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Les Sept Jours - De Ronit Elkabetz et Shlomi Elkabetz

Publié le 06 juillet 2008 par Kilucru

LES SEPT JOURS
Un film de Ronit Elkabetz et Shlomi Elkabetz
Avec Ronit Elkabetz, Albert Illouz, Yaël Abecassis, Simon Abkarian, Hanna Laslo, Moshe Ivgy, Keren Mor, Alon Aboutboul, Evelyne Hagoel, Rafi Amzaleg ...
Titre original : SHIVA - Israël
Présenté à la Semaine de la critique - Cannes 2008
Synopsis
Israël, 1991. Toute la famille Ohaion pleure la disparition de l'un des siens. Fidèles à la tradition, les proches sont censés se réunir dans la maison du défunt et s'y recueillir pendant sept jours. Alors que chacun semble se plier à la coutume, la cohabitation devient de plus en plus pesante. Contraints de se supporter jour et nuit, frères et soeurs ne tardent pas à laisser l'amertume et les disputes prendre le pas sur le recueillement. L'atmosphère devient bientôt irrespirable et les vérités enfouies depuis longtemps remontent enfin à la surface ...
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« Les 7 Jours », « ils sont venus, ils sont tous là.. » une chanson d’Aznavour, ici la famille n’est pas italienne mais israélienne de confession juive et la tombe que l’on referme celle d’un fils. Un mur noir, les tenues des sœurs et des frères et de toute la famille tranchant dans la lumière du jour face à une caméra immobile. La mère et les siens dans un déluge de lamentations, ici la douleur n’est pas muette. Il faut le hululement de la sirène pour que tous s’empressent, parfois gauchement d’enfiler un masque à gaz (Saddam Hussein et sa menace chimique…). Scène surréaliste, kafkaïenne où tous les personnages apeurés, ressemblent à un essaim de grosses mouches noires, agglutinées tremblantes autour d’une tombe, pour ainsi dire d’un cadavre.
L’ensemble, de film tout en plan fixe, dans une enceinte minime, une maison vidée de ces meubles, au miroirs, tableaux, tout ce qui pourrait détourner l’attention est recouvert d’une housse blanche, ici pendant sept jours vont coexister tous les membres de la famille (..je vous Hais..)..
Nous voici donc plongé dans ce microcosme, voyage exploration au sein d’une nombreuse famille, les thèmes, les propos propre à ce sujet sont toujours plus ou moins les mêmes, sauf qu’on est rarement suite à un deuil obligé de se soumettre à une telle promiscuité. Celle-ci se révélera plutôt explosive.
Le talent de ce cet œuvre est dans l’art de la prise de vue, caméra fixe, les acteurs évoluant par petites unités face à celle-ci, des acteurs magnifiquement dirigés, qu’ils soient deux ou dix face à l’objectif nos réalisateurs obtiennent cet impression de légèreté propre à s’opposer au durs échanges verbaux qui peu à peu commencent à avoir lieu …
Nous, spectateurs enfermés dans cette villa dépouillée, aurons fort à faire dans un premier temps pour reconstruire dans notre esprit cet arbre familial, bien situer qui est qui par rapport à qui .Et ensuite assister à l’érosion du climat, rancœurs, jalousies et haines ordinaires s’invitant dans la ronde, les insectes s’entre-dévorent.. !
la Mama aligne une gifle sans un mot et laisse sur sa joue deux larmes couler.. !
Voila c’est visuellement bluffant, impression d’assister à une gigantesque fresque théâtrale ! Une réalisation qui n'a d'égale que le talent des innombrables acteurs. La comédie humaine et un thème ancien, la famille ici ou là bas . ..Always the Same Old Song.. !
Merci pour ce final musical, déchirant, ..ouverture vers une autre possibilité, je l’espère..
Fluctuat.net "..chaque personnage étant à la fois acteur et spectateur ébahi de la désagrégation collective. Face à cette prise sur le vif et cette impression d'un film en train de se faire, le spectateur prend une part active à la fragilité de cette famille, mais.."
àVoir-àLire.Com "...Le jeu des acteurs, toujours juste et subtil, est pour beaucoup dans l’attrait de ce métrage.."
le Monde.Fr "Les Sept Jours" : en Israël, sept jours de deuil et de haine"...

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