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10 chanteuses… que je trouve super classe

Publié le 08 octobre 2013 par Storiagiovanna @StoriaGiovanna

recherche-chanteuse-eviter-les-piages-300x228En règle générale, je n’aime pas les chanteuses. Si on me demande mes dix artistes solos préférés, je serai certaine qu’il n’y aurait aucune femme dans la liste. C’est malheureux, mais c’est ainsi, je ne suis pas attirée auditivement par les voix similaires à la mienne. Alors je cultive mon ostracisme des volutes vocales féminines parmi mes playlists.

Malgré tout, et comme tout dans la vie, je m’autorise quelques exceptions à la règle. Car il y a des chanteuses qui, de par leur style ou leur voix, arrivent à me mouvoir le tympan. Elles n’ont pas forcément des voix d’exception, mais leurs chansons ou leurs interprétations me donnent le frisson plus que d’autres. Parmi elles, je compte beaucoup de chanteuses de jazz, de folk ou de musiques alternatives. Des musiques, qui, selon moi, sied aux rondeurs vocales féminines. Je suis bien consciente que cette remarque est absolument sexiste – m’enfin, pas plus sexiste que l’absence de femmes dans les orchestres –, mais là, on discute d’un goût personnel et pas d’une considération généralisée.

Juste une précision : quand je dis que je trouve une chanteuse super classe, je ne parle pas forcément de son allure, mais plutôt de ce qu’elle dégage sur moi. Je le précise, parce que certaines chanteuses que je vais citer ne correspondent pas du tout au terme premier. Pour être séduite par une chanteuse, il faut qu’elle exerce sur moi un envoûtement au-delà du réel. Qu’elle me montre qu’elle n’est pas une chanteuse comme j’en vois des milliards dans les charts. Bref, qu’elle ne soit pas Katy Perry.

Voici donc la liste tant attendue :

Les folkeuses/rockeuses

Patti Smith

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Pourquoi je l’aime ?

Parce que malgré le fait qu’elle ressemble maintenant à une momie ou un doberman avec des cheveux, elle dégage une aura artistique assez dingue. Car elle ne s’est pas contentée d’être chanteuse : elle se fait connaître aujourd’hui davantage par ses activités de plasticienne, de poétesse et de photographe. Malgré tout, quand elle daigne se produire sur scène, elle envahit l’espace avec sa simplicité et ses tripes. Je vous conseille également la lecture de son autobiographie Just kids, où on y comprend toute son envie désespérée de s’exprimer par tout biais artistique. Bref, une femme et une artiste qu’elle est ultra-chouette.

Ma chanson préférée : Smells Like Teen Spirit

Une reprise ? Ben oui. Mais parmi les chansons originales, j’aurais pu vous citer Because the Night, People have the Power ou Gloria. J’ai donc choisi au final cette reprise de Nirvana, parce que j’imagine que, si Kurt Cobain avait eu le loisir de vieillir, c’est de cette façon qu’il l’aurait interprétée. Pour vous dire toute la force de suggestion dans l’interprétation que la dame a réussi à acquérir depuis son premier album en 1975.

Alanis Morissette

Pourquoi je l’aime ?

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Malgré le fait que je suive moins la carrière récente de la Canadienne, je dois à Jagged Little Pill (1995) ma première vraie claque émotionnelle pour moi seule en termes de musique. Avec le recul, dans la construction de certaines chansons comme Ironic ou Thank you, on y voit davantage une construction rock qui reste légèrement naïve et qui préfigure ce qu’aurait pu faire Avril Lavigne. Mais il subsiste aussi de vrais hymnes rock bien rough et bien plaisants tels You Oughta Know ou Hand In my Pocket. C’est ainsi que j’ai compris aussi qu’une femme pouvait s’exprimer durement sans pour autant être dans la révolte contre le système. Un bel exemple d’équilibre.

Ma chanson préférée : Mary Jane

Rien que le riff d’intro me file la chair de poule… Une chanson qui paraît douce, mais qui, au final, raconte l’histoire d’une fille au bout du rouleau. Un peu moins rock ou pop que les autres, donc, mais Alanis y déverse tellement ses tripes que ça en devient limite indécent. Justement, elle acquiert sur la chanson cette sensibilité sur le fil, le fait d’en faire juste assez pour ne pas passer la barrière du larmoyant.

Joan Baez

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Pourquoi je l’aime ?

