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Changer d'avis comme de chemise :

Publié le 16 août 2008 par Stabbquadd
Signification :
Changer facilement et fréquemment d'avis ( source )
Origine :
Au début du seizième siècle, alors que François Ier venait d'accéder au trône de France, les idées de la renaissance italienne se diffusaient en France. La roi étant un homme de goût, il s'intéressa à cette mode et commanda de nombreuses oeuvres, dont certaines à de grands noms, tel que Leonard de Vinci. Dès lors, la nouvelle se répandit que le Roi de France offrait financements et missions aux artistes qui savaient le séduire. C'est ainsi qu'ils défilèrent nombreux devant le monarque, venant de tous horizons, pour lui présenter leurs travaux.
Toutefois, une rumeur allait grandissant : il y aurait certaines journées où le Roi, euphorique, attribuait son crédit à presque tout ce qu'on lui présentait, tandis que d'autres jours il allait jusqu'à punir des artistes trop entreprenants ou aux travaux pas assez remarquables (comprendre : "à son goût"). Et le seul moyen de connaître les prédispositions royales était d'observer les couleurs de ses nippes. A plus clair correspondait plus de clémence, et au plus foncé plus d'impatience. Ainsi, certains artistes venaient de très loin pour présenter leurs travaux à la cour, et préféraient se ruiner en hébergement jusqu'à surprendre le roi dans une humeur joyeuse plutôt que de risquer leurs effets en ne se présentant pas devant lui dans un de ses bons jours. Certains n'avaient parfois même plus assez d'argent pour repartir et étaient obligés de compter sur un "jour clair" prochain pour espérer revoir leurs proches.
Les bourgeois de la cour, convaincus qu'il leur serait préférable de suivre la tendance quotidienne de leur monarque pour parvenir à attirer sa bienveillance, prirent l'habitude de faire de même. Ils l'imitèrent, et la coutume se perpétua ainsi jusqu'aux sujets voulant se faire croire noble. De nombreux commerçants dont la richesse allait grandissant se revendiquèrent un statut supérieur au petit peuple, et le montrèrent de cette manière. Alors, les braves gens qui recherchaient des produits de consommation courante évitaient souvent les officines de ces marchands prétentieux, se conseillant les uns les autres de ne pas aller là où "on change d'avis avec sa chemise". En effet, il valait mieux savoir maîtriser son budget à cette époque, et risquer de faire le chemin jusqu'à un commerçant dont les prix fluctuent avec son moral était bien trop risqué, et on préférait souvent payer un peu plus cher que de risquer de rentrer à vide à cause d'une inflation inopinée.
Pour aller plus loin :
Il faut donc bien comprendre de cette expression qu'une personne change d'avis en même temps que de chemise. De même qu'on dira "Comme on fait son lit, on se couche", cette expression signifie réellement "Comme on change d'avis, on change de chemise", l'un impliquant l'autre. On croit toujours que l'expression signifie qu'un individu est susceptible de changer d'avis aussi souvent qu'il changerait de chemise. Ce qui est parfaitement absurde et révoltant. Tout d'abord, c'est discriminatoire pour les gens qui ne portent pas souvent de chemise. Cela voudrait signifier qu'ils sont trop idiots pour pouvoir changer d'avis, puisqu'il n'y a qu'eux qui ne changent pas d'avis. Pourtant, le port d'une chemise ne fait pas l'intelligence, qui est en plus de ça toute relative. De plus, change-t-on vraiment souvent de chemise ? Il y a des gens capables de faire durer une chemise plus d'un mois. Cela signifie-t-il qu'ils ne changent d'avis qu'une fois par mois ?
Non, si l'expression avait réellement ce sens, on aurait certainement préféré parler de chaussettes ou de culotte. On en change bien plus souvent, et avec bien plus de certitude, du moins je l'espère pour vous.
Réactions du public :
"Ah non non non, je ne m'en suis jamais caché, ça a toujours été comme ça", nous affirme Marco Rondput, Maire de Palavas-les-noyés, dans les Sonnes.
"Pas cher, je vous en fais trois pour le prix de deux, allez, c'est une affaire, vous ne pouvez pas refuser, quoi, qu'est-ce qu'il y a, elles sont pas belles, hein, elles sont pas belles, ah, ben alors, il faut vous dépêcher, on tombe pas tous les jours sur un article de cette qualité, allez, parce que c'est vous, je vous en propose quatre pour le prix de cinq, mais je peux pas faire mieux [...]", nous embobine Thomas Shettouvitch, expensif trafiquant négociant en chemises de marque à bas prix.
"On peut pas nous, vous voyez, on risque de se prendre la couture dans le mécanisme sinon", témoigne Francis Foissette, ouvrier d'une usine de rubanerie de Saint-Etienne.

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