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Budget 2025 : Michel Barnier confronté à son premier grand défi

Publié le 08 septembre 2024 par Délis

Michel Barnier face à une mission complexe

Michel Barnier, le nouveau Premier ministre français, se heurte à un défi colossal : élaborer un budget pour 2025 sans risquer une motion de censure à l'Assemblée nationale. La situation budgétaire actuelle est alarmante. Barnier doit donc rapidement prendre des décisions pour soumettre le projet de loi de finances au Haut conseil des finances publiques avant le 13 septembre.

La semaine dernière, Bruno Le Maire, ministre de l'Économie, et Thomas Cazenave, ministre du Budget, ont remis à Barnier une lettre détaillant les principaux enjeux du budget 2025. Jérôme Fournel, ancien directeur de cabinet de Bruno Le Maire, maintenant à Matignon, connaît ces dossiers sur le bout des doigts.

Objectifs budgétaires : une révision nécessaire

Les objectifs pour 2024 sont déjà dépassés. L'ancien gouvernement visait un déficit de 5,1% pour 2024. Finalement, il atteindra 5,6%. Cette déviation remet en question la trajectoire initiale, qui prévoyait un déficit de 4,1% en 2025. Réduire le déficit sous les 3% d'ici la fin du second mandat d' Emmanuel Macron semble désormais irréaliste.

Les experts internes pensent qu'un déficit autour de 5,3% pour 2024 serait une " performance ". Pour 2025, l'objectif est de passer sous la barre des 5%, un défi de taille pour Michel Barnier.

Des dépenses sous strict contrôle

Pour 2024, Bruno Le Maire et Thomas Cazenave ont gelé 16,5 milliards d'euros de crédits pour limiter les dépenses. Cependant, une partie importante de ces fonds pourrait être dégelée, notamment pour les dépenses de personnel et les prestations sociales. Selon François Ecalle, spécialiste des finances publiques, environ la moitié des crédits gelés réintègrent le budget en fin d'année.

Une mesure envisagée pour 2024 est la taxe rétroactive sur les " rentes exceptionnelles " des producteurs d'électricité, via la Contribution sur la Rente InfraMarginale (CRIM). Cette taxe, instaurée en 2023, pourrait générer environ 2,5 milliards d'euros.

Un budget 2025 sous haute tension

Pour l'année 2025, Gabriel Attal, ministre de l'Éducation et ancien ministre des Comptes publics, a annoncé une enveloppe sans augmentation de crédits pour les ministères. Cela représente un effort budgétaire d'environ 15 milliards d'euros, avec en plus 5 milliards d'économies sur le budget de la Sécurité sociale. Barnier devra compenser toute hausse budgétaire par de nouvelles économies ou des mesures fiscales.

Le Projet de loi de finances (PLF) sera présenté au Parlement le premier mardi d'octobre, selon la loi organique sur les lois de finances. La Commission des finances du Sénat reste intransigeante : aucun report ne sera toléré.

Demande de délai à l'Union européenne

Au niveau européen, la France a demandé un report pour la présentation de son plan de redressement des finances publiques, initialement prévu pour le 20 septembre. Michel Barnier espère obtenir un délai de la Commission européenne pour étaler l'effort de réduction du déficit sur une période pouvant aller jusqu'à sept ans.

Avec un déficit public atteignant 5,5% du PIB en 2023 et une dette nationale de 110,6% du PIB, la France est sous la surveillance de Bruxelles. Sans mesures d'ajustement importantes, la dette pourrait atteindre 113,8% du PIB d'ici 2025, loin du seuil européen de 60%.

Michel Barnier doit donc concilier rigueur budgétaire, relance économique et pression politique, sous l'œil attentif de l'Union européenne.


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