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Supersex (Mini-series, 7 épisodes) : la vie de Rocco Siffredi bande mou

Publié le 12 mars 2024 par Delromainzika @cabreakingnews
Supersex (Mini-series, épisodes) Rocco Siffredi bande

Raconter l'histoire de Rocco Siffredi peut être intéressante de sa jeunesse à son ascension dans le monde du porno. Pour autant, Supersex ne nous raconte pas vraiment une success story mais une histoire relativement triste. Triste par la jeunesse malheureuse de Rocco et triste par la pauvreté du scénario. Alessandro Borghi incarne donc Rocco Siffredi, personnalité sulfureuse dont la vie n'a pas vraiment l'odeur d'un roman à l'eau de rose mais plutôt de semence restée collée dans un magazine Supersex qu'il feuilletait à 12 ans lors de ses premières branlettes. L'histoire de ces sept épisodes se concentre sur son enfance jusqu'à la conférence de 2004 où il avait annoncé prendre sa retraite (avant de revenir quelques années après à cause de son addiction au sexe).

La vie et le parcours professionnel du comédien, Rocco Siffredi, son enfance, sa famille et sa relation spéciale avec l'amour, qui l'a conduite à entreprendre une carrière dans le cinéma X.

En 2016, un documentaire racontait déjà son histoire, sobrement intitulé Rocco. C'était un documentaire plutôt réussi qui fourmillait d'informations et se suffisait à lui seul. Désormais, nous avons une série en sept épisodes qui permet de raconter toute l'histoire à la sauce italienne. Mais sincèrement, malgré tout ce que Supersex peut nous dire d'intéressant, ça bande sacrément mou. De la première branlette à 12 ans aux errances dans des soirées sexe de Pigalle au milieu de prostituées, Rocco Siffredi en a déroulé du câble. La vie de Rocco est alors survolée constamment, jamais vraiment creusée. Je pense notamment à son enfance particulièrement triste qui est tellement survolée que l'on n'est jamais émus. Avec sept épisodes pour raconter autant d'années, forcément que Supersex ne peut pas s'attarder sur quoi que ce soit. On enchaîne alors les évènements importants de sa vie (notamment la mort de sa mère) sans que la scénariste Francesca Manieri s'attarde réellement sur ces moments pour nous toucher.

Afin de tenter de nous exciter un peu le manche, Supersex part à fond de balle sur des éléments à scandale : le rapport de Rocco à la religion, à sa mère, au sexe, aux femmes, à la célébrité, à son passé, etc. Mais rien n'est suffisamment traité pour que cela soit réellement percutant. On se retrouve avec tout un tas de séquences, imbriquées les unes dans les autres sans que cela n'ait de réelle implication palpitante. Supersex se déguste assez rapidement mais manque de tout ce qui aurait pu faire le charme sulfureux d'une telle série. Alors oui, il y a du sexe. Beaucoup de sexe. Que cela soit une partie fine dans les backrooms de Pigale ou avec une transgenre dans une allée sombre. La vraie qualité de Supersex c'est Alessandro Borghi. Ce dernier s'éclate avec le personnage et ça fait finalement du bien. C'est bien le seul élément excitant de tout ça : l'acteur qui incarne un autre acteur.

Mais là aussi, la série échoue à créer des éléments importants comme la façon dont Rocco a soigné son homophobie. Tout est réglé en l'espace de moins de deux minutes. Les femmes qu'il rencontre s'enchaînent mais rien n'imprime réellement. Finalement, après sept épisodes Supersex reste un biopic sympathique sur certains éléments mais beaucoup moins sur d'autres. Même dans la culture masculine dans le monde du porno, Supersex ne fait rien de palpitant. Il y a une critique mais rien de surprenant, tout est fantasmé et jamais vraiment réaliste. Cela rend cette aventure lisse, parfois ennuyeuse et trop mainstream du porno. Rocco est certes l'un des acteurs pornos les plus connus au monde mais l'on ne plonge pas vraiment dans ce qui a fait sa renommée (le gonzo). Dommage que Supersex ne soit pas le produit que j'attendais.

Note : 4.5/10. En bref, si Alessandro Borghi est excellent sous les traits de Rocco tant il semble s'éclater à l'incarner, le scénario enchaîne les histoires sans jamais se poser et réellement raconter quoi que ce soit. Le côté ultra superficiel et lisse de ce récit l'empêche de... bander.

Disponible sur Netflix


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