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GM liquide à tout va

Publié le 19 août 2008 par Alain Hubler

Alors que le groupe américain General Motors n’en finit plus de voir ses cours boursiers chuter, l’ex-géant de l’automobile annonce qu’il va renouer avec une politique qu’il s’était bien juré d’abandonner : la politique au rabais, pardon la politique du rabais.

Et pourtant, en juillet 2003, GM et Ford se rendaient compte, tout à coup, après deux années passées à relancer la vente de voitures congelée par les événements du 11 septembre 2001 à grands coups de rabais et de prêts à taux zéro, que cette politique les menait droit dans le mur.

À vouloir se chiper parmi les parts de marché, les deux mastodontes en étaient arrivés à la brillante conclusion que leurs ventes n’augmentaient pas tant que cela et que par contre leurs marges diminuaient.

GM décidait alors, en 2004, d’arrêter avec sa «logique onéreuse de promotions permanentes, lesquelles ont représenté l’an dernier en moyenne 4 000 dollars par véhicule.»

«Il ne faut jamais dire fontaine je ne boirai pas de ton eau» est une devise qui aurait dû rester présente à l’esprit du constructeur automobile car en novembre 2006, la firme remettait le couvert et se relançait dans «un nouveau programme de promotions massives.»

Un programme dont l’objectif était de stimuler la vente de 4×4 freinée en 2006 par une augmentation du prix de l’essence qui, de 2,2 $ en janvier, était passé à 3,0 $ en octobre. Les voitures se vendirent au rabais, les marges diminuèrent et GM commença à fermer des usines et, bien entendu, à licencier.

De rabais en rabais, de diminution de marge en diminution de marge, GM s’est mis dans une panade épouvantable qui s’est traduite par une chute vertigineuse de sa valeur en bourse pour atteindre sa valeur historiquement la plus basse depuis 53 ans à la mi-août.

On parle même maintenant de faillite et certains estiment que GM devrait débloquer 15 milliards de liquidités pour passer l’année 2008 et continuer à espérer que ça aille mieux en 2009.

Un problème pas très nouveau surgit : comment faire pour obtenir rapidement de l’argent liquide ? Pour GM, c’est simple, il suffit de vendre des voitures et si possible de se débarrasser des stocks de gros SUV qui n’ont plus la cote, même chez les étatsuniens. Pour faire bon poids, la firme a aussi décidé de fermer des usines de 4×4 et de vendre la fameuse marque Hummer.

Un problème demeure : comment convaincre les étatsuniens d’acheter les 4×4 dont ils ne veulent plus ?

Pas compliqué : à grands coups de rabais … comme d’habitude. Elle est pas belle la spirale économique ?


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