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Interview : Daniel Bone, l’Esprit comme corps du texte

Par Youscribe @youscribe_fr
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Une brève présentation pour nos lecteurs.

Il est toujours délicat de parler de soi. On a toujours cette impression malsaine de s’élever au-dessus des autres. Sans doute un héritage de notre passé, surtout ici au Québec. Néanmoins il faut le voir tel que c’est, une simple mise en évidence de qui ont est.
Ceux qui s’attendent à un parcours riche en lien avec la littérature seront déçus. Ma seule relation professionnelle avec l’écriture est d’avoir travaillé avec des gens toute ma vie. J’ai d’abord occupé des emplois liés à la sécurité tels que les Forces Armées, les agences de sécurité et comme portier dans les bars. Par la suite une multinationale de la livraison du courrier à bénéficier de mes services pendant près de dix années. Au beau milieu de cette étape professionnelle, j’ai occupé un poste à temps partiel pour une compagnie de services de limousines puis à temps plein sur une période de onze années. C’est d’ailleurs ce secteur de services qui m’a permis de vraiment découvrir de ce qui anime les gens. J’étais près d’eux, dans leur intimité. J’ai vu le vrai visage de l’humanité dans toute cette période. Le plus heureux et le plus malheureux. J’en ai tiré des enseignements forts intéressants.
Soudainement, suite à une série d’évènements fortuits dont une dépression et le décès d’une personne très près de moi, ma mère, un changement de cap radical s’opéra. Un retour aux études s’en suivi et c’est là que j’ai découvert l’écriture. Non pas l’écriture professionnelle, mais le désir intense de communiquer ma vision de la vie, mes pensées les plus profondes et surtout mon incompréhension de l’existence. Il ne fut pas long avant de réaliser que j’avais quelque chose à dire au monde et j’allais utiliser le roman pour y arriver.
Tout mon cheminement professionnel a conspiré à cela. J’ai d’abord été distant avec le monde puis peu à peu mes occupations m’en ont rapproché. Aujourd’hui c’est une passion que d’interagir avec les gens. De comprendre ce qui les motive et surtout de tenter d’apporter la lumière dans les zones sombres de leur existence. La seule prétention que je peux avoir est celle de m’intéresser au fait humain. Sa condition spirituelle qui est selon moi la clé du bonheur des Hommes sur la Terre.

Parlez-nous de votre production littéraire. Quelles sont vos influences  (littéraires et non-littéraires) ?

De cette passion pour la spiritualité humaine est né un livre, un roman de fiction, Révélation : Sabotage. C’est la manière que j’ai choisi de transmettre premièrement la base de nos valeurs, car la jeunesse montante n’est plus en contact avec son histoire, son passé « religieux » si l’on peut dire. Une suite au premier livre est en cours d’écriture. Celui-là s’intéresse avant tout à une image que je me fais de l’existence, de sa nature et de son but. Il est plus long à écrire – ce qui est un mal pour un bien – car ma vision de l’existence se précise au fil de ma vie, de mes observations du genre humain et des différents enjeux qu’il doit affronter dans cette période trouble de l’humanité.
Je choisi pour atteindre mon objectif de toucher les lecteurs en n’ayant aucun influence littéraire précise. Bien évidemment on est le fruit de notre culture. On n’y échappe pas, je suis ce que je suis parce que les autres ont été ce qu’ils ont été avant moi. Nous subissons malgré nous l’influence de ceux qui nous ont précédés. J’ai refusé d’être comparé à un tel ou à un autre. Selon moi ce sont des portes de sorties pour la conscience. Si on n’aime pas ce qu’un auteur écrit ou bien si on cherche à rejeter son message, on pointe du doigt ses influences. Je suis unique, nous le sommes tous.
Je dirais que les seules sources littéraires qui ont trait à mon champ d’intérêt sont la « Bible », en moindre importance le « Coran », et d’autres écrits tels que « La lumière de la vérité » d’Oskar Ernst Bernhardt ainsi que plus  récemment, « Conversation avec Dieu » de Neal Donald Walsh. Pour ce qui est du style littéraire de mon premier roman, ce fut sans doute Dan Brown avec des livres tels que « Le code Da Vinci » et « Anges et démons ».

