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Nocturne au village

Publié le 22 août 2008 par Goure

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Des sorties nocturnes sont organisées chaque jeudi en période estivale. Elles sont conduites par Thierry Van Weddingen , responsable de l’office de tourisme. Rendez-vous est donné à 20h30 sur la place de la mairie , aux abords du kiosque. Les touristes ou les Ampusians désireux de mieux connaître leur village se regroupent pour découvrir le chemin de l’eau et le chemin de croix , les deux priorités d’Ampus. Ce jeudi 21 août , c’était un autre programme : la découverte des maisons des maires depuis 1790 jusqu’au milieu du XX° siècle.Vingt-cinq adultes , plus quelques enfants , formaient le groupe de cette sortie nocturne. Je ne vais pas tout vous dire sur les maires de cette période , mais vous en présenter les principales caractériques - Nous avons commencé par la rue du Passé. En face des escaliers , la première maison de maire , celle de Jean-François Arnaud , maire de 1790 à 1807 et de 1815 à 1826. On a de lui un rapport qu’il fit sur l’agriculture. Il fut maire à 33 ans. Ampus comptait à cette époque plus de 1000 habitants - Son frère , Barthélémy Arnaud , avocat , fut maire également. Il vendit les 2/3 de la maison seigneuriale (actuelle mairie rachetée il y a quelques années). Lire page 7 du livre de M. Faure . Extrait :”19 janvier 1801- Le citoyen Barthélémy Arnaud a exposé que , depuis longtemps, les habitants souhaitent que l’on vende aux enchères l’aile droite et l’aile gauche de la maison commune pour en employer le prix à la construction d’un pont sur la rivière qui traverse le terroir d’Ampus et à la construction d’une fontaine sur la place publique..” Les deux frères vécurent vieux : 85 et 82 ans - Le maire suivant fut Jean-François Raybaud dont la maison se trouvait à l’emplacement du restaurant La Fontaine - Vint ensuite Antoine Abeille , maire de 1826 à 1831 qui n’aimait guère qu’on s’opposât à lui comme le montre ce texte emprunté au livre de M. Faure , page 173:”5 novembre 1830. Le maire écrit à M.le Préfet : J’ai l’honneur de vous informer de la conduite qu’ont tenue les rebelles hier au soir; ils ont d’abord cherché à se rallier : cinq ou six , suivis d’un tambour, portant deux drapeaux. Ils ont parcouru le village jusque vers les 9h en criant “Vive la Liberté“. A mesure qu’ils arrivaient devant la maison du maire et celle de l’adjoint , ainsi que sous les fenêtres du presbytère , ils criaient de toutes leurs forces : “A bas les tyrans , à bas le ruineur de la commune”. Le sieur Jean Joseph Arnoux marchait en tête, ainsi que Lucien Giboin et Jean Lions, les autres suivaient. Ce sont des jeunes gens inconsidérés. Ces perturbateurs, n’ayant pu grossir la farandole , ont pris le parti de rentrer chez eux” Remarque personnelle : Je serai toujours du côté de ceux qui crient “vive la Liberté”. - Léon Fouque lui succéda de 1831 à 1835 - Le maire qui marqua le plus le village fut Jean-Baptiste Raybaud , maire pendant 55 ans ! Une performance. Médecin des pauvres , il s’était illustré lors de l’épidémie de choléra où périrent 46 personnes du village. Il se dépensait sans compter pour aider les malades.C’est lui également qui désenclava Lentier en créant la route qui relie Ampus à Draguignan en passant par le hameau de Lentier - Le maire suivant fut Paul Balthazar Cluman , cordonnier de profession , maire à 34 ans. Il ne se faisait pas nommer maire mais “président de la commission municipale” - Pascal Ravel fut maire de 1893 à 1896. Il exerça plusieurs métiers : tailleur de pierres , agriculteur , chargé d’affaires et distillateur-apiculteur - A la place de l’actuelle boulangerie se trouvait la maison de Louis Giboin , maire à 60 ans. Dans cette maison se tenait jusqu’à la guerre de 14 le seul café de la place. Ensuite il y eut une boucherie à cet endroit. Giboin fut maire de 1896 à 1897. Son frère devint maire aussi. Il a habité rue Clumanc , l’actuelle maison de Jean Martin - Ensuite il y eut les deux frères Gardiole - De 1904 à 1908 , Pierre Honoré Blanc , revenu de Marseille où il était chef mécanicien de la marine , fut élu maire d’Ampus. Une de ses soeurs s’était mariée à un Montmaneix. C’est de cette époque que la famille Montmaneix vint à Ampus où elle possède encore une belle maison . Pierre Blanc habitait sur la place , la maison au-dessus du café Fanfan, c’est-à-dire l’actuelle mairie - De 1908 à 1919, c’est au tour de Abel Giboin , pharmacien , d’être maire d’Ampus. Il était très actif et plutôt original . En effet il fit des démarches répétées pour que le train passe par Ampus pour rejoindre Saint-André-les-Alpes. Il ne réussit pas…- Après la guerre de 14-18 , le village entama son déclin et sa population tomba à moins de 400 habitants. Le maire Victorin Colle essaya d’enrayer l’exode mais n’y parvint pas - Le maire suivant s’appelait Jules Rouvier 1930- 1936 , maire à 66 ans. Sa maison était contiguë à l’actuel office de tourisme . Il était régisseur au Moulin Vieux , domaine agricole important à l’époque - Pendant la guerre de 39/45 Jules Taxil , cuisinier revenu au village, fut maire dans une période difficile. Sa maison rue Clumanc et Montée de l’église appartient toujours à sa famille. Un arrière petit-fils a même écrit au Toupin il y a quelques mois - L’après-guerre vit un grand changement à Ampus : un maire communiste (le premier et le dernier jusqu’à ce jour) fut élu. Albert Revel , maire d’Ampus de 1945 à 1953. Il commença la modernisation du village jusqu’alors moyenâgeux. Il n’hésitait pas à aller faire le “siège” à la préfecture pour faire avancer les dossiers ! - Il fut battu en 1953 par un “frère ennemi” socialiste Omer Parasiliti , receveur des postes , qui n’était d’Ampus ni d’Eve , ni d’Adam , c’est-à-dire ni par ses parents , ni par sa femme , “un vrai estranger” , disait-on.. - Il ne révolutionna pas le village et fut aisément battu par Maurice Michel , un vrai Ampusian . Mais ça , c’est une autre histoire dont on parlera une autre fois , pas aujourd’hui. La sortie effectuée ce soir sera renouvelée à l’occasion de la Journée du patrimoine.Vous pourrez y aller si tel est votre plaisir.Vous apprécierez sûrement le talent et l’érudition de Thierry Van Weddingen .

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Je vous réserve pour un prochain article l’histoire du maire , monarchiste, qui fit brûler le drapeau tricolore !


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