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The L Word [Saison 1]

Publié le 28 août 2008 par Lulla

2oo4/2oo5 - 14 épisodes

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Suite à l`article fort élogieux de Tristana publié au début de l`été sur le blog (que vous pouvez toujours consulter ICI), j`ai décidé de me lancer dans le visionnage de la saison 1 de The L Word, série qui, rappelons-le, raconte les joies et les déboires d`un groupe d`amies lesbiennes dans un Los Angeles branché et résidentiel. Je tiens donc à remercier Tristana pour cette découverte. Si cette première saison est loin d`être parfaite, elle a le mérite de nous présenter des personnages attachants tout en bousculant l`ordre établi. Puisque la comparaison est inévitable, autant commencer par cela : The L Word propose un melting-pot des sexualités, au contraire de sa grande soeur Queer As Folk qui restait confinée dans un communauté très fermée où l`on voulait presque nous faire croire parfois que l`homosexualité était la norme, que tous les habitants de Pittsburg, ou presque, étaient homosexuels ! The L Word a le mérite de parler de toutes les formes de sexualité. Le plaisir saphique est évidemment davantage traité mais certains personnages sont hétérosexuels, d`autres sont des homosexuels en devenir et d`autres sont bisexuels ou à la recherche de leur identité sexuel. Ca fait beaucoup de "sexuel", oui. C`est vrai que la série n`est pas avarde en scènes érotiques mais elles ne sont jamais gratuites et elles sont superbement filmées, au plus près des corps et des souffles. 

Je dois bien avouer que le pilote ne m`avait que très moyennement convaincu. On sentait le potentiel de la série mais, malgré sa durée d`1h1o, il n`avait pas réussi à présenter tous les personnages de manière claire. Il y a beaucoup de personnages et seuls trois ou quatre étaient vraiment mis en avant, tandis que les autres étaient là, tapis dans l`ombre, prêts à raconter leur histoire à eux mais sans jamais qu`on leur en donne la possibilité. Cette erreur a été réparée par la suite, dès le deuxième épisode, et chacune des filles a eu sa ou ses storylines. Un désèquilibre subsiste toujours mais il est moins prononcé. Puisque l`on en est à parler des mauvais points, autant parler tout de suite des scènes inaugurales de chaque épisode. Elles font la singularité de la série mais elles sont trop souvent déconnectées. Ma favorite, pourtant très déconnectée, était celle du policier qui se fait faire une pipe dans les toilettes d`un bar et qui coffre ensuite le pauvre gamin pour racollage. On le revoit plus tard dans l`épisode qui arrête une des filles et il en profite pour tenir un discours à vomir sur lè homosexualité. Ca, c`était bien vu. Après, d`autres scènes teaser sont bien moins réussies, voire carrément ratées. Je ne sais pas si cela va perdurer dans les prochaines saisons mais si ces scènes venaient à disparaître, elles ne me manqueraient pas. Autre problème : la durée des épisodes. La norme sur le câble est de 50 minutes. The L Word s`y plie. Mais là où ces 5o minutes sont par exemple parfaitement utilisées dans Dexter, elles sont souvent gâchées dans The L Word par des lenteurs exagérées. Plus d`une fois je me suis ennuyé devant la série et ça n`est jamais bon signe. Ca manque de rythme. Pourtant, le season finale d`une durée précise de 58 minutes, a parfaitement su les utiliser pour faire quelque chose de rythmé et de prenant. C`est donc possible.

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Le point fort de la série vient des personnages. Ils se révélent au fur et à mesure et déjà en une saison, on perçoit une certaine évolution chez bon nombre d`entre eux. Celle par qui la série est introduite, Jenny, est un personnage ambigü, qui suscite chez moi à la fois l`intérêt et l`agacement. A travers elle, nous entrons les yeux grands écarquillés dans le monde des lesbiennes. On se rend très rapidement compte que c`est un monde très proche de celui des hétéros. Jenny se pose trop rapidement à mon goût des questions sur sa sexualité. Elle arrive à Los Angeles, c`est la parfaite minette hétéro, et en une rencontre, son monde bascule. C`est un peu trop gros. Par la suite, ses états d`âmes sont mieux développés et on comprend pas mal de choses. Sa relation avec Tim est passionnante car en constante évolution, passant d`un sentiment à un autre. Marina est là, au milieu de tout ça, avec sa froideur et son mystère forcément attirants. Si Karine Lombard joue souvent comme un pied (est-ce à cause de son accent ?), son personnage n`en est pas moins fascinant ! Dans le season finale, on comprend que derrière cette apparente force se cache une grande fragilité. J`ai hâte que cet aspect de sa personnalité soit plus mis en avant et qu`on la découvre sous un autre jour.

Bette et Tina forment le couple stable de la série. Ensemble depuis déjà plusieurs années, elles envisagent au début de la série de faire un enfant. Tout ne se passera pas comme prévu et que le projet sera momentanément abandonné. Elles me font énormément penser au couple de lesbiennes de Queer As Folk. On retrouve le même schéma et j`ai un peu peur de ne pas être supris, du coup, sur la longueur. C`est typiquement le genre de couple qui va constamment s`aimer et se déchirer jusqu`à ce qu`elles comprennent qu`elles sont faites l`une pour l`autre et que tout se termine sur un happy-end. Malgré ceka, j`ai beaucoup aimé suivre leurs aventures et surtout leurs épreuves. Tina a dû faire face à une fausse couche tandis que Bette la trompait. Elles sont responsables toutes les deux de la plus belle scène de cette première saison, et une des plus belles scènes que j`ai eu l`occasion de voir à la télévision, dans le season finale. Tina vient d`apprendre que Bette la trompe et elles partent dans un corps à corps passionné où l`amour et la violence s`entremêlent. Cette scène est magnifique et marquante.

Alice est un des personnages que l`on connaît le moins. On sait qu`elle a une mère envahissante, qu`elle est bisexuelle et c`est à peu près tout. Ah si, c`est l`amie fidèle, celle qui est toujours là pour les autres. Je l`aime bien mais je reste pour le moment sur ma faim la concernant. Le personnage de Dana a été davantage exploré. C`est la tennis-woman qui n`a pas encore fait son coming-out ni familial ni public et qui a un coeur d`artichaud en plus d`être assez influençable. Elle est parfois touchante mais elle ne m`accroche pas plus que ça. Quant à Kit, c`est la demi-soeur de Bette, hétérosexuelle, chanteuse has been et ancienne alcoolique. Je l`aime bien elle aussi et ses failles semblent intéressantes. Pour le moment, on est encore pas mal dans le flou et on ne sait pas grand chose de son passé, ni le pourquoi de se failles. Et puis il y a Shane, la Brian Kinney au féminin-masculin, qui tombe amoureuse alors qu`elle s`était promise que ça n`arriverait jamais afin de ne pas souffrir. J`ai un peu de mal avec elle pour le moment. Je la trouve un peu dure. Puis on ne sait quasiment rien d`elle. A creuser donc.

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Bilan // La première saison de The L Word est une agréable mise en bouche. Agréable à l`oeil, on se laisse tenter et on y goûte. La première bouchée déstabilise, on est presque déçu car on s`attendait à une saveur plus prononcée puis, après plusieurs bouchées, on se rend compte que c`est avec le temps qu`elle s`apprécie. Une fois la bouchée terminée, on en redemande ! Ca doit être un peu comme un premier cunilingus, en fait.


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