 La foi occupe une place importante dans votre vie, comment cela se manifeste-t-il dans vos écrits ?

Certains livres qui ont eu une influence dans ma vie ont aussi mené ma recherche de la « vérité » en ce qui concerne ma foi. Je ne suis pas un catholique pratiquant bien que j’ai été baptisé sous cette dénomination religieuse. Néanmoins, le fait religieux demeure. J’ai toujours été convaincu qu’une vérité s’y trouvait. Que l’importance de la religion dans toute l’histoire de l’humanité ne pouvait être rejetée du revers de la main comme on le fait de nos jours. Il doit y avoir quelque chose. Quelque chose de caché aux Hommes peut-être. C’est de cette manière que se manifeste ma foi dans mes écrits. Quelque chose de caché qui doit être révélée au monde entier. J’étale toujours mes scénarios en deux façades, le recto et le verso. Toujours deux réalités qui se chevauchent. Une acceptée par le monde et une autre que le monde ne cherche pas ou ne veut pas voir. Je n’écris que pour cela. Je n’écris pas pour divertir, mais pour enseigner, partager. Le côté divertissement est une porte d’entrée dans l’esprit. N’est-ce pas ce que font les réalisateurs de films et les écrivains ? Ils nous leurrent dans un pur divertissement pour nous livrer leur message.

RÉVÉLATION SABOTAGE le livre

Vous dites vouloir « vulgariser et diffuser le fait religieux en marge de ce que l’Église enseigne ». Pourquoi ce choix ?

Le divertissement est nouveau sur l’échelle de l’humanité. Du moins le style « Hollywoodien ». Avant cela, tout ce qui était appelé était en fait une mise scène afin de transmettre des valeurs, des messages religieux. Ceux qui n’adhéraient pas à cela étaient carrément exclus de la scène publique, en général. Néanmoins, notre époque à ceci de particulier. Nous nous sommes donnés, par l’expulsion de l’Église dans notre sphère d’existence, une certaine liberté d’expression. Ceux qui ont quelque chose à dire, qu’ils soient en opposition avec ce que l’Église affirme ou pas, peuvent le faire. Et c’est exactement ce que je fais.
Avant, la lecture de la Bible était le fait d’une minorité. Enfin, ceux qui savaient lire premièrement. Le grand livre était lu presque exclusivement à l’Église et en latin qui plus est. Le fidèle recevait le message que l’Église livrait, point. De nos jours presque tout le monde sait lire et la Bible est traduite dans à peu près toutes les langues possibles. Toutefois, elle est bien difficile à lire en fait. Constituée de faits historiques, de récits imagés et de paraboles elle ne rend pas son contenue aussi facilement. De ce fait, la personne moyenne qui vague à ses occupations quotidiennes n’a pas la patience ni le temps de s’y intéresser. De plus, la Bible semble concerner les gens d’une autre époque, un temps révolu. Pour la rendre actuelle il faut faire un effort supplémentaire. Il faut d’abord la comprendre, la décortiquer. Il faut en faire ressortir les messages qu’elle contient. Il faut faire cela sans tomber dans le dogmatisme. (Je m’excuse je n’ai pas toujours les mots qu’il faut) Il est nécessaire d’identifier les besoins de notre monde moderne, de ses souffrances, des questions qu’il se pose. Puis il faut trouver dans ce grand livre les réponses. Les adapter au langage courant d’une manière à ce que les gens y voient une relation avec leur réalité à eux. Ce n’est pas évident, loin de là. Je dois aussi mentionner que la Bible n’est pas la seule source de messages divins. C’est quelque chose que j’aime faire, bien que je ne sois pas un professionnel dans le domaine. C’est ce qui me passionne.

