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Selon un document exceptionnel, George Sand aurait bien été l'amante d'Agricol Perdiguier

Par Jean-Michel Mathonière

Selon un document exceptionnel, George Sand aurait bien été l'amante d'Agricol PerdiguierRebondissement spectaculaire dans l'affaire des nombreux amants de George Sand, la célèbre romancière : d'après les expertises menées par le laboratoire OuLiPo (UMR345) du Centre national de littérature potentielle, sous la direction du Selon un document exceptionnel, George Sand aurait bien été l'amante d'Agricol Perdiguierprofesseur Henry Jones, une lettre de la « bonne dame de Nohant » que l'on croyait depuis la fin du XIXe siècle adressée à Alfred de Musset, est en réalité un courrier érotique attestant, sans aucun doute possible, de sa liaison torride avec Agricol Perdiguier, un modeste compagnon menuisier d'origine avignonnaise dont elle s'était entichée en 1839 et que, grâce à ses amis républicains, elle réussit à faire élire député en 1848 et 1849.

Le point de départ de cette découverte renversante est une question soulevée il y a déjà fort longtemps par divers spécialistes des questions sandiennes, qui suspectaient que cette lettre rendue publique peu après la mort de George Sand était un canular : pourquoi ne connaissait-on pas le document original, mais seulement une transcription livrée en pâture au Canard Enchaîné ? Pour mémoire, voici cette transcription :

Cher ami,
Je suis toute émue de vous dire que j'ai
bien compris l'autre jour que vous aviez
toujours une envie folle de me faire
danser. Je garde le souvenir de votre
baiser et je voudrais bien que ce soit
une preuve que je puisse être aimée
par vous. Je suis prête à montrer mon
affection toute désintéressée et sans cal-
cul, et si vous voulez me voir ainsi
vous dévoiler, sans artifice, mon âme
toute nue, daignez me faire visite,
nous causerons et en amis franchement
je vous prouverai que je suis la femme
sincère, capable de vous offrir l'affection
la plus profonde, comme la plus étroite
amitié, en un mot : la meilleure épouse
dont vous puissiez rêver. Puisque votre
âme est libre, pensez que l'abandon ou je
vis est bien long, bien dur et souvent bien
insupportable. Mon chagrin est trop
gros. Accourrez bien vite et venez me le
faire oublier. À vous je veux me sou-
mettre entièrement.
Votre poupée

...


Pour ceux qui ne connaîtraient pas déjà ce courrier, il faut les avertir qu'il est préférable d'éloigner les enfants avant de lire le message décrypté, c'est-à-dire à haute voix une ligne sur deux seulement. C'est que la « bonne dame de Nohant » possédait un sacré tempérament – c'est un fait amplement attesté par ailleurs – et les partisans du canular avaient toujours eu les plus grandes difficultés, du fait de sa crédibilité potentielle, à écarter ce document d'un simple revers de main et d'un froncement réprobateur des sourcils. C'est au demeurant par désir de ne pas accentuer plus que nécessaire le portrait de la célèbre amoureuse que les gardiens de sa mémoire avaient fini par ne pas inclure ce courrier dans l'édition complète de sa correspondance, sans pour autant affirmer qu'il était faux.

Rebondissement il y a quelques semaines lorsqu'un spécialiste du compagnonnage (qui a humblement souhaité conserver l'anonymat) a retrouvé un exemplaire manuscrit de ce courrier dans les archives secrètes d'Agricol Perdiguier (1805-1875). La rumeur avait en effet longtemps couru – et elle court toujours d'ailleurs – que George Sand et Avignonnais-la-Vertu, de son beau nom de compagnon menuisier du Devoir de Liberté, avaient été amants durant une durée indéterminée. Perdiguier étant mort quelques mois avant Sand, le doute n'était pratiquement plus permis et l'on pouvait faire l'hypothèse que tout de suite après le décès de la célèbre romancière, une des filles Perdiguier avait vendu une copie de ce courrier compromettant à un journaliste afin de soulager quelque peu la misère dans laquelle Agricol avait laissé sa famille. Tout en lui recommandant bien sûr la plus grande discrétion afin de ne pas chagriner davantage sa mère, Lise ! On devine la suite : le journaliste aura trouvé bien plus accrocheur lors de la publication de mettre ce courrier au profit du célébrissime Alfred de Musset plutôt qu'à celui d'un modeste ouvrier mort dans un oubli quasi total.

Des analyses graphologiques ont aussitôt été menées. Comme très souvent en la matière, les experts se sont affrontés durant plusieurs semaines sans parvenir à tomber d'accord quant à savoir s'il s'agissait ou non d'un courrier écrit de la main même de George Sand, ce qui était bien évidemment la première chose à prouver. C'est seulement dans la soirée d'hier que le verdict est tombé, après qu'en désespoir de cause l'original ait été confié aux équipes du professeur Henry Jones et au matériel d'investigation dernier cri de l'OuLiPo : les analyses biologiques ont confirmé la présence sur le papier de très faibles traces ADN des deux protagonistes de cette histoire d'amour !

Selon un document exceptionnel, George Sand aurait bien été l'amante d'Agricol Perdiguier
Deux laborantines de l'OuLiPo effectuant l'analyse des traces ADN prélevées sur la lettre érotique de George Sand à Agricol Perdiguier.

Une contre-expertise doit être réalisée dans les prochaines heures, à la demande des familles quelque peu perturbées par cette révélation et qui craignent que ces traces résultent en réalité d'un transfert accidentel dû à la maladresse d'un chercheur-stagiaire, le docteur Moriarty (mystérieusement disparu et que nous n'avons pu joindre). Il faudra toutefois retrouver le document car il semblerait qu'un admirateur fou ait durant la nuit, immédiatement après la diffusion de la dépêche AFP, fracturé la porte de l'OuLiPo pour s'en emparer. Interpol a été saisi de l'enquête mais se refuse à tout commentaire.

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L'équipe des chercheurs de l'OuLiPo (UMR345) du Centre national de littérature potentielle. Au centre, le professeur Henry Jones. À ses côtés, le docteur Moriarty, mystérieusement disparu.

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L'homme pense parce qu'il a une main. Anaxagore (500-428 av. J.-C.)


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