseoir son analyse, l'auteur n'hésite pas à citer des exemples, même (et surtout) parmi certains journalistes devenus intouchables, véritables icônes de la liberté de la presse (comme Florence Aubenas)... Il est à parier que ce livre fera débat dans la presse, de par sa violence, mais également à cause de l'auteur, lui-même personnage sulfureux. Les romans d'Emmanuel Loi se vendent entre 4 000 et 20 000 exemplaires.
Sous presse est le second titre de la collection « Clash » (courts textes pamphlétaires). Le premier, HQE de Rudy Ricciotti (salve d'une grande violence contre le label de Haute Qualité Environnementale) s'est vendu à plus de 4 000 exemplaires. (source) 
 
 
Revue Filigranes 
n° 79 
10 € 
 
Au sommaire de ce numéro, notamment Geneviève Bertrand, Ann Perez, Odette Neumayer, Claude Barrère, Nicole Digier, Roland Valschade, Michèle Monte, Myrto Gondicas 


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