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La monarchie sarkozyenne, vue par LE POINT

Publié le 23 août 2008 par Juan
Extrait du POINT, édition du 21 août.
Sans commentaires.
"C'était le 14 juillet 2008. Ou était-ce en 1648 ? C'était à l'Elysée. On aurait dit Versailles. Ce jour-là, « M. et Mme Nicolas Sarkozy » reçoivent. De beaux esprits mondains arrivent en nombre, qui, après cette réception, pourront mourir en paix. Ils sont parés de costumes flamboyants et de robes entre mauvais goût et élégance rive gauche. « Les dames excellaient en pierreries et autant qu'elles purent en beauté ; les autres en broderie, rubans et bonne mine, chacun selon l'étendue de ses forces et de la libéralité de la nature. » Ainsi, en son temps, l'écrivain Jean-Louis Guez de Balzac décrivait-il la pompe des courtisans. Nous y sommes.
Il est presque 13 heures. Dans le jardin de l'Elysée, on festoie, lève son verre. On se reluque. On guette les visages connus, les célébrités. « Oooooh, il est beau comme un dieu ! » : une dame vient de poser une main sur la joue de Jean Sarkozy.
L'orchestre de la Garde républicaine joue des airs populaires. On croise des personnes circulant en fauteuil roulant, d'autres avançant sur des béquilles : les victimes sont à l'honneur en cette deuxième garden-party de la présidence Sarkozy. Des railleurs, entre eux : « On vient de croiser Patrick de Carolis [le PDG de France Télévisions], on peut le compter parmi les victimes ! Ah, ah, ah... » Ils auraient pu rire autant de Patrick Devedjian, lui que le président ne cite plus, lui qui s'est fait damer le pion par la petite Rachida, devenue ministre de la Justice « à sa place », lui qui parle le sarkozysme sans accent et qui a toujours eu la reconnaissance du ventre... Lui, lui, lui qui n'est pas aujourd'hui dans le salon des Ambassadeurs et marche le dos voûté, tel un héros maudit de la mythologie grecque. Le salon des Ambassadeurs est la pièce centrale, côté jardin, du Château. Y accèdent uniquement ceux qui ont un petit point rouge sur leur carton d'invitation. Soit une centaine de personnes sur les 8 000 conviées ce jour-là.
C'était le 14 juillet 2008. Dans le salon des Ambassadeurs, les « choses de la cour » se jouaient à huis clos. Comme jadis à Versailles, entre les pilastres du salon d'Hercule, quand Louis XIV reçevait. Etienne Mougeotte, Jean-Pierre Elkabbach et Catherine Nay se disent maintes choses à voix basse. Non loin d'eux, deux hommes assis dans un recoin de la pièce, telles deux divinités tutélaires, ont l'air las devant tant de magnificence : ils s'appellent Charles Pasqua et Serge Dassault. Les VIP se bousculent, se reconnaissent puis s'enlacent et s'embrassent. Que peuvent-ils donc bien se dire ? Henri Guaino et Régine, Claude Guéant et Claudia Cardinale, Alain Minc et David Douillet, Rachida Dati et André Glucksmann. Magie de l'Elysée... La famille Dati est au grand complet. Michel Rocard et Elisabeth Guigou, seuls socialistes présents-Jack Lang était bien là, mais dehors...-, se présentent conjointe et conjoint. Pierre Charon, le conseiller du président, ne cesse de dire combien Carla est merveilleuse. L'abbé de La Morandais pose la main sur la tête d'un enfant, un des fils de Brice Hortefeux, et lui murmure à l'oreille quelques « bondieuseries ».
Soudain, une porte s'ouvre. C'est lui, Nicolas Sarkozy, tout en majesté. Ses chaussures luisent. Sa maquilleuse finit de lui repoudrer le nez. Carla est là. Dire qu'elle est belle va de soi. « Tu as vu ma mère ? » demande-t-elle à son amie Farida Khelfa. Elle prend la pose, Carla, pour les amis de la famille, la famille des amis. Le président, lui, s'en va directement saluer Ingrid Betancourt. A leur gauche, Simone Veil et Hélène Carrère d'Encausse. « Elle, c'est une immortelle », lance Sarkozy à Betancourt, en agitant son index en direction de la secrétaire perpétuelle de l'Académie française. Sarkozy a plaisanté ? On a bien sûr rigolé !

La suite de l'article (croustillant) est à lire ici.

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