Parce que ce fut encore une grosse claque artistique quand je fus en première, au moment où j’ai commencé la guitare. Cette chanteuse folk chantre de toutes les causes altermondialistes, qui fut également la compagne de Bob Dylan, m’a en effet aidé à composer mes premières chansons. Je suis fascinée par la simplicité de ses mélodies, voire de ses propos, qui tranchent avec le discours qu’elles véhiculent. Chanter la violence, l’action collective pour la paix ou pour un autre monde, tels sont encore aujourd’hui les propos de la Madone, que ce soit en anglais, en français ou en espagnol.

Ma chanson préférée : We shall overcome

Même si j’ai découvert toute petite The Ballad of Sacco and Vanzetti – sa chanson la plus connue – grâce à ma mère et radio Nostalgie, c’est en étudiant cette chanson dans un cours d’anglais en classe de 1ère L que j’ai compris la dimension à la fois poétique et politique de la dame. On y découvre sa volonté de contrer les injustices par l’action collective. Quoi qu’il en soit, un très joli hymne pacifiste.

Leslie Feist

Pourquoi je l’aime

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Pauvre de moi, je ne me suis intéressée à qu’à un seul album de cette sympathique folkeuse canadienne, à savoir The Reminder (2007). Il a été la bande originale de mes débuts dans la vie amoureuse, et je m’étais juré en 2010, lorsque je me suis retrouvée de nouveau célibataire, que je ne le réécouterai plus jamais. J’ai redécouvert cet album tout récemment, en fouillant dans ma discothèque, et je me suis dit que c’était dommage d’être passée tant de temps à côté de cette voix rare, due à une opération des cordes vocales. Il faut savoir qu’à ses débuts, Leslie Feist était plutôt branchée punk et qu’elle s’est cassé la voix au point de devenir aphone, d’où cet espèce de souffle dans sa voix chantée actuellement.

Ma chanson préférée : The Limit to Your Love

Il y a quelques années, je vous aurais répondu Brandy Alexander, mais cette chanson a été par la suite la raison pour laquelle j’ai blacklisté tout l’album. Donc je suis repartie à la recherche d’une autre chanson mortelle sur l’album, et j’ai trouvé cette intro à la basse et aux cordes, puis la montée à la guitare pour accueillir la voix fragile de Leslie Feist comme un écrin de volupté. S’en suit la ponctuation bienvenue du piano au refrain, des chœurs bien inspirés… Tout cela donne au final une chanson d’amour toute simple, mais à la mélodie et l’harmonisation très élaborées. Tout ce que j’aime.

Les jazzwomen

Astrud Gilberto

Pourquoi je l’aime ?

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Outre le fait que je trouve cette Brésilienne belle à crever, la voix d’Astrud Gilberto, comme celle de son ex-mari Joao, représente l’essence même de la bossa nova : rond, suave, lancinant, sensuel, parfois mélancolique, parfois plus tonique, selon l’influence du fado portugais, du jazz ou des rythmes de base du samba. Si elle fait partie des piliers du projet Jazz Samba avec son mari et celui qui s’avérera par la suite être son amant – à savoir le saxophoniste Stan Getz –, elle reste aux Etats-Unis après son divorce pour se lancer dans une carrière plus jazz à laquelle j’ai l’heurt de ne pas m’intéresser. Il faudrait que j’y pense un jour, quand même.

Ma chanson préférée : Agua de beber

La chanson en elle-même est très simple – un refrain court, un coda fredonné, un couplet qu’on pourrait qualifier mélodiquement de base dans la bossa nova –, mais elle résume exactement comment Astrud Gilberto réussit à séduire son auditeur. Sous couvert d’une voix très sage, on devine une interprétation tout en langueur et en suggestion.

Diana Krall

Pourquoi je l’aime

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Parce que cette pianiste de jazz, épouse d’Elvis Costello, est la seule blonde qui éventuellement me provoquerait des frissons dans l’échine et autre part. Je l’ai découverte avec l’album The Look of Love et, dès lors, j’ai fondu devant cette voix grave et chaude à faire bander un mort. Depuis, elle est un peu plus discrète – elle s’occupe de ses bébés –, mais dès que je tombe sur un standard jazz interprété par elle, je deviens tel le loup de Tex Avery.

