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(Note de lecture) Anthologie classique définie par Confucius d'Ezra Pound, trad. d'Auxeméry, par Pierre Vinclair

Par Florence Trocmé

Chuchotis chinois
Sur l’Anthologie classique définie par Confucius d’Ezra Pound, traduite par Auxeméry

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Les Chinese whispers (expression que mon titre traduit mot-à-mot) désigne en anglais ce que nous appelons le Téléphone arabe : ce jeu par lequel on voit une phrase se déformer à mesure que dans une chaîne humaine un interlocuteur l’ayant reçue tente de la répéter à son voisin. Le fait même qu’il soit désigné par deux expressions aussi différentes en anglais et en français suggère que l’art de la traduction en est, en quelque manière, une sous-espèce. La plupart du temps, cependant, on ne traduit que des textes originaux, et le jeu s’arrête au premier coup de téléphone. Mais le volume que PG de Roux vient de faire paraître élève le Chinese whispers au rang des Beaux-Arts : la couverture du volume nous le suggère, au lieu des deux strates attendues (l’auteur et le traducteur), ce sont, semble-t-il, trois niveaux différents d’écriture (Confucius, Pound, Auxeméry) que nous propose la version française de l’Anthologie classique définie par Confucius d’Ezra Pound. Voire, quatre : car Confucius n’est ici pas auteur mais seulement éditeur (et peut-être arrangeur) de textes qui lui préexistaient. Ou plutôt cinq : car ces poèmes furent d’abord assemblés et couchés sur papier à la Cour des Zhou au VIème siècle avant notre ère — à partir d’un vaste ensemble (six !) de chansons orales passant dans les campagnes de bouches en bouches (sept, huit, neuf, etc.) : nous voici donc en plein Téléphone arabe.
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Cette « anthologie » (souvent appelé Livre des Odes ou Classique des Poèmes), sans doute d’ailleurs pas définie par Confucius lui-même, contient le plus vieux corpus de poésie chinoise : 305 poèmes répartis en quatre ensembles (Chansons populaires, Petites odes, Grandes odes et Hymnes). Pastorales, chansons d’amour, chants de guerre, refrains naïfs, poèmes didactiques, petites épopées composent cet ensemble que Confucius considérait comme un élément primordial de la culture et de l’éducation : « Un homme s’éveille à la lecture des Odes, disait-il, s’affirme par la pratique du rituel, et s’accomplit dans l’harmonie de la musique. »

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Pierre Vinclair
Ezra Pound, Anthologie classique définie par Confucius, traduction d’Auxeméry, Pierre-Guillaume de Roux, 2019, 480 p., 26€.


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