On parle beaucoup du retour du religieux, à quoi cela est-il dû selon vous ?

Cette absence de réponses aux défis de nos existences agace les gens. Ils ont un vide intérieur qui les ronge. Je crois sincèrement que l’Homme cherchera toujours à croire en quelque chose de plus grand que lui-même. Est-ce logique, est-ce la meilleure chose ? Je ne sais pas, mais c’est ce qu’il fait. C’est ce qu’il a toujours fait.
Cela ne fait pas longtemps que l’Église s’est désengagée de nos vies au Québec. Elle offrait des réponses. Des réponses toutes préparées. Elle avait la direction de nos vies. Ce ne fut pas nécessairement la meilleure voie pour l’Homme, mais c’était ainsi. Il pouvait croire en quelque chose de plus grand que lui. Il ne se posait pas de questions. Je ne dis pas que les gens vivaient en fonction de leurs croyances, au contraire. Ils avaient juste l’impression que cette question de l’existence était réglée. Et qu’arrive-t-il maintenant ? Il n’y a plus de réponse à nos questions. Le rejet de l’Église par ses fidèles les a laissés en suspens spirituellement. Les gens se sont donc tournés vers d’autres solutions. La société de consommation à bien entendu rempli une grande portion de ce vide. Les gens se sont mis à croire que la réussite professionnelle et l’argent allait sécuriser leur existence. L’argent avait toutes les réponses à l’existence. Néanmoins, de nouveaux courants de pensées sont nés de partout. Comme quoi ce remplissage n’est était pas un en fait.
Les gens cherchent, car selon moi c’est dans leur nature. Quelque chose en eux demande de croire en quelque chose de plus grand. La religion telle qu’ils l’ont connu était loin d’apporter des réponses. En plus de tous les abus de l’Église en son temps, elle n’a pas la cote. Pourtant, la base du christianisme est bien vivante. Notre culture en est imprégnée. Plus important encore, des églises dites « protestantes » telles que les églises évangéliques, baptistes, pentecôtistes etc… ont adapté le message de la Bible à notre mode de vie contemporain et cela a séduit bon nombre de gens. Le monde réalise peu à peu que la foi n’est pas l’affaire exclusive de l’Église. Ils prennent conscience qu’elle n’est en fait qu’un dépositaire du message. Ils comprennent qu’ils peuvent avoir la foi de façon libre et désengagée. Les gens ont soif et ils peuvent maintenant trouver des sources.

Comment la spiritualité peut-elle se développer dans nos sociétés toujours plus matérialistes ?

Les nouveaux courants de pensées ont ceci de particulier, ils ne sont pas culpabilisants. De plus, le matérialisme tel qu’il se défini aujourd’hui arrive à sa limite. Je veux dire que le monde se rend compte à quel point il devra le limiter s’il veut assurément la survie de leur mode de vie, de leur environnement, de la planète entière. Qui parle de limitations laisse aussi entendre que nous devons s’interroger sur le où, le comment et le quand. Mieux encore, se demander pourquoi. Et c’est là qu’entre en jeu la spiritualité. Elle devra se développer par nécessité. Elle était utile pour soulager l’âme de chaque être, elle était accessoire si on veut dans la vie de chaque Homme. Maintenant elle deviendra peu à peu le centre de notre attention.
Je prédis qu’avec le temps les Hommes seront plus spirituels que matérialistes. J’ose espérer que cette évolution sera lente et « choisie ». J’espère du fond du cœur qu’elle ne sera pas imposée par une catastrophe naturelle ou par la main de l’Homme. Cela me réconforte de savoir que je peux contribuer à cette évolution d’une manière tout à fait humble et minime, j’en conviens, mais ô combien salvatrice pour ma propre âme. J’écris et je continuerai d’écrire en ce sens.

Retrouvez tous les écrits de Daniel Bone sur son profil YouScribe.

Propos recueillis par Clément Mazurkiewicz

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