Ma chanson préférée : The Look of Love

Alors oui, je ne fais pas dans l’ultra-original, mais j’ai beau écouter n’importe quelle version de The Look of Love, j’ai l’impression d’écouter une montagne de marshmallows qui s’écrase sur moi à côté de la version de Diana Krall. Alors que n’importe quel interprète la jouerait Oh la la je t’aime tellement mon amour, la la la, Diana nous l’interprète sur l’air de J’ai repéré que tu m’as repérée, et si je continue à te mater, ça va être chaud pour ton fessier. Ca change tout : on passe d’une chanson d’amour de base à une chanson de séduction intense.

Melody Gardot

Pourquoi je l’aime

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Ce n’est pas parce qu’elle garde des séquelles d’un poly-trauma que Melody Gardot a décidé de baisser les bras. Certes, elle reste tout le temps assise et porte constamment des lunettes teintées, mais elle a réussi ainsi à se construire l’image d’une femme mystérieuse à la voix à la fois sucrée et épicée, sur un registre plus aigu que Diana Krall, mais dans le même esprit. C’est peut-être même pour cette raison que cette voix provoque en moi des choses inavouables.

Ma chanson préférée : Your Heart is as Black as Night

Là aussi, encore, je fais dans le très basique, puisque c’est avec cette chanson qu’elle a été découverte du « grand public ». On dirait une chanson interprétée par Jessica Rabbit, mais en mode désabusée après 20 ans à chanter tous les soirs dans une cave, alors que Melody n’avait qu’à peine 25 ans. Ce qui, pour moi, est un gage de grande qualité et de grande maturité.

Les meufs à la voix chelou

Lisa Gerrard

Pourquoi je l’aime

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Parce qu’avec Brendan Perry, cette Australienne au visage suranné a formé le groupe le plus bizarre et le plus intéressant qui soit, à savoir Dead Can Dance. Mieux qu’un épisode de Dr Who, sa voix a su traverser l’espace et le temps, offrant ainsi ses volutes à des musiques d’inspiration à la fois médiévales/Renaissance/baroques et orientales/asiatiques/africaines. En solo, elle irradie et invite à la méditation, bien que sa voix se prête également aux bandes originales de films à l’ambiance psychologiquement lourde et guerrière (Gladiator, La chute du Faucon Noir).

Ma chanson préférée : The Song of the Nile

Cette chanson m’inspire l’épisode d’une très belle histoire d’amour, peut-être la préparation à des noces entre le chanteur et la chanteuse, à l’image du Cantique des cantiques. Tout débute par ce chœur très doux, qui exhorte l’auditeur à écouter ce que les amoureux ont à se dire. Puis on sent l’impatience qui gagne les deux amoureux qui se répondent, s’enlacent, s’étreignent, s’écoutent. Un vrai moment d’apaisement et de poésie (même si je ne comprends pas du tout ce qui est dit, on est bien d’accord).

Martina Topley-Bird

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Pourquoi je l’aime

Je remercie la Siamoise de m’avoir fait découvrir cette Anglaise, ancienne compagne de Tricky et ancienne comparse de Massive Attack, qui tire son épingle du jeu. Ni vraiment soul ni cristalline, sa voix si particulière se prête à la fois aux univers sucrés et à la noirceur du trip hop. En solo, elle privilégie des mélodies simples et des orchestrations parfois minimalistes, si bien qu’elle n’a pas le côté prétentieux et brise-noix de certaines chanteuses à la voix hors norme.

Ma chanson préférée : Baby Blue

Là aussi, tout dépend de l’orchestration, car cette chanson existe en deux versions : une version très orchestrée qui ressemble fortement à une production Motown des années 1960, et une version plus minimaliste à l’harpischord et au ukulélé qui ressemble davantage à une berceuse. Pour vous montrer toute la richesse de son univers et ses capacités d’interprétation.

Anaïs Maviel

Pourquoi je l’aime

Parce que c’est une copine, tout simplement. Je collabore avec elle depuis 3 ans dans mon orchestre de percussions et, peu à peu, j’ai découvert un univers de création assez barré. Elle s’inspire à la fois de la soul, du jazz, des différents répertoires africains, caribéens, brésiliens… pour créer sa matière. Je n’aurais pas de chanson préférée pour elle, parce qu’elle travaille essentiellement sur l’improvisation, qu’elle se produise en solo ou avec des musiciens. Si vous avez l’occasion de la voir en concert, faites-le. Vous serez bousculés dans vos convictions.

Je ne recherche donc pas chez une chanteuse des prouesses techniques – honnêtement, je n’en vois pas l’intérêt – mais un univers auquel je peux m’identifier sans effort. C’est pour cette raison que ces chanteuses, pour la plupart, trouvent leur place dans mon panthéon musical.



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